Merkel et des dirigeants européens sont-ils ligués contre Hollande ?

Publié le par DA Estérel 83

LeMONDE

 

 

François Hollande lors de son meeting de Dijon, samedi 3 mars.

 

Existe-t-il une fronde anti-Hollande dans certaines capitales européennes ? C'est en tout cas ce qu'affirme  Der Spiegel à paraître  lundi 4 mars. A en croire  le magazine allemand, la chancelière allemande, Angela Merkel, et ses homologues conservateurs italien, espagnol et britannique se sont entendus pour boycotter  le candidat socialiste, qui a décliné samedi sa conception de la présidence lors d'un meeting à Dijon.

Mme Merkel, le président du Conseil italien, Mario Monti, et le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, se seraient ainsi "engagés verbalement" à ne pasrecevoir  François Hollande, que les sondages donnent vainqueur de la présidentielle, affirme Der Spiegel. Une promesse à laquelle se serait joint le premier ministre britannique, David Cameron.

"SCANDALISÉS"

D'après l'hebdomadaire, les dirigeants conservateurs sont "scandalisés" par la volonté affichée du candidat socialiste de renégocier  le pacte fiscal, une pièce centrale du sauvetage de la zone euro. La motivation de David Cameron, dont le pays n'a pas signé le pacte fiscal, serait plus idéologique.

La préférence d'Angela Merkel concernant l'identité du prochain locataire de l'Elysée n'est un mystère pour personne. Le 6 février, la chancelière avait apportétout son soutien au président-candidat Nicolas Sarkozy. Après un Conseil des ministres franco-allemand à Paris, elle avait déclaré : "Je soutiens Nicolas Sarkozy sur tous les plans car nous appartenons à des partis amis", avant de rappeler  que le président sortant était venu lui prêter  main forte en 2009, avant les législatives qui ont permis sa reconduction à la tête du gouvernement allemand.

Mme Merkel doit aussi participer à un ou des meetings de M. Sarkozy. M. Hollande avait ironisé sur ce soutien, jugeant que le fait que Nicolas Sarkozy ait "besoin"d'Angela Merkel "en disait long sur sa situation". "Si Mme Merkel veut faire campagne pour M. Sarkozy, elle en a parfaitement le droit (...). C'est même une tâche rude qu'elle se donne car ça ne sera pas facile de convaincre  les Français ", avait-il plaisanté.

François Hollande avait demandé à être  reçu par Angela Merkel, qui avait refusé dedire  si elle recevrait à Berlin le rival socialiste de "son" candidat. Une rencontre à Berlin entre Mme Merkel et M. Hollande, qui mène dans les sondages face à Nicolas Sarkozy, a été évoquée pour mai, sans être  confirmée ou infirmée.

"FAIRE PREUVE DE RETENUE"

Dans un entretien  à l'édition dominicale de Die Welt, samedi, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a appelé les hommes politiques allemands à ne pas s'immiscer  trop ostensiblement dans la campagne présidentielle française.

"Je recommande à tous les partis politiques allemands de faire  preuve de retenue. Les divergences politiques allemandes ne doivent pas être  exportées vers la France", déclare Guido Westerwelle, qui appelle également le gouvernement à ne pas prendre  pas trop fortement parti : "Il ne doit subsister  aucun doute sur le fait que l'Allemagne travaillera très bien avec tout gouvernement choisi par le peuple français", avait-il insisté.

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