La TVA sociale sous le tapis du sommet

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

 

On dira que 430 millions de plus au service de l'emploi ce n'est certes pas une goutte d'eau. Ce n'est pas non plus ce qui va bouleverser la donne. Et inverser une tendance lourde: depuis 5 ans, le nombre de chômeurs a augmenté de 33% dans notre pays.

 

D'abord trompettée en décembre sous l'appellation avantageuse de «sommet social», prudemment rebaptisée «sommet de crise» par François Fillon afin d'éviter d'effaroucher plus encore des syndicats fort remontés notamment sur la question de la TVA sociale, la réunion qui s'est tenue hier matin à l'Elysée n'aura finalement été qu'une énième cérémonie médiatique. Cérémonie où chacun - chef de l'Etat, syndicats, patronat - aura joué sa partition sans s'écarter de rôles écrits à l'avance. 

Il n'a même pas manqué le traditionnel défilé de banderoles sous les fenêtres élyséennes pour parfaire le rituel de ce type de rencontres tellement jouées et rejouées sous ce quinquennat qu'on s'étonne encore qu'on puisse en attendre des surprises. Ainsi donc, comme des «indiscrétions» soigneusement distillées nous y avaient préparé, le président a-t-il dégainé quelques mesures d'urgence pour doper l'emploi des jeunes, la formation des chômeurs, le développement de l'activité partielle et vitaminer Pôle emploi par le biais de... mille nouveaux CDD. 

On dira que 430 millions de plus au service de l'emploi ce n'est certes pas une goutte d'eau. Ce n'est pas non plus ce qui va bouleverser la donne. Et inverser une tendance lourde: depuis 5 ans, le nombre de chômeurs a augmenté de 33% dans notre pays. Reste que les syndicats n'ont pas trop fait la fine bouche, chacun se contentant, là encore, de faire entendre sa petite musique, les uns pour regretter qu'on ait attendu si longtemps à prendre de telles décisions, certains pour s'inquiéter du financement des mesures, d'autres encore pour critiquer un calendrier dont on mesure bien qu'il n'est pas forcément celui de la seule économie et de l'unique préoccupation sociale... 

Ni coup de théâtre, ni grandes avancées, ni clash donc à ce «sommet» pas franchement extraordinaire. Mais il faut dire qu'il y a une bonne raison à cela. Une raison nommée TVA sociale. Nicolas Sarkozy, même si l'a évoquée, mais sans même la nommer, a en effet soigneusement évité de mettre sur la table ce sujet explosif. 

Pas question de se mettre de la dynamite sous les pieds alors que ce sommet devait avant tout répondre à un impératif: montrer le souci d'écoute du président. Sans compter que Nicolas Sarkozy hésiterait encore sur les contours précis de cette future nouvelle taxe. Sa mise en place doit-elle uniquement soulager les entreprises ou faut-il baisser non seulement les charges patronales mais aussi celles des salariés dans le souci de ne pas amputer le pouvoir d'achat ? 

Quel doit être le bon niveau de la taxe ? 2% ou plus ? Au sein de l'UMP et au coeur même du gouvernement où la «TVA sociale» n'a pas que des partisans, le débat fait rage. Réponse - hors sommet... - à la fin du mois. Au nom de l'urgence que nécessite la situation, évidemment. Et tout aussi évidemment sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec l'approche toujours plus proche du 22 avril.

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Publié dans Social

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