La surprise Ségolène Royal
29 Novembre 2010 Par
«Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent», dit-elle. «Ecouter les Français – ils l'ont si peu été ces derniers temps alors qu'ils ont tant à dire ! Pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France», ajoute Royal.
Celle-ci avait réagi ce week-end aux propos de Martine Aubry sur la primaire en démentant l'existence d'un pacte à trois, avec la première secrétaire du PS et Dominique Strauss-Kahn. «Je ne dénonce pas le pacte, il n'existe pas.»
Mediapart vous propose quelques articles qui permettent de comprendre cette soudaine candidature.
Dès vendredi, nous expliquions que la déclaration de Martine Aubry annoncant une entente entre DSK-Aubry-Royal sur une candidature était des plus fragiles. Chez Royal, écrivions-nous, on affirme surtout que les primaires devront avoir lieu, hors de question de se ranger à un accord d'appareil! Et que le «dispositif gagnant» appelé de ses vœux par la candidate de 2007 vaut surtout pour«l'unité à tout prix» affichée depuis La Rochelle, puis pour le lendemain du choix des sympathisants socialistes. Et ces primaires, elle n'exclut moins que jamais d'y participer.
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle joue désormais le parti et compte faire de sa troisième fête de la fraternité le symbole de son retour dans le giron des prétendants socialistes, garante de l'unité retrouvée et voulue par Martine Aubry. Mais elle n'exclut rien pour les futures primaires.
Dans le scandale Bettencourt-Woerth, Eva Joly déclare que «ce n'est pas une plainte en diffamation qui va (l')arrêter». Le bureau national du PS maintient ses questions au ministre du travail. Et Ségolène Royal estime que «le système Sarkozy est corrompu».
Une fois de plus Ségolène Royal se prévaut de son expérience en tant que présidente de région, réélue dès le premier tour lors des dernières élections régionales. Nous avons publié une enquête en trois volets sur sa gestion de ce territoire:
Mediapart décrypte le bilan de Ségolène Royal à la tête de la région Poitou-Charentes et sa fameuse «politique par la preuve», tant vantée par la présidente socialiste dans les médias nationaux. Premier volet: son action, marquée par un fort volontarisme politique et médiatique en matière économique et environnementale, ainsi que par une «gestion directe» des subventions, au plus près des habitants.
Mediapartdécrypte le bilan de Ségolène Royal à la tête du Poitou-Charentes et sa fameuse «politique par la preuve», tant vantée par laprésidente socialiste dans les médias nationaux. Deuxième volet de notre enquête: la gouvernance«au-delà des appareils». S'appuyant sur un cabinet resserré et une poignée d'élus ne comptant pas leurs heures, Ségolène Royal est omni et hyper-présidente. Au nom de la «réactivité» mais au risque de court-circuiter toutes les structures intermédiaires.
Mediapart décrypte le bilan de Ségolène Royal à la tête de la région Poitou-Charentes. Troisième volet de notre enquête, un zoom sur la démocratie participative. La démarche avait été beaucoup moquée lors de la campagne de 2007. Sur le terrain, des simples forums aux budgets participatifs des lycées, les expérimentations prennent corps. Avec quelques surprises.
Ségolène Royal, son mouvement de militants et ses rapports avec l'appareil socialiste: retrouvez ci-dessous nos enquêtes.