Le rêve du camp Hollande: le tour unique
Régler la primaire dès le premier tour : les amis de François Hollande en rêvent. Grâce à une victoire dans les urnes ? Ils l'ont espéré un temps quand leur champion a commencé de prendre le large dans les sondages. Sans le dire à voix haute, de peur d'afficher une assurance contre-productive. « Dépasser la barre des 50 % avec six candidats en lice, je n'y crois pas », confiait l'intéressé lui-même. D'autant que, toujours nettement en tête dans les sondages, le député de la Corrèze a cessé de progresser.
Mais ce qu'il n'obtient pas par l'élection, François Hollande espère l'obtenir par la négociation ou la persuasion : un retrait des autres candidats au soir d'un premier tour qui le placerait largement en tête.
Les hollandistes fixent eux-mêmes deux conditions à ce scénario : que leur champion soit nettement au-dessus de la barre des 40 %, voire des 45 %, pour que nul ne puisse contester qu'il l'aurait de toute façon emporté au second tour ; et que l'écart avec le second, vraisemblablement Martine Aubry, soit suffisamment large, à partir de quinze points. Avec un premier tour sans appel, même non décisif, « il faudrait bien constater que quelque chose s'est passé », estimait la semaine dernière Pierre Moscovici, coordinateur de la campagne de Hollande.
L'argument invoqué pour justifier de se dispenser d'un second tour serait simple : créer sans attendre une dynamique de rassemblement autour du futur challenger de Nicolas Sarkozy. « Nous avons réussi un bel exercice de confrontation à six. Ne gâchons pas tout par un choc frontal, forcément plus violent », estime un allié du favori d'aujourd'hui.
Des hollandistes évoquent également un marché : retrait de Martine Aubry de la primaire contre son maintien à la tête du Parti socialiste.
Ce deal implicite est l'argument de trop pour les partisans de la maire de Lille qui soulignent que l'intérim de Harlem Désir s'achève au soir du 16 octobre et que Martine Aubry retrouvera automatiquement son fauteuil. Autrement dit, que son maintien Rue de Solférino ne dépend que d'elle et d'aucun acte d'allégeance à quiconque.
Surtout, les aubrystes estiment que renoncer au second tour par accord tacite serait tromper les électeurs de la primaire. Ils croient enfin qui rien ne permet de présager des reports des voix des autres candidats.« En 1974, Mitterrand avait obtenu 43 % au premier tour. Il a été battu au second », se souvient un supporter d'Aubry.