Merci Manuel Valls, ou pas
Mon estimé confrère Nicolas s’est agacé – le mot est faible – de la proposition surprise de Manuel Valls dimanche dernier.
Comme lui, je pense que le futur ancien candidat à la candidature socialiste pour 2012 a gravement dérapé en demandant de déverrouiller les 35 heures. A croire qu’il s’est trompé de parti.
Depuis ce funeste dimanche, médias et blogs débattent du pour ou du contre. Valls a même troublé l’UMP, certains applaudissant, d’autres critiquant
Certains exhibent de précédentes déclarations de responsables socialistes contre la réforme des 35 heures mise en oeuvre en 1997-1998. Quel intérêt ?
D’abord, on mélange tout, la réduction générale du temps de travail – une évolution séculaire qu’il faut savoir gérer et accompagner, et les modalités concrètes de la dite loi. Ensuite, on amalgame les périodes, la précampagne de 2006 et celle de 2011. Enfin, ce débat n’a aucune espèce d’intérêt.
C’est une excitation verbeuse sur de grands principes sans rapport à la réalité quotidienne du pays. 6 millions de personnes (chômeurs totaux ou partiels, temps partiel contraint, etc) peinent à trouver un job à temps complet ! Mais qui va croire, en 2011, alors que les heures supplémentaires n’ont jamais été aussi peu chères, aux grands détriments de l’embauche, que les 35 heures sont encore un frein.
Le seul avantage que l’on peut éventuellement trouver à cette polémique vallsienne, est qu’elle nous permet d’enterrer sans doute définitivement le sujet. Ce point n’est pas encore acquis.
Mais le vrai dommage causé par Valls n’est pas tant qu’il remette en selle une idée stupide déjà abandonnée par Nicolas Sarkozy. Il restait un totem sarkozyen à abattre, après la défiscalisation des intérêts d’emprunt immobilier (annulée), le bouclier fiscal (décrédibilisé) et la suppression des droits de succession (contestée, encore insuffisamment) : la défiscalisation des heures sup’.
Valls, par sa connerie, a peut être donné un nouveau sursis. Quelle bêtise !