Le jour de vote est arrivé

Publié le par DA Estérel 83

 

 

Droit de vote et devoir électoral. «Grâce au suffrage universel, dans notre époque où flottent et s'écroulent toutes les fictions, vous trouvez le fond solide de la société».Celui qui prononce cette phrase de parfaite actualité à la tribune de l'Assemblée nationale a été abondamment cité durant la campagne présidentielle qui s'est achevée hier soir, de Mélenchon à Sarkozy. C'est Victor Hugo, le 31 mai 1850. La politique - qu'il est de bon ton de vilipender -, ce n'est pas l'affaire des autres, des élus et de leurs courtisans, c'est, comme le dit le grand homme, la nôtre. Le droit de vote, dont le résultat peut toujours décevoir à titre personnel, est une victoire collective permanente qui hier encore faisait rêver des millions de Birmans et aujourd'hui autant de Syriens. Il n'y a pas une seule bonne raison de bouder un scrutin, aucune excuse. Le corollaire du droit de vote tient en deux mots qui disent tout et font le citoyen: devoir électoral.

Sauf à être sourd... L'abstention menacerait, pour cause de désenchantement démocratique - quel luxe! - et pour cause de campagne sans intérêt. «Ah, la campagne de 2007!» soupire-t-on ici et là comme à regret, arguant du fort taux de participation au premier tour (85%) et célébrant l'engouement suscité par Nicolas Sarkozy, le candidat de la rupture, et une Ségolène Royal aux accents de Jeanne d'Arc. On voit le résultat. Le sortant est malmené par les sondages et la battue a été humiliée lors des primaires socialistes. Soyons sérieux, malgré des diversions sur la viande halal ou la réforme du permis de conduire, il faut être sourd pour ne pas avoir entendu parler des questions graves - dette, emploi, chômage des jeunes, pouvoir d'achat -. et des propositions des candidats pour y répondre.

Des messes réjouissantes. Enfin, cette campagne 2012 devait être celle d'une nouvelle ère. Twitter et facebook allaient révolutionner l'armement des forces de persuasion. Aux oubliettes définitives de la IIIe République, les réunions de préau. Or le numérique a été réduit à ce qu'il doit être, un outil de communication parmi les autres. Pour preuve, les meetings géants et en plein air ont rassemblé, à gauche comme à droite, des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans une ferveur militante et passionnée, «point d'appui à un Archimède politique pour soulever le monde» comme dirait encore Victor Hugo. Ces grands-messes furent réjouissantes et pleines de promesses, non point celles des candidats, mais celles d'une société capable de se mobiliser, de partager des grandes causes, de vivre ensemble et de croire aux espérances du lendemain. Aux urnes!

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Publié dans Elections

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