Merkel et Sarkozy:je t'aime moi non plus

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

 

Lesté du soutien kolossal d'Angela Merkel, Nicolas Sarkozy peut désormais déployer son arme fatale de campagne, gaullienne en diable: moi, ou le chaos !

 

A les voir parcourir depuis près de cinq ans les estrades européennes, plus d'un témoin aurait parié que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne seraient pas du genre à partir en vacances ensemble. Et puis, voilà tout arrive ! 

C'est à Paris, à l'Elysée et nulle part ailleurs que la chancelière allemande est venue déclarer sa flamme au chef de l'Etat français, promettre à la face du monde, et accessoirement à l'électorat hexagonal, que son cher «Nicolas», elle le soutiendrait toujours... «quoi qu'il fasse». Oubliées les remarques acides sur la propension de Nicolas Sarkozy à tirer à lui la couverture des «solutions» à la crise, les intentions qu'il lui a prêtées sans la consulter sur sa volonté d'expulser, elle aussi, les Roms d'Allemagne, les divergences majeures sur l'avenir du nucléaire civil après la catastrophe de Fukushima, ou tout récemment sur la création d'une taxe sur les transactions financières à l'échelle européenne. 

Fariboles que tout cela, place à la séquence «Embrassons Folleville», à un «je t'aime moi non plus» revisité pour bâtir la légende d'un tandem «Merkozy» inséparable, symbole vivant d'un couple franco-allemand plus que jamais prêt à regarder ensemble dans la même direction. Un couple qui ne demande qu'à durer encore quelques années et qu'il faut toutes affaires cessantes protéger contre le grand méchant loup François Hollande. Ce prétendant socialiste qui a le culot de prétendre renégocier le tout nouveau pacte budgétaire européen, exclusivement axé sur la réduction des déficits et imposé par l'Allemagne. 

Dans le pas de deux sollicité par un Nicolas Sarkozy aux abois et réduit benoîtement par Angela Merkel à un simple renvoi d'ascenseur, c'est évidemment la chancelière allemande qui mène la danse. Car si, de notoriété publique elle n'apprécie guère Nicolas Sarkozy, la chancelière préfère encore faire avec l'actuel locataire de l'Elysée que de se retrouver face à un interlocuteur politiquement opposé, de surcroît loin d'être fasciné par les vertus prétendument cardinales du «modèle allemand». 

Le ministre des affaires étrangères allemand assure dans la dernière livraison du «Spiegel» que son gouvernement «n'est pas partie prenante dans la campagne électorale française». Il est maintenant le seul à y croire. Lesté du soutien kolossal d'Angela Merkel, Nicolas Sarkozy peut désormais déployer son arme fatale de campagne, gaullienne en diable: moi, ou le chaos ! Moi ou le divorce franco-allemand ! Moi ou la crise ajoutée à la crise ! Les électeurs ont encore quelques semaines pour répondre à cette question pascalienne, version XXIe siècle: «Vérité au-delà du Rhin, erreur en deçà ?»

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Publié dans Politique

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