Les vacances particulières d’ÉricWoerth
16/08/2010
Premier ministrable avant l’été, “remanié” à la rentrée ? Si la roche tarpéienne est près de Matignon, le grimpeur Éric Woerth a l’opiniâtreté du montagnard dans la tempête. Guidé par son instinct de survie, il tente de faire fi du brouhaha des commentaires.
Dès l’entame de son séjour à Chamonix, le 3 août, ses vacances sont perturbées par la pression médiatique liée à la sortie d’un article de Libération évoquant un supposé rôle joué dans la succession du sculpteur César.
De retour de randonnée, des caméras sont là. Il leur oppose une fin de non-recevoir. Woerth refusera toute interview. “Avant de regagner le chaudron et la rentrée avec la réforme des retraites, j’ai besoin de tranquillité”, nous confie-t-il. Pas question d’évoquer les affaires. À Chamonix, il espère avoir retrouvé sa bulle.
Alors que son service communication n’a jamais été autant sollicité pour des reportages sur ses vacances, le ministre du Travail, au style peu extraverti, a essayé de passer un été comme les autres, en lien avec son cabinet chargé de répondre aux attaques d’une presse qu’il ne comprend pas.
En ville, on l’a vu faire ses courses, aller au spectacle, participer aux dîners mondains avec les VIP locaux, toujours fiers de sa compagnie. “Il semble vivre ça plutôt bien”, confie un de ses hôtes. Florence, son épouse, a joué au golf. Avec son guide Patrick Ancey, il a gravi quelques sommets. L’arête des Cosmiques à l’aiguille du Midi, l’Index. Des petites courses. Mais la météo et aussi le manque de temps ont perturbé son programme. Quand ça ne veut pas…
L’an dernier à la même époque, avec Martin Hirsch, il gravissait le sommet d’une aiguille effilée si bien nommée : la République.
Même avec une bonne dose de méthode Coué, il lui lut difficile de vivre cet été chamoniard comme les autres. Certes, les Woerth, perçus comme des gens simples dans la vallée, résident toujours dans un 60 m² sans prétention en périphérie du centre-ville de Chamonix et figurent dans l’annuaire.
Mais cette année, le ministre a été obligé de s’adjoindre les services d’un officier de sécurité. Comme beaucoup de ses confrères du gouvernement. “J’ai reçu quelques menaces avant de venir. Mais bon il ne me suit pas en montagne tout de même”, sourit poliment Éric Woerth.
Hier, le ministre du Travail était à la fête des guides avec les officiels, aux côtés de Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale. Comme les étés précédents. “Par amitié”, précise Eric Favret, le président des guides. L’un d’eux, proche du ministre, se protège de l’ondée avec un parapluie floqué de la marque... L’Oreal.
Après la bénédiction des cordes et la messe, Éric Woerth s’éclipse discrètement. Il est à Chamonix jusqu’à jeudi et projette de gravir l’aiguille Verte (4 122 m), cette montagne sacrée où l’alpiniste est mis à l‘épreuve et conquiert ses galons de “vrai montagnard”. Il lui faudra une éclaircie. Un rayon de soleil au cœur d’un été pourri.