Les mauvaises manières de Christine Lagarde, un handicap pour le FMI ?

Publié le par DA Estérel 83

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Malgré les menaces qui pèsent sur elle dans l'affaire Tapie, Christine Lagarde est en passe de devenir la candidate favorite de l'Europe à la présidence du FMI. Mais le témoignage de Lynda Asmani, ex- employée de Bercy, pourrait finir d'écorner sa réputation de ministre exemplaire.


(Christine Lagarde - capture d'écran - Dailymotion - franceinter)
(Christine Lagarde - capture d'écran - Dailymotion - franceinter)
A l'heure où les tractations vont bon train pour savoir qui de Christine Lagarde ou de Kemal Dervis remplacera Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI), une affaire d'abus de pouvoir pourrait venir entacher la réputation de la ministre de l'Economie, déjà soupçonnée «d'abus d'autorité» dans le cadre de l'affaire Tapie

En mai 2008, Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris, annonce qu'il ne souhaite pas briguer un troisième mandat. Un duel de ministres se profile alors. Rachida Dati et Christine Lagarde 
seraient prêtes à tout pour faire main basse sur la plus importante fédé UMP de France. Mais contre toute attente, la première à déclarer sa candidature n'occupe aucun ministère. Elle est conseillère  de Paris, élue du Xe arrondissement et s'appelle Lynda Asmani. Dans une interview accordée au JDD en juin 2008, la candidate surprise affirme : « Je n'ai rien contre les candidates ministres. Mais elles n'ont pas l'expérience du terrain, ni la disponibilité nécessaire. Il faut beaucoup d'humilité pour être le premier des militants de Paris. » Mais en octobre 2008, la jeune élue de l'est parisien finit par renoncer à se lancer dans la course. « Philippe Goujon s'est déclaré candidat, c'est un vrai militant, je n'avais donc plus de raisons de me présenter », explique-t-elle aujourd'hui. Quant à Lagarde et Dati,   aucune des deux ne brigue officiellement la présidence. 

Mais pour Lynda Asmani, l'histoire ne s'arrête pas là. C'est même à cet instant que son calvaire commence. Chargée de missions de communication à Bercy depuis 2002, l'élue UMP travaille, en CDD, sous les ordres de la reine Christine, seconde du nom. En janvier 2009, un mois après la réélection de Goujon à la tête de la fédé parisienne, la conseillère de Paris reçoit une convocation pour un entretien préalable à licenciement, « et ce, bien avant le terme de son contrat en cours », précise son avocat. « J'ai reçu un recommandé, elle aurait quand même pu me convoquer ! », s'indigne Lynda Asmani. Selon elle, aucun doute, la ministre de l'Economie n'a pas supporté de la trouver en travers de son chemin vers la présidence de la fédération de Paris. « A la suite de l'entretien, je reçois une lettre de licenciement signée du directeur du personnel de Bercy qui se trouve directement sous les ordres de Madame Christine Lagarde,relate la jeune femme. Je la croise le 24 janvier 2009 au Conseil national de l'UMP à la Mutualité, je lui demande ce qui se passe, elle me regarde avec un air dédaigneux et me dit qu'elle est au courant, je lui réponds que casser un contrat de la sorte est illégal, elle tourne les talons. Elle me fait payer ma candidature. » A Bercy, on refuse catégoriquement cette interprétation : « Vérifiez bien vos infos, madame Lagarde n'a jamais brigué la fédération de Paris. »
Déterminée, Lynda Asmani décide d'écrire à Nicolas Sarkozy et à Claude Guéant. « Ce dernier me reçoit en mai 2009, il calme le jeu et suspend mon licenciement », raconte-t-elle.

Mais en juin 2010, deuxième retour de bâton. Son contrat arrive à son terme et elle compte bien obtenir un renouvellement en CDI. « J'ai enchainé cinq CDD en huit ans au ministère ! », explique-t-elle. Pourtant, à Bercy, on est catégorique : « Les conditions de la cédéiasation de madame Asmani n'étaient pas remplies car il faut une période de six ans en contrats successifs, en exerçant des
fonctions de même nature ( même besoin et fonction d'un niveau comparable). » Un argumentaire que la principale intéressée compte bien démonter. « Une procédure est en cours depuis juin 2010, mon avocat va plaider le détournement de pouvoir administratif à des fins politiques, je demande ma réintégration à Bercy et des dommages et intérêts qui peuvent s'élever jusqu'à trois années de salaires. Madame Lagarde ne mérite pas d'aller au FMI »,conclue Lynda Asmani.

Une chose est sûre, le FMI apporte son lot de casseroles à celui ou celle qui s'en approche d'un peu trop près.
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Publié dans Gouvernement

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