La Vichymania ne fait pas rire tout le monde

Publié le par DA Estérel 83

 Marianne2-copie-1  Philippe Cohen 10/10/2010

 

L'article d'Eric Conan, les idiots utiles de la Vichymania a provoqué des centaines de réactions parmi les Mariannautes, dont beaucoup considèrent que le virage entamé cet été par Sarkozy le rapproche de ce que l'on appelle «les heures les plus noires de notre histoire»....
Ah l'histoire, la grande, celle de la seconde guerre mondiale. En épinglant quelques sarkozystes mis en cause pour des conflits d'intérêt - Jean-François Copé notamment - et un socialiste - Pierre Moscovici, qui juge le régime actuel « très Vichy », Eric Conan ne se doutait sans doute pas qu'il allait subir, dans les commentaires, un telle volée de bois vert : plus de 500 commentaires dont une bonne partie très hosiles ! Son argumentation était pourtant on ne peut plus logique et tout à fait dans la tradition de Marianne : « Voilà où nous en sommes :  », écrit-il, « poser la très légitime question des conflits d’intérêts, c’est donc la même chose que de dénoncer des Juifs sous l'Occupation ! »
 

Le filon de « la réduction ad hitlerum », d'ailleurs, n'est pas, loin de là, l'invention ni le monopole des sarkozystes. Conan rappelait, dans son article, que le sommet de la tartufferie avait été atteint en 1996, « avec l’organisation d’une manifestation contre les lois Pasqua sur l’immigration à la Gare de l’Est, les manifestants ayant osé défiler en tenue rayée de déporté avec une valise et un baluchon sous des pancartes assimilant Jean-Louis Debré à Pétain ». 

Conclusion d'Eric Conan : « Dire que les sans-papiers renvoyés chez eux en Afrique et les Roms roumains expulsés en Roumaine connaissent le même sort que les Juifs sous Hitler, ainsi que nous le répètent aujourd’hui tant de dangereux rebelles, c’est dire qu’aucun génocide n’a eu lieu. En vidant de sa réalité une Histoire qu'ils ne respectent pas, ces ignorants font, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, du négationnisme inconscient qui ne peut que renforcer le négationnisme pervers des antisémites. Robert Faurisson doit bien s'amuser. Les idiots utiles travaillent pour lui. »

Les Mariannautes révoltés par le papier de Conan sont nombreux. Le plus étonnant estmichel travaillé, qui 
assure avoir vécu cette période noire. Il écrit :On vit bien une période sombre presqu'identique ,où mes collabos se serrent autour du "chef ",même,pour matraquer la Liberté et la Laïcité ! 
Il y a même des arrestations arbitraires avec lmise en garde à vue prolongées ! 
La milice (pardon la police et gendarmerie ) a tous les droits ,et la justice connaît de sérieux dévoiements !
(...) « 
Il n(' ya pas encore les "aussweiss",mais ,sur la route on est sans cesse suspectés de tous les crimes !

Autre parallèle :il n'y a aucune prévision d'aménagement du territoire,ni d'indépendance nationale ! 
Ça ne vous suffit pas ? 
Il y a même en Vendée et Charente Maritime (après Xynthia),remise en cause du droit de propriété »
 
MDRest sur une ligne voisine qui cite le fameux texte du pasteur Martin Niemöller qui admirait le régime hitlérien à ses débuts: 

« Quand ils sont venus chercher les communistes, 
je n'ai rien dit, 
je n'étais pas communiste. 


Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, 
je n'ai rien dit, 
je n'étais pas syndicaliste. 


Quand ils sont venus chercher les juifs, 
je n'ai pas protesté, 
je n'étais pas juif. » Plusieurs Mariannautes rediffusent ce grand classique dont on ne voit pas vraiment le rapport avec ce qui se passe en 2010 en France.


Guy Vardon: « Cet article confond tout, il s'agit pour les personnes qui ont vécu cette période et pour ceux qui ont un peu de connaissance historique et de culture, des parents ayant vécu ces années noires de constater un certains nombres d'analogies... droitisation extrème, culte de la police, de l'armée, xénophobie d'état, du chef voir l'UMP (Luc Ferry lamentable sur Canal + hier).. d'un état d'esprit, d'un climat qui ressemble à celui de Vichy. Certes l'Histoire ne se répète jamais, cependant elle bafouille ».

Goofy renvoie la balle du fond du court : « Monsieur Conan, vous êtes l'idiot utile du politiquement correct qui ne veut pas voir quelle violence est infligée au peuple français par un pouvoir qui lui ne s'embarrasse pas de précautions oratoires. 
Au nom de quoi devrait-on vous demander l'autorisation d'appeler "rafles" l'arrestation des parents sans-papiers devant leurs enfants à la sortie de l'école ? (…) 
Ce qui a aujourd'hui et maintenant des conséquences terribles sur les valeurs républicaines, c'est bien la politique xénophobes et fascisante (oui, ce mot vous reste en travers de la gorge, tant mieux, puisse-t-il vous parvenir à l'entendement) dont vous vous faites l'idiot utile. 
 
 
D'autres argumentations sont plus, disons, raisonnables  comme celle deNicotine 31 :« Je suis outrée par les propos d'E. Conan. Il parle de "jeunes génération incultes" alors que Sarkozy a karchérisé le programme d'histoire en terminale S, programme qui, justement et bizarrement, porte sur la deuxième guerre mondiale.
Entre Mr Sarkozy dont l'inculture est notoire et un prof d'histoire, lequel des deux exerce son devoir minimal de mémoire ? Qui, de X. Bertrand qui traite Médiapart de "presse fasciste" (des années 30, sic Estrosi... »
Albert Guadetrésume l'esprit de certaines critiques :
« 1) À vouloir aseptiser le discours politique, vous risquez d'affadir le débat démocratique et donc de l'étouffer. 
2) À interdire toute comparaison avec une période troublée et marquante de l'Histoire, ce sont tous les choix politiques d'aujourd'hui, et en particulier les plus dangereux, que vous banalisez.
 

(...) si à l'époque où on traitait De Gaulle de fasciste cette crainte était peut-être fondée, il ne faut pas la mettre à toutes les sauces. Parce que certains exagèrent en faisant des comparaisons avec l'époque nazie, il ne faut pas pour autant en conclure que toute comparaison est sans fondement et dangereuse. 
Ils ne faut pas oublier que les nazis et les partisans de Vichy étaient le plus souvent des personnes très banales, des gens tout-à-fait comme nous, et, par exemple, que longtemps la majorité des européens pensaient que les juifs étaient simplement déportés. »


Mais heureusement pour lui, Eric Conan n'est pas tout seul à penser comme lui. La remarque dewalter bouchardest sans doute pertinente : « Je viens de re-lire l'article et je m'aperçois que plusieurs détracteurs de celui-ci se bornent aux deux premiers paragraphes. 
Je ne comprenais pas l'oubli des éxemples cités des années 1960 à 2000, mais c'est bon maintenant. 
Participer à un débat sans lire le texte en entier en préalable semble devenir une tradition sur ce site, et participe de la déliquescence des savoirs. »
 

Claude Urbanski : « Pierre Bourdieu né le 1er août 1930 
Michel Rocard né le 23 août 1930 
Bernard Tapie né le 26 janvier 1943 
Pierre Moscovici né le 16 septembre 1957 
Jean-François Copé né le 05 mai 1964 
Ils l'ont tous vécu la dernière guerre mondiale, celle des rafles et des déportations, celle des collabos et de Vichy. 
Ils savent de quoi ils parlent. 
Ils sont pitoyables. » PRAGMA ironise: L« a France vit depuis trop longtemps en paix et s'emmerde dans son confort matériel et social, alors on emploie ces termes excessifs comme Vichy, vichystes, pétainistes, nazis, fachots, gestapo, raffles, extermination.......pour se faire peur, se donner un peu d'adrénaline ou pour faire "résistant" (de salon) comme si c'était vraiment la guerre. 
Encore un peu de patience, vous allez être servis, surtout vos enfants, avec les crises économiques »
 

Enfin,jean-brice TOURNIERn'a pas retenu de ce qu'il a vécu sous l'occupation les mêmes leçons quemichel travaillé : 
« Très bon article qui remet les pendules à l'heure : j'ai vécu cette période dans la zone sud où c'était déjà pénible, alors qu'est ce que ça devait être dans les autres zones ... 
Il faut respecter le devoir de mémoire car c'est la SEULE façon de continuer à la FRANCE d'exister ... Cordialement (à ce sujet, lire le très bon livre d'Eric Alary, Bénédicte Vergez-Chaignon et Gilles Gauvin "Les Français au quotidien 1939-1949" »
 

Avec son discours de Grenoble et ses divers dérapages - « les Français d'origine étrangère », la déchéance de nationalité, les dispositions anti-roms - Nicolas Sarkozy a tendu un piège redoutable à ses opposants : susciter une radicalisation qui les couperait davantage encore des Français qui se sentent fragilisés par la crise et l'insécurité dans les quartiers. Ces décisions appellent mieux que des invectives fondés sur des rapprochements historiques douteux ou ridicules, une critique raisonnée de la faillite du sarkozysme dans le domaine de l'immigration et de la sécurité, domaines où il a prétendu agir en rupture avec ses prédécesseurs pour, finalement, poursuivre peu ou prou la même politique.
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Publié dans Politique

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