Médecine d'urgence et...de proximité

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

 

Ce match à distance de deux adversaires cherchant chacun à décrocher leur qualification pour le deuxième tour aurait-il eu lieu ou en tout cas se serait-il déroulé sous l'oeil des caméras et à portée des micros et des stylos en un autre temps que celui d'une phase finale de campagne présidentielle?

 

La politique emprunte souvent au sport. Dans la terminologie, la mise en place de stratégies soigneusement élaborées ou encore dans la place laissée à l'opportunisme. Ainsi a-t-on pu observer comment Nicolas Sarkozy et François Hollande ont mené toute la journée d'hier sur le même terrain de l'économie et du social un féroce duel à distance. 

Comme si le président sortant et le candidat socialiste avaient choisi de se marquer à la culotte pour défendre l'un à Petit-Couronne, l'autre à Florange, leurs conceptions et apporter la bonne parole à ceux qui, eux, redoutent d'y perdre leur chemise. Ce match à distance de deux adversaires cherchant chacun à décrocher leur qualification pour le deuxième tour aurait-il eu lieu ou en tout cas se serait-il déroulé sous l'oeil des caméras et à portée des micros et des stylos en un autre temps que celui d'une phase finale de campagne présidentielle? 

On peut à la fois en douter et admettre qu'aussi bien les employés de Petroplus et d'ArcelorMittal ont forcément bien d'autres soucis que de se poser pareilles questions. Qu'ils ont d'autres préoccupations que de compter les points entre les deux «champions» de cette présidentielle. Dès lors qu'on vient les écouter, les ausculter, leur promettre sinon une longue vie au moins une période de rémission, que leur importe le remède ou même le médecin? 

À Petit-Couronne, Nicolas Sarkozy a annoncé un redémarrage et un sursis de six mois à la raffinerie. A Florange, François Hollande a promis, s'il est élu, un texte de loi obligeant les industriels qui décidaient de fermer une usine à céder les unités de production à un repreneur. Les employés de la raffinerie de Petit-Couronne ont respiré. Les salariés d'ArcelorMittal ont applaudi. 

Quelques heures plus tôt, à Paris la candidate d'extrême gauche Nathalie Arthaud, celui du NPA, Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon, pour le Front de gauche tentaient eux - sans résister quand même au plaisir de se faire des croche-pieds entre-eux...- d'infuser de l'espoir aux employés de Fralib, seule usine en France à produire les thés Lipton et tisanes Éléphant. Paroles de candidats en terrains sinistrés, promesses de campagne dans une France qui souffre. Cette France proche, qu'on a sous les yeux, jour après jour... 

Pendant ce temps à 9 500 kms se tenait une réunion de crise. Mais là, sans candidat à la présidentiel. Juste avec des élus locaux affolés par les évènements, un préfet médusé, des policiers épuisés et des syndicats dépassés. C'était hier à La Réunion. Là où depuis trois nuits se succèdent les scènes d'émeutes. C'est loin La Réunion? 

Sauf quand on sait que c'est la vie chère, les prix de l'essence, de l'eau et de l'électricité qui flambent, un chômage qui touche 60% des jeunes qui ont déclenché les émeutes. Or ces problèmes sont, pour le coup, un simple concentré de ceux de la métropole. Qu'en pensent nos candidats hexagonaux?

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Publié dans Elections

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