Les gaz de schistes bientôt interdits
Depuis plusieurs mois, les pouvoirs publics sont sous les feux croisés d’un lobbyisme actif des milieux pétroliers, en particulier l’Ufip, qui expliquent tout le bien qu’il faut penser des gaz «non conventionnels» et des associations de défense locales, qui redoutent, au Larzac ou dans le Haut-Bugey (Lire notre dossier spécial dans Marianne, à paraître samedi en kiosques), de voire des forages polluer les nappes phréatiques à l’instar de ce qui s’est passé aux Etats-Unis, en utilisant la technique de «fracturation hydraulique» (Technique d'injection d'eau et de produits chimiques à haute pression pour «casser» les roches poreuses contenant du gaz, NDLR). Le débat traverse évidemment la majorité entre socialistes et écologistes, voire entre socialistes productivistes et environnementalistes.
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Selon un proche du dossier, les pouvoirs publics ont recensé en tout et pour tout «7 demandes de permis (…) Evidemment aucun d’entre eux ne mentionne expressément la fracturation hydraulique. Mais comme il n’existe aucune autre technique pour extraire du gaz, ils seront refusés.»
UN «CHÈQUE ENERGIE» PROCHAINEMENT DISCUTÉ À L’ASSEMBLÉE
Preuve que le débat est clos dans le gouvernement, Delphine Batho a expliqué, mercredi, qu’elle ne réunirait pas la commission chargée, selon la loi de juillet 2011,«d’évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives». Comme les membres ne sont pas nommés, aucune réunion n’est possible ! Pour la ministre, la situation est claire : la fracturation c’est polluant, et il n’existe aucune alternative.
Pour la communication gouvernementale, s’opposer aux gaz de schistes n’est pourtant pas simple. Comment refuser une «énergie pas chère», qui paraît à portée de main, lorsque GDF-Suez exige une hausse des tarifs publics du gaz de 7% en octobre (13% depuis le début de l’année) ? La réponse sera peut-être trouvée samedi après-midi lors de la Grande conférence environnementale, inaugurée par le président de la République. Une table ronde sur la «transition énergétique», une autre sur le «financement de la transition»… pourrait être le cadre d’annonces, favorables aux consommateurs.
C’est ainsi que Marianne est en mesure d’affirmer que l’institution d’un «chèque Energie» devrait prochainement être discuté à l’Assemblée nationale, dans le cadre du débat sur la proposition de loi sur les tarifs de l’énergie. Ce chèque permettrait aux 4 millions de ménages dont les revenus sont inférieurs à 950 euros de payer leurs dépenses d’énergie domestique, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz ou de fuel domestique…
