La montée des fanatismes

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

La secte islamiste Boko Haram qui avait lancé un ultimatum aux chrétiens du Nigeria pour qu'ils quittent le pays a de nouveau fait parler le langage des bombes. Après les attentats de Noël qui avaient fait une cinquantaine de morts à la sortie d'un office religieux et malgré l'instauration de l'état d'urgence, le calvaire des chrétiens du Nigeria continue donc avec ces nouvelles victimes innocentes.

Peut-être n'aurait-on guère fait de cas de ces événements si l'ONG Portes ouvertes France, d'obédience protestante, n'avait présenté au même moment à Strasbourg son «index de persécution» des chrétiens à travers le monde. Un index d'où il ressort justement que le Nigeria s'est tristement illustré en 2011 puisqu'il est monté de dix places passant à la 13e place, trois cents chrétiens y ayant été assassinés en raison de leur foi l'an dernier. L'ONG que l'on ne peut pourtant pas accuser d'alimenter la fameuse «guerre des civilisations», pas plus d'ailleurs qu'on ne peut reprocher aux chrétiens de tirer sur la corde de la victimisation, relève que les pays musulmans sont très présents dans le classement des 50 pays du monde où les persécutions sont les plus fortes.

En effet, même si la Corée du Nord - entre 50.000 et 70.000 chrétiens seraient enfermés dans des camps de concentration - tient pour la dixième année consécutive la première place de ce sinistre hit-parade, les pays musulmans y sont très présents. Neuf dans les dix premiers et 38 parmi les 50! Plus inquiétant: les «révolutions» arabes ont contribué à aggraver le sort des chrétiens vivant dans les pays concernés.

Ce n'est évidemment pas une révélation en ce qui concerne l'Égypte dont chacun se souvient de l'attentat qui avait fait 21 morts le 1er janvier 2011 dans une église copte d'Alexandrie ou de la répression sanglante d'une manifestation en octobre dernier au Caire faisant 27 morts. L'ONG met par contre en évidence la montée de l'intolérance religieuse en Tunisie, en Libye, au Maroc ou au Yémen. Elle s'inquiète que le «Printemps arabe» ne débouche sur... un «Hiver chrétien». Une inquiétude qu'il faut évidemment relativiser en se rappelant que les «révolutions» génèrent toujours en un premier temps des tensions et des incertitudes, des crispations et des méfiances réciproques, des excès qui au fil du temps peuvent s'apaiser. La normalisation et la pacification ne se font, en effet, jamais en un jour.

Pour autant, il faut entendre ce signal d'alarme. Ne serait-ce que parce qu'il fait écho à une autre alerte, lancée cette fois-ci par l'écrivaine et journaliste tunisienne Fawzia Zouari. Celle-ci, dans Libération, s'interroge sur ces révolutions. Et se demande si l'Occident n'a pas «soutenu la victoire des mâles musulmans et consacré la défaite des femmes qui aspirent à l'égalité et à la laïcité». C'est une excellente question.

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article