Le Parti socialiste prépare déjà l’après Strauss-Kahn
Émus et secoués par le séisme de l'affaire Strauss-Kahn, les socialistes ont voulu offrir, malgré tout, offrir l’image d’un parti uni lors de la réunion de sa direction, ce mardi. Même si certains esprits sont déjà tournés vers l’après-DSK.
Ils étaient près de 200 journalistes à attendre, ce mardi après-midi, les membres du bureau politique du Parti socialiste. L’incarcération de Dominique Strauss-Kahn, favori des sondages pour la présidentielle de 2012, pour des accusations de viols, à New York, a sonné comme un séisme dans la famille socialiste.
« Unité, responsabilité, combativité»
Après la réunion, Martine Aubry, dans une brève allocution, l’air grave, a résumé l’atmosphère du Bureau national, qui rassemblait François Hollande, Ségolène Royal ou Laurent Fabius, par « unité, responsabilité, combativité ».
La première secrétaire a rappelé à la présomption d’innocence : « Nous n’avons entendu que l’accusation, nous attendons l’autre voix, celle de Dominique Strauss-Kahn et de ses avocats », affirme-t-elle.
Pour elle, DSK et la jeune femme qui l’accuse « sont les deux seuls qui savent, nous devons attendre la vérité des faits et en tirer à ce moment-là les conséquences ».
Aubry rappelle le PS à ses responsabilités
Mme Aubry rappelle les responsabilités du parti : projet, candidats, primaire, rassemblement de la gauche. « Nous serons au rendez-vous de 2012 ». Elle maintient son calendrier : déplacement mardi à Bordeaux sur le projet et mercredi à Toulouse.
Auparavant, Ségolène Royal avait évoqué des images « plus violentes les unes que les autres » et appelé à « respecter la dignité humaine », tandis que Laurent Fabius avait prôné « retenue et unité»
« On a senti une émotion plus forte qu’au soir du 21 avril » 2002, lors de la défaite de Lionel Jospin, a assuré Patrick Mennucci.
Les esprits tournés vers l’après DSK
« Nous étions mieux qu’unis, totalement soudés », a assuré Bertrand Delanoë, maire de Paris, pour qui les candidatures à la primaire n’étaient « pas le sujet d’aujourd’hui ». Certes, « il y a un temps de veuvage à observer, comme après un deuil », l’a confirmé un dirigeant, mais les esprits sont déjà tournés vers l’après-DSK.
Que vont faire les strauss-kahniens orphelins ? « Je ne suis pas sûr qu’ils fassent tous la même chose. Ils se sont beaucoup constitués en critiques fortes des années Hollande et ils ne seront pas à 100 % chez Aubry », estime un député.
François Hollande, nouveau favori après les soucis judiciaires de DSK, a évité mardi la presse, passant par des portes dérobées.