Mariage homo : ce qu'en disent les curés d'un quartier gay

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

Mgr André Vingt-Trois n'a pas été pris au mot. En ce 15 août, tous les curés et officiants de France n’ont pas reçu de la même façon la « proposition » de prière émise par le président de la Conférence des évêques de France, pour la célébration de l’Assomption. Par ce message, l’Église entendait envoyer un signal fort au gouvernement, et dire à quel point elle désapprouve la promesse de campagne de François Hollande de donner aux homosexuels le droit de se marier et d’adopter des enfants. Le texte, adressé notamment aux « élus » de la nation, demande que les enfants « cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ». L’acte est d’autant plus fort que la tradition de prier pour la France lors de cette fête avait quasiment disparu depuis l’après-guerre.

Très peu de curés ont fait savoir publiquement qu’ils n’approuvaient pas les mots du cardinal. Bien seul, Jacques Mérienne, à la tête d’une paroisse dans le IVe arrondissement de Paris, a expliqué dans tous les médias qu’il refuserait de lire ce texte. Mais qu’ont fait les officiants des églises voisines, situées elles aussi dans le Marais, quartier historique de la militance gay ? Mediapart est allé à leur rencontre.

À l’église Saint-Merri, cœur de la fronde

En ce 15 août, les ouailles de Jacques Mérienne se multiplient comme des petits pains. Le curé de Saint-Merri fait salle comble.« Les journalistes pourront communier, s’ils le souhaitent », badine ce sexagénaire. D’entrée, il donne à sa célébration de Marie un tour bien à lui « Nous fêtons en ce jour celle qui a dit Oui. »« Tous les hommes et les femmes qui accueillent des enfants, nous avons à les entendre », sans discrimination, déclare-t-il. « Nous les accompagnerons, je l’espère, avec le cœur de Marie. » Le message prend à peine une minute, sur une heure de messe. Mais le curé, immense dans son aube blanche, contredit ainsi tous ses prélats.

Un esprit frondeur « Vous ne soupçonnez pas la liberté que nous avons dans l’Église, balaye-t-il en coulisse. Si le Pape voulait célébrer la messe ici, il serait obligé de me demander l’autorisation. En fait, il n’y a pas eu de consigne, en tout cas je n’ai rien reçu… » Pas plus qu’il n’a reçu de coup de fil du diocèse, jure-t-il, lui demandant de mettre la sourdine.

Ancien régisseur dans une compagnie de danse, Jacques Mérienne, tignasse et moustache grises, a « rencontré des homosexuels dans son boulot », « croisé l’épidémie de sida ». Il y a deux ans, alors qu’il organisait une prière pour les malades, des activistes de Civitas (groupuscule catholique extrémiste) sont venus balancer des œufs dans la nef.

Ce sont les mêmes, cette année, qui ont dégainé les premiers contre le « mariage gay », avant l’épiscopat français. « L’Église cherche aujourd’hui à récupérer le terrain », regrette Patrick Sanguinetti, paroissien et président de David & Jonathan (association chrétienne de soutien aux homos), dont plusieurs membres fréquentent Saint-Merri. « Cette opération révèle la peur de l’Église, souffle-t-il.Pourquoi nos autorités religieuses ont-elles peur que deux hommes puissent officialiser leur amour civilement ? » Parodiant Jean-Paul II, il lance aux évêques de France « N’ayez pas peur ! »

À Saint-Merri, les gays restent largement minoritaires – on est loin des gay churchs à l’américaine, fermée aux hétéros. En fait, le « projet paroissial » de Jacques Mérienne aimante des pratiquants des quatre coins d’Ile-de-France (Saint-Denis, Versailles, etc.). Ici, les images poussiéreuses de Jésus côtoient des œuvres d’art contemporaines, comme cette sculpture gonflable informe, suspendue au plafond. « Une revisitation des gargouilles romanes », souffle Colette, 83 ans, qui a participé à la messe en lisant sa propre prière « Donne-nous, Seigneur, de ressentir l’essentialité de l’amour dans les couples, si divers soient-ils. »

Boucles d’oreilles et barrette en fleurs, Collette explique son cheminement « Je parle avec mon expérience d’enfant mal aimée. Je sais que l’enfant doit simplement être le produit de l’amour, même homosexuel. » Elle n’approuve pas seulement l’extension de l’adoption aux couples gays, mais aussi le droit pour les lesbiennes d’accéder à l’insémination « Pourquoi pas ? Quand le désir d’enfant est là, et qu’il peut rendre les gens heureux. »L’épiscopat « Je m’en fous ! »

Le curé de Saint-Merri reconnaît volontiers qu’« il existe des courants très homophobes dans l’Église », mais veut croire que« c’est d’abord le reflet de l’homophobie latente de la société, celle qui interdit aux gays de donner leur sang». Si Jacques Mérienne défend publiquement l’ouverture du mariage civil, il refuse de se prononcer sur son pendant religieux. « Parce que ça suppose un sacrement, il faut un consensus dans l’Église. Je ne peux pas prendre de position individuelle… Il faudra que ça se fasse petit à petit. Il y a quatre siècles, on n’avait pas le droit de baptiser les noirs. C’est Jean-Paul II (en 1992 seulement –ndlr)qui a fait repentance. »

À l’Eglise Notre-Dame des Blancs Manteaux, « les lois de la nature »

Même en s’éloignant des orgues, il faut pratiquement coller sa bouche à l’oreille du Père Jau pour être entendu. « Mais j’ai toute ma tête, mes jambes, alors je rends service », dit l’homme, 86 ans, sorti de sa maison de retraite du XIVe arrondissement pour célébrer l’office, devant quelque 80 personnes, à la place du curé parti en vacances.

C’est avec conviction que le père Jau a relayé le message du cardinal « L’Église ne doit pas se mettre en dehors de la société. Elle apporte sa contribution. Il y a de vrais problèmes, il ne faut pas les négliger, mais il faut tenir compte des lois de la nature. »

Selon le Père Jau, qui officiait autrefois à Courbevoie, « il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers. Le mariage est une institution faite pour préserver la vie de l’enfant. Il ne faut pas que cela devienne n’importe quoi». L’adoption « C’est la première déviance. Ce n’est pas catastrophique, des couples homosexuels peuvent mieux élever leurs enfants que d’autres. Mais si on commence à accepter n’importe quoi, on ne s’arrête plus. »Pendant la guerre, croit-il savoir, « des scientifiques ont essayé de mettre des êtres humains avec des animaux ».

Le texte envoyé par Mgr André Vingt-Trois, c’est Monique, 78 ans, qui l’a lu. Chaleureuse, prévenante, elle explique tout sourire que« l’homosexualité est une maladie, quelque chose de pas normal, hors nature, qui (lui) paraît absurde ». Le tout dit « sans juger ».

Monique et le Père Jau (à dr.) lors du repas après l'officeMonique et le Père Jau (à dr.) lors du repas après l'office

D’ailleurs, Monique n’a rien contre le « mariage gay ».« Vous faites ce que vous voulez avec votre sexe. » Elle assure même qu’elle aurait refusé de lire un texte condamnant le mariage entre homosexuels. Si elle a relayé le message de l’Église, c’est parce que l’adoption, en revanche, lui pose problème. « Je suis veuve depuis 40 ans. J’ai élevé mes enfants seule. J’ai refusé de prendre le rôle du père. Une père et une mère, c’est une complémentarité. Une femme ne peut pas prendre le rôle du père. » Elle regrette : « Hollande est parti pour dire oui à tout ça. Sarko n’était pas parfait, mais là-dessus, il était clair et net. »

À l’église Saint-Denys du Saint-Sacrement, « pas de réponse »

 

Aduel Joachin, 42 ans est curé à Port-au-Prince, à Haïti. Mais il est en vacances à Paris, où il a étudié pendant cinq ans à l’Institut catholique. Pour cet office, l’église, située rue de Turenne, lui a donc demandé de pallier la vacance de poste du mois d’août.

 

Aduel Joachin a lu le texte de l’archevêque de Paris – « Je suis de passage. Je ne saurais faire autrement. » Un temps, il se fait même porte-parole. « L’Église assume sa responsabilité. Elle a toujours eu cette position liée à l’Évangile. Il est des questions immuables pour l’Église. »

Mais quand il en vient à parler en son nom, Aduel Joachin avoue s’interroger. « Le mariage homosexuel va-t-il équilibrer ou déséquilibrer nos civilisations ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse. La question actuelle va nous obliger à revoir nos champs de valeurs. Avant, la norme, c’était un homme/une femme. Aujourd’hui, on va devoir repenser tout ça. » Mêmes interrogations sur l’adoption « Le problème est celui de l’éducation de l’enfant adopté. Les parents auront-ils la loyauté de les élever dans la liberté de ce qu’ils veulent être ? »

À Haïti, « le débat n’existe malheureusement pas. Le sujet est tabou. Celui qui est homosexuel ne peut pas le dire. Il risque d’être pestiféré ». Le père Joachin juge donc sain que ce débat ait lieu en France. « La réflexion est le signe que nos sociétés sont vivantes, bougent. Sinon, ce serait monotone. Mais ce qui reste fondamental, c’est la conclusion»

Et lui n’en a pas. « Les réflexions de l’Église de France peuvent m’aider. Mais mon discernement ne sera pas tributaire de leurs pensées. C’est ma foi, qui me fera basculer d’un côté ou de l’autre. »

Le curé a conscience que le propos peut paraître abstrait « La foi se forge en lisant les textes. Dieu a donné les écritures, la Bible. Il faut lire et relire. Jusqu’à arriver au discernement. »

S’il avait été le curé permanent de l’église Saint-Denys du Saint-Sacrement, aurait-il, dès lors, refusé de lire le texte « J’aurais organisé des journées de réflexion avec des philosophes, des théologiens. »

À l’église Saint-Paul Saint-Louis, une lecture dans l'ignorance

Ici, le vicaire a préféré demander à Marie-Claude, 81 ans, de lire la prière. « On nous a demandé de la dire, c’est une consigne, explique ce dernier. Alors on va le faire avec générosité. » Et conviction « Sans commentaire. »

À l’issue de la messe, Marie-Claude tombe des nues quand on lui explique le sens de la dernière phrase, qui affirme l’indispensable différence des sexes dans un couple. « C’est le sacristain qui m’a donné le texte, mais, moi, je ne suis pas contre le mariage des homosexuels, ni contre l’adoption… Il vaut mieux deux femmes ensemble que des couples qui se séparent. » Très pratiquante, revenue à la foi dans les années 1970 par l’intermédiaire d’un mouvement charismatique, Marie-Claude trouve que « l’Église a bien le droit de dire ce qu’elle pense, mais ne devrait pas influencer le débat politique ». Philosophe, elle ajoute « L’Église est contre les divorces, et ça ne les a jamais empêchés. »

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Publié dans Société

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J
Bonjour ! <br /> <br /> Je m'appelle Honorine j'avais un problème avec mon homme, chaque jour ont ne fait que disputé il avait la mal compréhension total ,je me suis demander si je suis entrain de perdre l'amour de ma vie comme ça ? je n'arrive plus à me contrôler je suis sans morale se qui ma pousser à faire appel à un maître spirituel, se maître m'a dit qu'il va me faire trois travaux, il a parlé d'un baim de la purification, Activation de la chance et après Rattachement des deux esprits, mais il me demandait d'être sûre de mes sentiments car se qu'il veut faire, mon homme va plus jamais aimé une autre femme à part moi que si j'en suis sûre que c'est l'homme de ma vie...? Jusqu'à se niveau je ne le croyais pas mais se maître spirituel ma étonné avec ces travaux aujourd'hui maintenant je suis heureuse il m'a redonné la joie mes frères et sœurs si quelqu'un veut en savoir plus sur se maître ou quelqu'un a besoin de ces informations.<br /> <br /> CONTACT DU GRAND MARABOUT ALI<br /> <br /> Téléphone: +229 99 08 59 42<br /> <br /> WhatsApp: +229 99 08 59 42<br /> <br /> Email : alimarabout@live.fr<br /> <br /> Merci et bonne journée a vous
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J
Bonjour ! <br /> <br /> Je m'appelle Honorine j'avais un problème avec mon homme, chaque jour ont ne fait que disputé il avait la mal compréhension total ,je me suis demander si je suis entrain de perdre l'amour de ma vie comme ça ? je n'arrive plus à me contrôler je suis sans morale se qui ma pousser à faire appel à un maître spirituel, se maître m'a dit qu'il va me faire trois travaux, il a parlé d'un baim de la purification, Activation de la chance et après Rattachement des deux esprits, mais il me demandait d'être sûre de mes sentiments car se qu'il veut faire, mon homme va plus jamais aimé une autre femme à part moi que si j'en suis sûre que c'est l'homme de ma vie...? Jusqu'à se niveau je ne le croyais pas mais se maître spirituel ma étonné avec ces travaux aujourd'hui maintenant je suis heureuse il m'a redonné la joie mes frères et sœurs si quelqu'un veut en savoir plus sur se maître ou quelqu'un a besoin de ces informations.<br /> <br /> CONTACT DU GRAND MARABOUT ALI<br /> <br /> Téléphone: +229 99 08 59 42<br /> <br /> WhatsApp: +229 99 08 59 42<br /> <br /> Email : alimarabout@live.fr<br /> <br /> Merci et bonne journée a vous
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