"Les banques européennes sont encore convalescentes"... mais... *
* Voici ce que disait l'expension le 14 février 2011
Si les banques européennes retrouvent la santé, elles ne sont pas encore tirées d'affaire car la crise des dettes souveraines pèse toujours sur le secteur. Heureusement, la montagne de dettes qui se profile en 2011 sera moins haute qu'attendu, assure Marie-Pierre Peillon, directrice de l'analyse financière deGroupama Asset Management(AM).
Comment se portent les banques européennes en ce début d'année 2011?
Mieux. Mais tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne, loin de là. Certaines banques des pays périphériques sont encore coupées des marchés de financement à long terme et dépendantes de la Banque centrale européenne. Preuve, 15% des actifs au bilan des établissements grecs et irlandais sont encore détenus pas la BCE contre moins de 1% dans les pays du centre. Mais ce sont les banques espagnoles qui nous inquiètent particulièrement.
Un énorme travail de restructuration des dettes est en cours mais les prévisions de pertes annoncées par le gouvernement (20 milliards de dollars) sont bien en-deçà de celles du marché qui sont de l'ordre de 50 à 100 milliards d'euros. Par ailleurs, les mesures en faveur de la transparence visant à rassurer les marchés sont louables mais elles ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Enfin, les créances douteuses représentent encore 6% du bilan des banques espagnoles. Tous ces éléments vont créer de fortes tensions sur le secteur bancaire ibérique mais aussi européen. Il ne faut pas oublier que les banques allemandes et françaises sont exposées à 80% de leurs fondspropres aux banques espagnoles.
Si l'on écarte le risque espagnol, l'année s'annonce plutôt bonne pour les banques allemandes et françaises?
Il ne faut pas crier victoire trop vite. Même les bons élèves vont souffrir en 2011 pour trouver des financements. Alors que les prêts interbancaires ont beaucoup baissé depuis le début de la crise, passant de 3500 milliards d'euros à 2000 milliards d'euros, une guerre des dépôts se profile à l'horizon. Et elle ne sera pas sans coût pour les établissements bancaires. Avec des taux d'intérêt très bas, un simple dépôt rémunéré coûte cher aux banques. De plus, là où on devrait avoir une discrimination par la qualité de la banque, on ne la voit pas. Les Etats ont tous été amenés à, soit garantir de manière illimitée les dépôts, soit à augmenter significativement le montant en garantie. Du coup, les bonnes banques n'ont pas d'avantages concurrentiels vis-à-vis des dépôts. Les clients font jouer la concurrence et discriminent par le prix. Pour engranger des liquidités, les banques sont donc obligées de payer plus que le taux sans risque. Cela se ressent dans les marges bancaires, après une forte hausse en 2009 et début 2010, elles repartent à la baisse.
Êtes-vous inquiète du "mur de refinancement" qui se profile en 2011?
Ce risque a été largement surestimé. Certes les établissements bancaires devront faire face à 725 milliards d'euros d'emprunts à refinancer en 2011, mais ils ont largement anticipé. En 2010, les banques avaient déjà pré financé une petite centaine de milliards d'euros et, dans le cadre de la réduction de leur bilan, n'ont pas renouvelé certains prêts à terme à hauteur de 100 milliards. En outre, elles ont déjà émis 120 milliards d'euros depuis le début l'année. Sachant que 200 milliards d'euros d'émissions d'obligations sécurisées sont attendues pour le restant de l'année, il ne reste finalement que 200 milliards à trouver. Cela dit, là encore, il y a de grandes différences entre les établissements. Si Lloyds Banking Group affiche le montant à refinancer le plus important en 2011 (entre 50 et 60 milliards), elle en a déjà effectué la moitié. A la différence des banques portugaises qui n'ont encore procédé à aucune émission.
* Voici ce que dit l'Expansion aujourd'hui 15 février 2011
La banque concrétise son rebond en 2010 et enregistre un bénéfice net de 3,9 milliards d'euros, conforme aux attentes des analystes.
La Société Générale a concrétisé son rebond en 2010 avec un bénéfice net quasiment sextuplé, à 3,917 milliards d'euros, grâce à une baisse du coût du risque (provisions pour impayés), à la maîtrise des coûts et à une stabilisation du portefeuille d'actifs illiquides. Le résultat est en ligne avec les attentes des analystes, selon le consensus établi par Dow Jones Newswires.
Sur les trois premiers trimestres, Société Générale avait déjà atteint son objectif de bénéfice net pour 2010, fixé à 3 milliards d'euros. Comme prévu, 2010 aura été l'année du rééquilibrage entre les différentes sources de revenus, la banque de détail et les activités de marché contribuant à l'identique aux profits du groupe.
Locomotive de 2009 mais affectée par la crise économique, la banque de détail a profité de l'amélioration de la conjoncture et enregistré une baisse de 11% du coût du risque - les provisions constituées pour faire face aux crédits impayés - en France. A l'international, le coût du risque s'est stabilisé et a même baissé au quatrième trimestre. Ce sous-ensemble a profité du redressement de la Russie, qui est parvenue à dégager un bénéfice de 13 millions d'euros au quatrième trimestre après deux années difficiles.
Maîtrise des chargesAutre facteur de progression du résultat, la maîtrise des charges, qui ont augmenté moins vite que le produit net bancaire - équivalent du chiffre d'affaires -, en France comme à l'international. Au total, la banque de détail a vu sa contribution au bénéfice bondir de 17%. L'autre grand moteur du groupe, la banque de financement et d'investissement (BFI), a retrouvé des couleurs et signé un quasi-triplement de cette même contribution.
Ce pôle a profité de la stabilisation du portefeuille d'actifs illiquides difficiles à vendre, que Société Générale a isolé du reste de la banque et gère en extinction. En 2009, ce portefeuille, essentiellement constitué d'actifs américains, avait amputé d'un tiers le PNB de la Banque de financement et d'investissement (BFI) et lesté de plus de moitié le coût du risque.
Un meilleur ratio de fonds propresL'an passé, il a dégagé un revenu positif de 71 millions, contre une perte de 2,82 milliards en 2009. L'embellie de ce portefeuille masque un repli de 32% des activités de marché, pénalisées par "des conditions de marché difficiles", notamment au deuxième trimestre, marqué par la crise grecque. Pour l'ensemble du groupe, le PNB est en hausse de 21%, à 26,4 milliards. Sur le plan de la solidité financière, la banque a enregistré une légère amélioration de son ratio de fonds propres "durs" de 8,4% à 8,5%. Le ratio de fonds propres durs s'obtient en divisant le produit des émissions d'actions de la banque et les bénéfices mis en réserve par l'ensemble des crédits en cours. Société Générale s'est fixé pour objectif d'atteindre, début 2013, un ratio de fonds propres durs de 7,5%, mesuré selon une définition plus stricte que celle en vigueur actuellement et liée à la nouvelle réglementation dite Bâle III.
Pour renforcer ses fonds propres, le conseil d'administration va proposer de ne distribuer que 35% du résultat 2010, le reste étant mis en réserve. Le dividende proposé (1,75 euro par action) sera néanmoins sept fois supérieur à celui versé au titre de l'exercice 2009 (0,25).