Le PS crée une task-force pour surveiller les dépenses de Sarkozy
Le PS lance une «task-force» chargée de surveiller les frais engagés par Nicolas Sarkozy, ses ministres et ses conseillers lors de leurs déplacements, afin de lister ceux qui sont assimilables à des dépenses de campagne et devraient être intégrés au compte du futur candidat de l'UMP. L'objectif: alimenter la CNCCFP (la Commission chargée de contrôler les comptes de campagne des candidats à la présidentielle), afin que ces dépenses, assumées par l'Elysée et le gouvernement, soient dûment réglées le moment venu par Nicolas Sarkozy.
François Hollande a donné son aval à la création de cette cellule spéciale mardi 13 décembre, en marge de son premier conseil politique. Elle sera composée de Daniel Vaillant (mandataire financier de François Hollande), de Régis Juanico (trésorier du PS) et de Pascal Terrasse (président de la commission de contrôle financier du PS), assistés d'une poignée d'«experts».
Il sera demandé à chaque fédération départementale du parti de surveiller comme le lait sur le feu les sorties partisanes du chef de l'Etat, mais aussi de chaque membre du gouvernement ou encore d'Henri Guaino (conseiller spécial à l'Elysée qui multiplie ces jours-ci les réunions publiques où il attaque François Hollande), de faire remonter les coûts de location des salles, des bus, etc. Mais aussi des campagnes d'affichage ou de tractage.
«Je ne conteste pas du tout le travail de la Commission, explique Pascal Terrasse. Mais je m'interroge sur les moyens humains dont elle dispose pour repérer toutes les dépenses engagées par Nicolas Sarkozy.»
Le 30 novembre, excédés par les moyens déployés par l'Elysée pour le meeting de Toulon ou la visite du Tricastin (où le Président de la République s'en est pris ouvertement à la gauche), Pascal Terrasse et Daniel Vaillant avaient écrit à la CNCCFP pour demander «s'il était légitime que les frais engagés par le président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes de propagande soient assumés par le contribuable», accusant Nicolas Sarkozy de «détournement des fonds publics».
La CNCCFP a répondu qu'une partie du coût des déplacements du chef de l'Etat effectués avant sa candidature pourrait être intégrée à son compte de campagne, à condition qu'il ait été «amené à exposer les éléments d'un programme de futur candidat».