Nicolas Sarkozy réussit son échec

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par RichardTrois

Le Président Sarkozy quitte Petroplus à Petit-Couronne en février 2012 - © Philippe Wojazer/Reuters

Le Président Sarkozy quitte Petroplus à Petit-Couronne en février 2012 – © Philippe Wojazer/Reuters

Battu mais vivant. Deux jours après son échec, Nicolas Sarkozy fait déjà figure de survivant. Le futur ex-président a obtenu dimanche soir un score qui lui permet d’échapper à l’humiliation, à l’élimination définitive de la vie politique. Un exploit quand on sait la détestation dont le personnage fait l’objet partout dans le pays. 

Il n’aura peut être manqué à Nicolas Sarkozy quelques petites semaines de campagne à semer les germes de la peur de l’immigration, de l’Islam, du chaos économique et sécuritaire pour l’emporter. En politique, le temps dicte toujours sa loi d’airain. Un temps qui permettra difficilement d’oublier ces germes, ce boulevard ouvert aux idées de l’extrême-droite. Un boulevard tellement large que même les électeurs centristes ont pu s’y engouffrer à voir les importants reports de voix des électeurs de Bayrou sur Sarkozy.

Avec le recul plus que jamais la voix très « Actor Studio » de Nicolas Sarkozy criant « aidez-moi, aidez-moi » sonne comme un appel à la survie politique malgré tout.

Et l’opération est réussie. Le discours de la défaite est magnifique, humain, droit. Et tous les commentateurs de s’étonner que Nicolas Sarkozy soit enfin devenu Président au moment même où c’est fini. Trop tard. Et tous encore de s’extasier à la vue de Nicolas Sarkozy et François Hollande assistant ensemble à la cérémonie républicaine du 8 mai, comme s’il s’agissait de la réunion de François Mitterrand et d’Helmut Kohl à Verdun !
C’est que le storytelling est en marche. Déjà. Aussi bien pour le Président élu, paré des vertus du génie politique pour sa campagne comme pour Nicolas Sarkozy dont il va se trouver des belles pour réécrire touche par touche l’histoire. « Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy toutes les institutions auront vraiment battu, comme jamais, aux rythmes de l’Elysée, mais que c’était la chamade » nous expliquait sur RTL, Alain Duhamel en évoquant une probable évolution de la manière de présider la République. Jolie manière de parler de l’inédite et désastreuse concentration des pouvoirs à laquelle on a assisté.

Bref, on est pas débarrassé. Nicolas Sarkozy est là pour rester. Comme en témoigne l’extrême ambigüité de ce qui devait être un « retrait » de la vie politique et qui le voit devenir un simple militant.

Au tout début du quinquennat, Dominique Paillé, interrogé sur l’omniprésence de Nicolas Sarkozy dans les médias et sur toutes les antennes, déclarait que si le Président de la République ralentissait le rythme de ses apparitions “il y aurait alors un vide terrible qui pourrait conduire à une sorte de dépression collective tant on s’est en quelques mois habitués à l’écouter, à le suivre et bien évidemment à le soutenir puisque il a un force de conviction extraordinaire”. Aujourd’hui que Nicolas Sarkozy est contraint un temps au silence, on assiste plutôt à une certaine euphorie qu’à la dépression collective.

Pourtant Nicolas Sarkozy en bête politique compte bien peser et saisir toutes les opportunités qui lui permettront de revenir dans le jeu politique. Sauf le changement tant attendu permet à la Justice de faire son œuvre salutaire … vite.

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Publié dans SARKOZY

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