Le ministre des affaires étrangères allemand demande de la retenue sur les élections en France

Publié le par DA Estérel 83

LeMONDE

 

 

Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires étrangères, le 5 février 2012 à Munich.

Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires étrangères, le 5 février 2012 à Munich.REUTERS/GUIDO KRZIKOWSKI

 

Le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a appelé les hommes politiques allemands à ne pas s'immiscer  trop ostensiblement dans la campagne présidentielle française et à se montrer  modestes sur le plan européen, dans un entretien  à l'édition dominicale de Die Welt.

Une participation de la chancelière conservatrice Angela Merkel à un meeting de campagne de Nicolas Sarkozy a été évoquée, de même que celle du responsable social-démocrate Sigmar Gabriel avec le socialiste François Hollande. Début février, la chancelière allemande avait déclaré sans détour qu'elle "[soutenait] Nicolas Sarkozy quoi qu'il fasse car [ils appartiennent] à des partis amis". En 2009, Nicolas Sarkozy était venu la soutenir  alors qu'elle briguait un second mandat.

"Je recommande à tous les partis politiques allemands de faire  preuve de retenue. Les divergences politiques allemandes ne doivent pas être  exportées vers la France", déclare Guido Westerwelle, qui appelle également le gouvernement à ne pas prendre  pas trop fortement parti : "Il ne doit subsister  aucun doute sur le fait que l'Allemagne travaillera très bien avec tout gouvernement choisi par le peuple français".

"FAIRE PREUVE DE DOIGTÉ"

Henri Guaino, conseiller  spécial du chef de l'Etat, avait lui-même exprimé sa réserve quant à une participation de la chancelière allemande Angela Merkel à un meeting de campagne du président-candidat. Qu'elle intervienne "dans le débat public sur les questions qui concernent l'Europe, les rapports entre la France et l'Allemagne, je trouve ça tout à fait légitime [...] Dans la campagne présidentielle elle-même, je suis plus réservé", avait-il déclaré le mois dernier.

Pour Guido Westerwelle, la réserve de Berlin doit également être  celle affichée au niveau européen. L'Allemagne "a l'obligation de faire  preuve de doigté et de sens des responsabilités" dans l'usage de l'influence qu'elle a comme première économie de la zone euro.

La crise de la dette, où l'influence allemande s'est particulièrement faite sentir  est un tournant, selon lui. "C'est maintenant que se dessine l'image de l'Allemagne en Europe pour les années à venir", a-t-il expliqué et cette phase doit être  "gérée de façon intelligente". "Quiconque agite maintenant la massue teutonique doit s'attendre  à un retour de bâton", a-t-il assuré.

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