Les candidats marionnettes du FN

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart

 

 

«Il manque encore quelques candidatures dans certains départements. Nous avons besoin de vous. (...) La campagne ne coûte pas un seul centime. (...) Les dames ont la possibilité, comme pour les autres scrutins, d'être candidates sous leur nom de jeune filleC'est par cet e-mail envoyé début février par Steeve Briois, le nouveau secrétaire général du FN, que de nombreux militants frontistes se sont retrouvés propulsés sur les listes des cantonales de mars. C'est comme cela aussi que le FN s'est retrouvé avec des prétendants pour le moins atypiques.

Candidats fantômes ou perroquets, incompétents ou «attrape-tout», le Front national les a mis en selle pour en faire des marionnettes. Avec un objectif limpide: faire de la présence dans le maximum de cantons pour quadriller le territoire et diffuser les idées de Marine Le Pen dans la perspective de 2012. Au fil de ses reportages, Mediapart a croisé nombre d'entre eux. Portraits.

Dans le Val-d'Oise, des candidats-marionnettes sous la houlette du patron départemental

 

L'affiche du FN dans le canton de Viarmes (Val d'Oise)
L'affiche du FN dans le canton de Viarmes (Val d'Oise)© M. Turchi

Il s'appelle Jean-Claude Delcourt. Il a la cinquantaine, travaille dans l'informatique. Il est candidat du FN dans le canton rural de Viarmes (Val-d'Oise). Au premier tour, il a amassé plus de 25% des voix. Mais personne ne l'a jamais vu. Elus, commerçants, habitants font tous la même réponse: «On ne sait pas qui c'est.» «Il est inconnu au bataillon. On ne voit que la bobine de Marine Le Pen sur les affiches!», dit Dominique Sainte-Beuve, le premier adjoint (UMP) de Belloy-en-France, où le frontiste a recueilli près de 43% des voix.

 

«Ce sont des candidats corbeaux!», ironise Vincent Byrche, le suppléant socialiste de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, qui explique que«dans le Val-d'Oise, le FN a eu du mal à trouver des candidats». Il croit bien avoir aperçu son adversaire une fois, mais il n'en est pas sûr: «Avec ma candidate, on a fait le tour des bureaux de vote, le 20 mars. Un type parlait avec un conseiller municipal. Il nous regardait. Il souriait. Je suis allé me présenter à lui, il n'a pas donné son nom. Je suis sûr que c'était lui.»

Lorsque nous avons demandé le numéro de Jean-Claude Delcourt, aucune réponse du FN du Val-d'Oise. Nous avons posé la question à Alexande Simonnot, le secrétaire départemental du FN, lors de notre rencontre. Il esquive, puis finit pas lâcher: «Il ne veut pas de photo, ni parler aux médias, c'était l'accord lorsqu'il a été investi.» On fait remarquer que le parti des Le Pen se plaint depuis des années de son manque de temps de parole dans les médias. Qu'il est paradoxal pour un parti qui se veut proche de peuple de ne pas aller à la rencontre des électeurs. «Vous avez raison, mais je ne peux pas aller contre la volonté de mes candidats.»

 

Ce paradoxe s'est retrouvé en pleine page de La Gazettedu Val-d'Oise, le 23 mars. L'hebdo local a publié un trombinoscope des candidats qualifiés pour le second tour. Au milieu d'une vingtaine de photos, cinq silhouettes dessinées: celles des cinq candidats frontistes, qui ont refusé de poser. Sur son blog, la candidate (éliminée), Claire Houbert dénonce une «démocratie volée».

 

 

Un seul accepte de s'afficher. Alexandre Simonnot, le patron de la fédé départementale,«caution catholique traditionaliste» de Marine Le Pen, selon certains. Adhérent depuis 1992 (à 14 ans), il est élu conseiller municipal de Taverny en 2008, et a étécondamné (pour dégradation de bien public) en septembre 2010 après avoir déchiré un préservatif géant érigé dans sa commune pour la lutte contre le sida.

 

Il suit de près des candidats prétextes qu'il a lui-même mis en selle. Il a d'ailleurs recasé son père (Michel Simonnot) et sa femme (Laure Simonnot), tous deux candidats dans le département.

Dans la canton de Gonesse, plus au sud, Eric Locaputo a été parachuté (il habite la canton voisin) pour porter les couleurs du parti d'extrême droite. Mais là aussi dans la plus grande discrétion. Et sous le chaperonnage étroit d'Alexandre Simonnot, qui nous prévient avant la rencontre:«Pas de photo, pas de vidéo. Il vit dans une cité, il ne veut pas qu'on le reconnaisse sinon il va avoir des problèmes. N'étant pas d'un parti de l'establishment, nos candidats sont persécutés.»

 

Eric Locaputo est technicien dans l'industrie. Il vit dans une cité de Garges-lès-Gonesse. Il milite au FN depuis dix ans. Il semble répéter comme un robot les arguments de Marine Le Pen et commence la majorité de ses phrases par: «Etant donné l'état de déliquescence du pays...» et «Il y a un rejet de la classe politique de M. Sarkozy et de l'UMPS».

On lui demande s'il a prévu des actions pendant l'entre deux tours. Un porte-à-porte? «Non, il ne faut pas déranger les gens.» Comme ses collègues des cantons voisins, Eric Locaputo «fai(t) des boîtages et des tractages» mais ne rencontre pas les électeurs. Comment fera-t-il s'il est élu? Alexandre Simonnot répond pour lui: «Il déménagera à côté du conseil général. Et puis il sera devenu plus difficile de s'attaquer à un élu de la République!»

On profite d'un coup de fil sur le portable d'Alexandre Simonnot pour discuter plus concrètement avec le candidat frontiste. C'est sa première campagne. Il ne connaît pas le score de son prédécesseur. Que proposera-t-il s'il est élu? «Cette élection est une sanction nationale», dit-il comme un robot. On lui répond qu'on a bien compris cette idée mais qu'il y a des enjeux locaux. «J'appliquerai la préférence nationale.» Il enchaîne: «Je m'assurerai avant d'augmenter le RSA que c'est à une fin utile. Que cela serve à une personne qui veut s'en sortir.» On fait mine de ne pas comprendre le rapport avec la préférence nationale. Il s'emmêle les pinceaux: «Par exemple, j'ai des amis musulmans, ils demandent des horaires spéciaux pour les femmes à la piscine. Eh bien non, et les mosquées, personnellement, non. Je ne veux pas les stigmatiser, mais il faut rester réaliste.» Puis il reprend la phrase favorite de Marine le Pen, au sujet du débat sur l'islam organisé par l'UMP: «Je soupçonne M. Sarkozy de vouloir nous siphonner nos voix.»

On tente de revenir sur les compétences du département, en vain. Puis sur le programme local du FN. Un échange lunaire s'ensuit:

— «En culture, vous proposez quoi?» (Le département gère notamment l’entretien des archives et des musées départementaux, le développement des enseignements artistiques dans les domaines de la musique, de la danse et de l’art dramatique, en concertation avec les communes - ndlr.)

— «Il y a des talents méconnus. J'essayerais de promouvoir les choses artistiques, la danse.»

— «Ce n'est pas déjà le cas?»

— «Non.»

— «Et quoi d'autre?»

— «Je fournirai les bibliothèques en ouvrages, pour donner envie de lire aux gens. Il y a beaucoup trop de bandes dessinées.»

— «Il n'y a pas assez de livres ici, à la bibliothèque de Gonesse?»

— «Je ne sais pas, je ne connais pas Gonesse, j'habite à Garges.»

Alexandre Simonnot revient s'asseoir à côté de nous: «Vous avez vu, moi je laisse mes candidats s'exprimer seuls!», dit-il fièrement, sans qu'on ait fait aucune remarque. Eric Locaputo s'éloigne parler au micro de France Bleu. On demande si les candidats du FN ne sont pas un peu inexpérimentés.«Aujourd'hui, comme le département et la région vont fusionner, il y a une grande confusion», dit-il en partant sur une tirade sur la réforme territoriale. On argumente avec un exemple.

— «Vous voulez dire que nos candidats sont cons?»

— «Non, juste que c'est étrange de se présenter à une élection cantonale sans connaître les compétences du conseil général.»

— «Moi j'en connais qui ont fait l'ENA, Polytechnique, et qui dilapident notre argent à la tête de l'Etat!, s'agace-t-il. En trois mois, le conseil général du Val-d'Oise a dépensé 163.000 euros en communication externe. On est le deuxième département le plus endetté de France!»

 

A la Ferté-sous-Jouarre, une candidate qui «ne pensait pas s'envoler comme ça»

A la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), personne non plus ne connaît le visage de Véronique Bayle, pourtant arrivée en tête au premier tour. La candidate frontiste habite Champ-sur-Marne, à 50 km de la Ferté. Son visage n'apparaît pas sur les affiches électorales. Elle n'a pas battu la campagne, n'a pas visité tous les villages du canton. S'ils avaient eu l'occasion de la rencontrer, beaucoup seraient sans doute surpris par son discours. D'abord, elle s'explique : «J'ai parfois été tracter. J'ai posé une demi-journée par-ci, une demi-journée par là. Cinq jours de RTT en tout. Mais ce n'est pas simple. Les gens disent qu'ils ne m'ont pas vue, mais c'est normal, je n'habite pas la Ferté. Comme les gens ne me connaissent pas, je n'ai pas mis ma photo sur les affiches: les gens connaissent Marine mieux que moi.»

 

Véronique Bayle se présente sous son nom de jeune fille, ce qui fait beaucoup causer en ville : «Je n'ai pas envie que ça fasse des problèmes à l'école pour mes enfants, que mon nom apparaisse dans les journaux.» A 37 ans, Véronique Bayle travaille à Roissy-en Brie dans une société de transports. Employée logistique dans un entrepôt, elle réceptionne les marchandises, les contrôle, les range. «Je vis comme tout le monde, je gagne le Smic. Et j'ai des parents qui ont été obligés de déménager tellement ils avaient de petites retraites.» Auparavant, elle avait connu le chômage pendant deux ans. «Le chômage, ça n'arrive pas qu'aux autres. Et c'est infernal.» Est-ce ce côté proche du peuple qui aurait séduit les électeurs ? «Non, parce que les gens ne me connaissent pas», rappelle-t-elle avec une franchise désarmante.

 

Elle-même a adhéré au Front national il y a un peu plus d'un an, parce que, dans son entourage, des amis essayaient. «Le PS et l'UMP se rejettent les fautes. Quand le fromage n'est pas bon, on change de crèmerie.» Elle parle beaucoup de Marine, évoque le chômage, les transports en commun, le pouvoir d'achat, les retraites. L'immigration ? «Pfft...! L'immigration, ça ne me dérange pas. Tout le monde doit avoir le droit à tout. Il faut trouver une stabilisation. J'habite dans une cité. Si j'étais raciste, je partirais à la campagne. Les copains, de mes enfants, ce sont des noirs, des arabes, ils viennent chez moi, ça ne me dérange pas.»

L'insécurité alors ? «Euh oui, il en faut, mais c'est pas... Je me battrai plus pour le pouvoir d'achat.» Et que compte-t-elle bien pouvoir faire sur ce point au Conseil général ? «Franchement, je sais pas. Je me suis mise comme candidate mais je n'ai pas cru que ça allait prendre des proportions pareilles.»

 

Elle explique qu'elle a été surprise qu'on lui propose d'être candidate «dans une aussi grande ville que la Ferté-sous-Jouarre», mais se montre encore bien plus étonnée de ses résultats : «Je ne pensais pas que j'allais m'envoler comme ça. Je suis sur un nuage. Dimanche, je me demande comment ça va se passer.» A la question de savoir si ça lui fait peur, elle hésite longuement, avant de répondre non. «Mais c'est tout nouveau pour moi. Il y aura des réunions, plein de choses. J'espère gagner, mais honnêtement, je pense que ça va faire peur aux gens. Ils vont se rétracter un petit peu avec tout ce qu'ils entendent à la télé.»

 

À Saint-Nazaire, une candidate réplique de Marine Le Pen

Candidate à Saint-Nazaire-Est, la frontiste ne s'est pas qualifiée pour le second tour des élections cantonales. Dimanche prochain, dans cette zone ouvrière ancrée à gauche, elle devra choisir entre le PS et Europe Ecologie/Les Verts. Pas sûr qu'elle aille voter. Encartée depuis 20 ans, Oriane Borja se présente, à 40 ans, comme «une vieille militante du FN», pas un de ces candidats «fantômes» ou de la dernière heure. Elle a vu Jean-Marie Le Pen «un soir à la télé en 1984 à l'Heure de vérité». Ça a été la révélation, le «personnage» lui a plu. Deux ans plus tard, la mobilisation contre la réforme Devaquet l'a confortée, elle qui trouvait les manifestants«insolents, idiots, crasseux et branleurs».

 

À Saint-Nazaire, elle reçoit chez un sympathisant car elle vit à Nantes. Elle vient accompagnée de Christian Bouchet, son «co-directeur de campagne», un autre «personnage», figure du courant nationaliste-révolutionnaire rallié à Marine Le Pen, ex-membre de groupuscules de l'extrême droite radicale, auteur d'une thèse sur Aleister Crowley, gourou de l'occultisme et mage auto-désigné.

 

Ravie qu'on lui donne la parole, elle enclenche aussitôt un discours rodé sur ses études supérieures, sa formation politique, ses convictions, elle a beaucoup à dire, enchaîne les dégagements théoriques. Elle pioche ses références à droite, à gauche, indifféremment, n'en manque jamais. Du rejet des étrangers à la «lutte des classes» en passant par l'«âme de la nature» et l'obsession contre l'éducation populaire, elle mêle le tout dans un ensemble absolument hétéroclite.

 

Les fondamentaux du FN, d'abord. La préférence nationale, «c'est les aides pour les nationaux, point barre»«En matière d'attribution des logements, sur la ville de Saint-Nazaire, il y a 3.200 demandes d'aides. Du fait de la structure de leurs familles, ils sont prioritaires. Voilà, la loi est la même pour tout le monde, mais eux ils ont des familles plus nombreuses, ils regroupent même les enfants d'autres lits et ils sont plus pauvres que nous.»

 

Maniant l'implicite, elle dit «ils» sans toujours préciser de qui elle parle. Parfois, c'est plus clair. «Là où c'est dramatique, c'est au niveau des banques alimentaires. Vous avez les Roms qui installent leur caravane avec carrément la télé, ils font attendre les gamins dans la file d'attente. Et comme les premiers arrivés sont les premiers servis, ils raflent tout, les produits frais, et après il ne reste plus rien pour les autres. C'est effrayant. En plus, ils vont se servir, ils attaquent les caissons de vêtements, d'ailleurs ils les ont supprimés, parce qu'ils les pillaient, ils les saccageaient. Donc ça risque de léser des gens qui en avaient besoin. Et comme il n'y a pas de conditions d'attribution, la pauvre femme qui travaille, ne gagne rien et attend ses enfants à la sortie de l'école, elle se met au bout de la file, elle doit attendre trois heures dans le froid, et à la fin y'a plus rien.»

 

Quand elle évoque ensuite les effets de la «politique mondialiste», la représentante locale du FN colle au nouveau discours «social» de Marine Le Pen. Pour souligner le changement théorique, Christian Bouchet intervient, et s'approprie la «lutte des classes» pour dire sa haine des «bobos», ces«libéralo-socialos, qui sont friqués, qui sont fringués moderne avec des catogans, et qui nous haïssent, alors que les gens des classes inférieures nous reconnaissent comme des leurs.» 

 

«La France est en voie de désindustrialisation, dit-elle. Les ouvriers sont en insécurité sociale permanente. Ils sentent bien que c'est la fin. Ils savent que c'est précaire. C'est de plus en plus des CDD, des intérims. En plus, ils ne sont pas payés. On leur a dit qu'il fallait se mettre au 3/8 pour rentabiliser le truc en promettant un avenir meilleur et puis c'est jamais meilleur. C'est assez désespérant.» Les responsables? Les«grands experts mondialistes», par exemple «ceux du FMI»«Ce sont des gens qui font partie d'une hyper caste. Ils décident de tout pour tout le monde et ils sont en train de nous ruiner.» «Ils découpent les pays en secteur. La France n'est pas destinée à rester un bastion industriel, ça c'est réservé à la main-d'œuvre esclave de l'Asie, là où c'est moins cher. Nous, on doit devenir un pays de tourisme.»

 

«Partout où ils arrivent, c'est le malheur, la baisse des salaires, la baisse du pouvoir d'achat.» La solution? «Bon, là on rentre dans la complexité. Il faut revenir sur la loi de 1973, celle qui nous impose d'aller emprunter sur les marchés financiers à des taux de plus en plus exorbitants. Marine en a parlé. Nous, on veut revenir à notre souveraineté monétaire. Nous, de toutes façons, on veut revenir à tous nos pans de souveraineté. Parce qu'on pense que c'est ça la République, j'ai fait du droit, la souveraineté populaire et nationale.» Et elle critique des multinationales comme Bouygues et IBM, pour faire passer l'idée que le FN n'est plus l'allié des grands patrons.

 

Quand elle ne parle ni de préférence nationale, ni de souveraineté économique, Oriane Borja parle un peu d'écologie. «La terre, c'est important pour nous, on pense même que ça a une âme.» Mais elle parle surtout de ses deux bêtes noires: le service public de l'éducation et l'éducation populaire. «Je me suis fait virer du public», dit-elle en préambule. «Dans le public, je suis ce qu'ils appellent une frontale, ça n'a rien à voir avec le Front, c'est ceux qui s'opposent aux sciences de l'éducation, ces soi-disant sciences qui ont fait table rase de l'éducation à la française. Avec leur modèle venu de l'OCDE, ils tentent de privatiser le système, avec des méthodes aberrantes qui viennent de sectes anglo-saxonnes. Ce sont des gens qui s'auto-proclament pédagogues. Enfin, ce sont souvent des psychologues, voilà, ça n'a rien de scientifique, d'ailleurs ça n'a jamais montré ses preuves.» «Dans le domaine pédagogique, c'est toujours de l'argent foutu par les fenêtres. Dès que les gamins arrivent en 6e, on leur offre un voyage à Accrobranche, avant même qu'ils aient mérité quoi que ce soit, comme ça vous avez les petits caïds qui arrivent à situer leur monde, à savoir qui ils vont emmerder tout au long de l'année.»

«L'éducation populaire, pour moi, c'est insupportable parce que c'est de l'animation, c'est du saupoudrage, ça finit par aboutir à 30% de jeunes au chômage. Souvent les formations sont tirées de méthodes pédagogiques qui relèvent des sectes, d'idéologie de Ron Hubbard, des choses comme ça. Ça a gangrené l'éducation nationale. Pour moi, ce sont les mêmes méthodes d'éducation globale. Le Conseil général fait intervenir ses associations gay et lesbien, théâtre en folie, et c'est vous qui payez, c'est les parents qui paient, pour avoir ces formations qui n'ont rien à voir, qui n'entrent pas dans un programme rigoureux. Ça fait engraisser la myriade d'associations qui gravitent autour de l'éducation populaire. Vous y retrouvez là toutes les amicales laïques, qui sont grassement subventionnées par le département.» Elle cite aussi en vrac la Ligue de l'enseignement, la Maïf et toutes «ces associations pro-immigrationnistes, comme la Cimade, qui, dit-elle outrée, informent les migrants sur leurs droits».

 

Mère de quatre enfants – «je suis célibataire», insiste-t-elle –, Oriane Borja se dit «passionnée d'éducation». Avec ses propos contre l'argent jeté par les fenêtres, contre le partage des aides sociales et sur l'insécurité sociale, elle se vit comme la représentante des classes populaires.

 

À l'unité près, elle a obtenu 590 voix dans le canton de Saint-Nazaire-Est le 20 mars 2011, sur 14.069 inscrits. Mais la très faible participation la hisse à 13,2% des suffrages exprimés. Sur les marchés, elle a croisé ses partisans, qu'elle imagine à son image. «Ce sont des gens dignes, ils font attention, ils sont bien, ils sont propres. J'ai pas rencontré franchement d'ouvriers. Ils n'habitent pas ici les ouvriers. Ce sont des gens ordinaires. Ils présentent bien, ils s'expriment bien.» Il y a des jeunes aussi, «les 30-40 ans viennent nous dire, y'en a ras le bol, il faut les mettre dehors. Ils sont exaspérés. Ils en ont marre. Ils viennent nous dire, moi je suis pas raciste, mais c'est vrai que... Ils arrivent pas à l'expliquer. Ils voient juste que c'est plus viable pour eux.» Représentante des classes populaires, sans les ouvriers et les étrangers.

 

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Publié dans Elections

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