Le Vatican à pas comptés vers le réel

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010 Dominique GARRAUD 22/11/2010

 

 

Quel barouf ! La sortie de Benoît XVI sur l'utilisation possible dans «certains cas» très limités du préservatif a convoqué une palanquée de théologiens et d'exégètes appelés à mesurer la portée de la pensée papale. Il est vrai que l'église catholique avait en ce domaine un retard qui n'a d'égal que l'obscurantisme des préceptes fondamentalistes islamiques sur le statut de la femme.

 

Après Jean-Paul II, qui avait déjà suscité une levée de boucliers en rappelant son opposition à tout instrument contraceptif lors d'un voyage dans une Afrique déjà ravagée par le sida, son successeur sur le trône de Saint-Pierre avait sévèrement récidivé l'an dernier, encore sur le continent africain, en affirmant benoîtement que l'usage du préservatif «aggrave» mécaniquement la pandémie.

 

Nichée dans un copieux livre d'entretiens, la nouvelle position de Benoît XVI mérite certes d'être relevée pour prendre date. Mais comme l'a immédiatement notifié officiellement le Vatican, elle n'est en rien «révolutionnaire» en ce qu'elle reprend sur le fond les thèses classiques de l'Eglise catholique. L'exemple donné par le pape réduit considérablement le champ d'application de sa dérogation à la sacro-sainte de l'amour physique uniquement destiné à la procréation.

Pour Benoît XVI, le préservatif reste un mal absolu de nature «à banaliser le sexe»considéré comme «une sorte de drogue» et seul un «homme prostitué», sous-entendu porteur de MST, pourrait être à la grande limite encouragé à l'utiliser pour «éviter les risques de contamination».

 

L'évolution du Vatican sur la mise à l'index de la capote n'est ainsi qu'une inflexion qui reconnaît du bout des lèvres la pertinence de la théorie du «moindre mal» avancée il y a 30 ans par l'Abbé Pierre et reprise par de nombreux prélats face aux ravages du sida.

Il n'est cependant pas anodin que ce changement intervienne au moment où l'Eglise romaine tente enfin de se confronter aux scandales de la pédophilie qui a fait des dizaines de milliers de victimes violentés par des prêtres. Après des années de dénégations et de silence, l'Eglise opère un retour douloureux vers le réel. Benoît XVI évolue sur la corde raide du sida en tentant de conjuguer tradition et modernité avec une forte prédilection pour la préservation des canons de l'Eglise.

 

Et donc en refusant d'admettre enfin que la condamnation persistante du préservatif est un facteur aggravant dans la propagation du sida.

 

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Publié dans Société

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V
<br /> les trois grandes religions monotheïstes dont les autres sont issues avec parfois des progrès devraient être interdites de politique ! Mais voilà le Vatican est un état, avec un chef d'état<br /> souverain pontife ! c'est cela qu'il faut rayé de la carte au nom de la liberté de conscience. Les intégristes musulmans ont hélas, une excuse, leur religion a plus de six siècles de retard sur la<br /> nôtre, et vu les positions de l'église catholique !!<br /> <br /> <br />
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