Le guide de la résolution

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Si, hier à Toulon, Nicolas Sarkozy portait toujours sa même tenue de Président, il était bien difficile quand même de ne pas voir que par-dessus il avait enfilé le costume quasi transparent de candidat.

 

Toulon I, 25 septembre 2008, Toulon II, 1er décembre 2011. Et toujours le même Président. Et toujours la crise. Mais aussi... quelques différences. Avant-hier, Nicolas Sarkozy avait promis de refonder le capitalisme. Aujourd'hui, considérant sans doute que son travail est quasiment terminé, il s'attaque à une autre refondation: celle de l'Europe. 

Avant-hier, le tout nouveau Président étrennait ses galons de capitaine du navire France en affrontant une tempête qu'il n'avait pas vue venir. Hier en revenant à Toulon, aguerri par trois ans de crise, s'il portait toujours sa même tenue de Président - tenue certes quelque peu froissée par bien des promesses non tenues, un chômage qui s'emballe et des sondages qui s'écroulent - il était bien difficile quand même de ne pas voir que par-dessus il avait enfilé le costume quasi transparent de candidat. 

Pas besoin d'être fin observateur pour constater que l'adresse du Président à la France passait par une salle remplie de militants de l'UMP. Pas besoin non plus de beaucoup tendre l'oreille pour enregistrer les applaudissements nourris saluant chaque attaque élyséenne à l'encontre des socialistes. Socialistes du passé accusés avec Mitterrand d'avoir affaibli le pays. En bricolant le traité de Maastricht. Socialistes d'aujourd'hui qui avec François Hollande sont soupçonnés de s'apprêter à faire pire encore. Nouvelles charges sur les 35 heures, l'âge de la retraite, sur la démondialisation, l'abandon progressif du nucléaire ou encore cette sixième République qui sous le jour de la modernité ne ferait que restaurer la quatrième. 

A l'inverse, Nicolas Sarkozy a cherché une nouvelle fois - et avec un certain talent d'ailleurs - à apparaître comme le seul à pouvoir tenir la barre dans la tempête. Avec son diplôme auto-décerné de guide de haute tempête, il entend bien qu'on le laisse conduire la France et ainsi éviter qu'elle ne se noie dans le «mensonge», la «facilité», le «renoncement». Seul guide non seulement à détenir LA vérité. Mais aussi à avoir le courage de la dire!Un guide qui ne dévie pas. Ou ne change de cap que pour mieux remettre la France dans la bonne voie. Un guide qui saura nous guérir de «la peur» et nous redonner «la maîtrise de notre destin». 

Un guide qui va en tenant la main de Merkel au nom de la nécessité de la «convergence» mais ne lui cède en rien et qui dès lundi va s'attacher en sa compagnie à faire des propositions pour refonder la maison Europe. Avec plus de cette solidarité - la french touch? - et une dose supplémentaire de discipline budgétaire - ach so! - que le couple «convergent» nous mitonne avec amour. Une Europe, cadeau pour Noël et avec un Père Fouettard qui ferait peur aux méchants spéculateurs? On n'en saura pas beaucoup plus. Si ce n'est que Sarkozy aimerait bien trouver dans ses chaussons le 25 décembre prochain une belle «règle d'or». Mais on a bien compris qu'il n'attend pas pareil cadeau de Hollande...

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Publié dans SARKOZY

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