Le logis ne fait pas le locataire

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010 Jacques Guyon  30/11/2010

 

 

On savait qu'il ne suffisait pas que soit inscrit «Egalité» au fronton de nos édifices publics pour, comme le disait Coluche, empêcher qu'il existe des citoyens plus égaux les uns que les autres. C'est ainsi que lorsqu'on se retrouve à la rue dans les départements du Calvados, du Haut-Rhin ou encore de l'Yonne en ces premiers jours de grand froid, mieux vaut avoir des papiers en règle si on veut posséder une petite chance de trouver un abri d'urgence.

 


Dans son édition d'hier matin, le journal «Libération» produit en effet des circulaires émanant des préfectures de ces départements enjoignant aux associations chargées des centres d'hébergement de privilégier les SDF bien de chez nous et de refuser l'accès à des étrangers en situation irrégulière. Avec ce véritable déni de solidarité, on est en plein scandale humanitaire. Bien loin en tout cas des propos tenus pas Nicolas Sarkozy en 2007 lors de la Journée mondiale du refus de la misère demandant «que le droit de chaque homme à un minimum de considération soit reconnu» et expliquant que ce n'était évidemment pas aux associations «de contrôler les papiers»...


Alors zèle de fonctionnaires ? Incompréhension d'une circulaire ? C'est ce que plaide le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu qui a, dès hier, appelé les préfets concernés pour recadrer les choses. Reste qu'on ne peut s'empêcher de penser que si ce zèle a réussi à s'exprimer à travers de telles consignes, il y a bien une raison. Et que celle-ci est sans doute malheureusement plus à chercher dans le climat malsain qui est en train de se développer dans notre pays vis-à-vis de tout ce qui est étranger que dans une carence des dispositifs d'hébergement, puisqu'on nous dit qu'il existe plus de place disponibles en France que de SDF...


Comme un malheur n'arrive jamais seul, le même Benoist Apparu se voit également confronté à un autre problème. Celui de certains locataires pourtant très aisés qui profitent de passe-droits, défauts de suivi des organismes gestionnaires pour squatter des HLM alors que des dizaines de milliers de ménages attendent eux le gîte à loyer modéré auquel ils auraient parfaitement droit.


Partant d'une étude de l'Observatoire national de la pauvreté, le quotidien «La Tribune» d'hier explique que 53.000 foyers appartenant aux 10% les plus riches de France logent en HLM. Si on élargit aux foyers qui disposent d'au moins 5.300 euros avec un enfant et 6.400 avec deux, ce sont près de 380.000 foyers aisés qui vivent en HLM!


Même si on veut bien entendre le souci «de mixité sociale» mis en avant par des gestionnaires de sociétés de logement social, il va quand même être difficile de faire avaler à ceux qui attendent depuis des années une place en HLM qu'en France, tout le monde serait logé à la même enseigne.

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article