La tempête législative sur La Rochelle déstabilise la mairie
Le vieux port de La Rochelle, pourtant habitué aux coups de vent, retrouvera-t-il son calme après la tempête politique - sans parler de la tornade médiatique de ces derniers jours - qui en déboussole plus d'un au pied des tours ? C'est la question que les Rochelais de tous bords se posent aujourd'hui.
Après avoir empoisonné depuis des mois l'ambiance dans les couloirs de l'hôtel de ville, les élections législatives menacent, quel que soit le résultat du second tour, de faire imploser l'équipe municipale, dont la majorité est composée d'une coalition regroupant socialistes, radicaux de gauche, écologistes et communistes.
REDISTRIBUER LES CARTES
Comment imaginer qu'Olivier Falorni, candidat dissident opposé à Ségolène Royal pour le second tour, adjoint aux finances de la ville, continue de siéger en conseil municipal, entre le maire, Maxime Bono, premier soutien de la candidate investie par le PS, et Jean-Pierre Mandroux, suppléant de Mme Royal ?
Le premier magistrat lui-même, qui multiplie à présent les attaques contre son adjoint après avoir toujours affiché une certaine réserve, ne cache plus son souhait de redistribuer les cartes. Patricia Friou, suppléante de M. Falorni, et Jean-François Fountaine, annoncé depuis longtemps comme son successeur possible à la mairie, sont aussi directement visés par M. Bono qui, depuis la venue deMartine Aubry, première secrétaire du PS, à La Rochelle, mardi, adopte un ton agressif qu'on ne lui connaissait pas.
Après avoir évoqué "le champ de ruines" dans lequel M. Falorni aurait laissé la fédération PS de la Charente-Maritime, il ne cesse de critiquer le bilan d'un adjoint"absent", allant jusqu'à le rendre responsable d'avoir laissé partir "les finances de la ville en quenouilles" (Sud-Ouest).
M. Falorni, qui a reçu le soutien de Valérie Trierweiler, la compagne du président de la République, lui, met ces attaques sur le compte de la panique qui s'est emparée des troupes de Mme Royal depuis son résultat du premier tour (32,03 % des voix, contre 28,91 % à son rival dissident) et le récent sondage qui le place en tête dimanche 17 juin, au second tour. Il refuse de se projeter plus loin.
Ce n'est pas le cas de tout le monde parmi ses proches, dont certains élaborent déjà différents scénarios en vue des élections municipales de 2014. Qui après M. Bono ? La piste Royal était évoquée mais semble désormais peu crédible. D'autres candidats devraient vite se positionner.
Les divisions de la gauche ne sont pas pour déplaire à la droite locale, qui rêve à l'impossible : prendre un bastion réputé imprenable depuis l'ancien maire radical Michel Crépeau. L'UMP doit toutefois faire face à un double handicap : La Rochelle demeure une terre de gauche, et aucune figure locale de l'UMP, pas même Sally Chadjaa, battue dès le premier tour, ne fait l'unanimité. La candidature du radical valoisien François Drageon a prouvé que la droite était elle-même scindée. Quant aux centristes, il est peu probable que le soutien apporté par leur candidat, Arnaud Jaulin, à Ségolène Royal leur apporte quelque bénéfice.
Les séances du conseil municipal habituellement tranquilles, pour ne pas direennuyeuses, risquent de s'animer dans les prochains mois, d'autant que les dossiers sensibles ne manquent pas, comme dans le quartier de Laleu-la Pallice, proche du port de commerce, où l'extension de cuves d'hydrocarbures, site classé Seveso, et la création d'une cimenterie à proximité des habitations mobilisent depuis des moins une partie de la population. Un vrai thème de campagne sur le lequel les deux candidats à la députation sont restés discrets.