MIEUX VAUT ÊTRE RICHE ET BIEN PORTANT...

Publié le par DA Estérel 83

CharenteLibre Jacques GUYON 17/09/2010

Rappelez-vous. C'était à peine il y a cinq mois. Le 7 mai dernier. Lors d'une conférence de presse, François Fillon, tout en annonçant le gel des dépenses de l'Etat pendant trois ans, assurait la main sur le coeur que contrairement à ce que cherchaient à faire croire l'opposition et une partie de la presse, on était «loin d'un plan de rigueur».

Plan dont il clamait que non seulement il «n'existe pas» mais qu'il «n'existera pas». Solennel engagement qui n'aura même pas duré un été... Car voilà qu'après avoir lancé son rabot à 22 lames pour tailler dans les niches fiscales - ça coupe, mais on nous promet toujours avec autant d'aplomb que ça ne fait de mal à personne... - et en pleine réforme des retraites, on apprend que le gouvernement est en train de nous préparer une autre purge.

Cette fois-ci, il s'agit de limiter autant que possible - c'est à dire autant que le citoyen français pourra le supporter... - le déficit de l'assurance-maladie de l'an prochain. Même si rien n'est totalement bouclé - c'est comme d'habitude l'Elysée qui tranchera avant annonce officielle le 28 septembre prochain - le quotidien Les Echos révèle les grandes lignes de la potion que vont devoir ingurgiter les Français.

Car, même si les mesures d'économies n'épargneront pas les laboratoires pharmaceutiques, les radiologues ou encore les tarifs des hôpitaux et cliniques, c'est une fois encore les patients qui vont devoir encaisser cette énième purge dont on n'attend même plus qu'elle éponge le déficit de nos comptes de santé...

Malgré les efforts, le déficit attendu de l'assurance-maladie en 2011 sera en effet supérieur à celui de 2010 et devrait dépasser les 12 milliards d'euros ! Trois mesures emblématiques devraient toucher directement les assurés sociaux: la diminution de remboursement de certains médicaments (de 35 à 30 %) ; la limitation de ceux sur les frais de consultation des médecins, d'infirmières ou de kinés (de 70 à 69,5 %) ; un tour de vis supplémentaire sur les transports médicaux et certains actes réalisés à l'hôpital.

Ces mesures devraient permettre d'économiser 400 millions d'euros et être prises en charge par les mutuelles. Sauf qu'on imagine mal ces mêmes mutuelles ne pas répercuter au moins en partie ce manque à gagner sur les assurés...

Même s'il faut reconnaître qu'on ne peut pas laisser les déficits de la branche maladie filer plus que ceux des retraites et qu'il n'y a aucune raison que nos enfants paient, en plus des pensions des aïeuls, les feuilles de maladie qu'ils leur auraient laissées en héritage, force est de constater - une fois encore - que la potion qu'on fait ingurgiter aux Français est loin d'avoir le goût de l'élixir de renouveau qu'on leur faisait miroiter lors du printemps 2007. Aujourd'hui, le dépenser plus pour se soigner moins a remplacé le «travailler plus pour gagner plus».

 

 

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Publié dans Economie

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