La marée noire ravive la polémique sur les forages en mer

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart-copie-1 06/08/2010

«Drill, baby, drill» («fore, bébé, fore») chantaient les républicains lors de leur dernière convention en 2008. Une marée noire et plus de 500 millions de litres de pétrole déversés dans le golfe du Mexique plus tard, les manifestations d'enthousiasme face au forage de pétrole en mer se sont faites beaucoup plus rares. En dépit des annonces de BP qui affirme être parvenu à boucher le puits à l'origine de la fuite, le débat sur l'opportunité de poursuivre les forages le long des côtes américaines est toujours aussi sensible. Les républicains, auparavant hérauts intransigeants de l'indépendance énergétique, sont amenés à interroger leur soutien aux forages le long des côtes américaines, à l'image d'Arnold Schwarzenegger qui a annoncé en mai dernier retirer son soutien aux forages en Californie.

                   
La série de valses-hésitations de Barack Obama au sujet du forage en mer illustre bien la situation paradoxale dans laquelle se trouvent les Etats-Unis. Le premier pays consommateur de pétrole au monde balance entre deux objectifs potentiellement contradictoires: assurer son indépendance énergétique et protéger son économie maritime. 

Le 31 mars 2010, Obama annonce l'ouverture de nouvelles zones à l'exploration pétrolière et gazière au large des côtes, un choix qui provoque la colère des écologistes. Il justifie cette mesure par la volonté d'effectuer un passage en douceur vers de nouvelles sources d'énergie. Mais l'explosion de Deepwater Horizon le 20 avril 2010 le contraint à faire marche arrière. Le président américain impose un moratoire de six mois sur les forages en haute mer. Plus précisément, ce moratoire met fin à 33 projets d'exploration de forages et suspend des permis d'exploration récents, mais ne concerne pas les 3.000 plateformes déjà en activité.

En juin, un juge de la Nouvelle-Orléans annule cette décision après avoir été saisi par 32 compagnies pétrolières. Le jugement est confirmé le 8 juillet par une cour d'appel qui a estimé que le gouvernement n'avait pas prouvé que les forages pourraient entraîner des «dommages irréparables». Enfin, Obama serait aujourd'hui disposé à lever le moratoire sur les forages pétroliers avant novembre, si certaines conditions qu'il a énoncées sont remplies.

Dans le débat sur le forage de pétrole en mer, les pro-forages mettent en avant la nécessité d'assurer l'indépendance énergétique des États-Unis. Pays le plus gros consommateur de pétrole (20,59 millions de barils de pétrole par jour, à peu près trois fois plus que la Chine, deuxième plus gros consommateur), les Américains disposent également de ressources importantes. Ces réserves proviennent en particulier des forages dits «offshore», c'est-à-dire se trouvant dans des zones situées à plus de 1.000 mètres de hauteur d'eau. Sur les 450 champs de pétrole découverts en haute mer, 35% se trouvent dans le golfe du Mexique aux Etats-Unis (source: documents IFP).          

 

Samuel Thernstrom, directeur adjoint du «projet Geoengineering» à l'AEI (Institut américain de l'entreprise, think tank conservateur), résume dansune contribution publiée dans le New York Times l'intérêt que peuvent avoir les forages pétroliers sur les côtes américaines. «Le forage en mer est une bonne politique pour une raison simple: l'Amérique va utiliser beaucoup de pétrole dans de nombreuses années à venir, et, dans la balance, il paraît pertinent d'en produire plus chez nous qu' à l'étranger. Les standards environnementaux sont plus exigeants, et le risque pris en transportant du pétrole par cargos sur l'océan est en fait plus grand. La production domestique de pétrole crée également des emplois et des revenus fiscaux que l'Etat peut utiliser dans un objectif environnemental (...)». 

C'est un autre problème soulevé par les défenseurs des forages: est-il légitime de laisser la charge d'extraction du pétrole à des pays comme le Nigeria ou le Kazakhstan, qui bénéficient de dispositifs de sécurité beaucoup moins élaborés que les Américains? Lisa Margonelli du think tank New America Foundationexplique que le moratoire sur le forage imposé par Obama représente à ce titre «un problème moral». Elle prend l'exemple du Nigeria qui, dit-elle, «connaît l'équivalent, chaque année depuis 1969, de la marée noire de l'Exxon Valdez».  

Chez les anti-forages, on ne manque pas non plus d'arguments économiques. Les forages en mer sur les côtes américaines menacent, disent-ils, une économie maritime extrêmement lucrative. C'est ce que souligne, toujours dans le New York Times, Frances Beinecke, membre du groupe écologisteNRDC: «Non seulement nos écosystèmes côtiers sont en jeu, mais également notre économie basée sur l'océan, qui chaque année génère plus de 230 milliards de dollars et fournit plus d'emplois que tout le secteur agricole».   

 

Les conséquences sur l'écosystème des marées noires sont également pointées du doigt par les anti-forages. Ils trouvent d'ailleurs dans la diffusion des images de la marée noire du golfe du Mexique un bon moyen pour dégoûter l'opinion publique américaine des forages en haute mer. Le groupe écologiste NRDC a par exemple mis en ligne une vidéo compilant les photos les plus édifiantes du drame. 
Certains experts tentent enfin de chiffrer la valeur économique des espèces détruites par la marée noire. L'océanographe James H. Cowan relève par exemple que le marché de la crevette pêchée dans le golfe du Mexique est évalué à plusieurs millions de dollars.                 

Ce serait peut-être une façon de réconcilier défenseurs et opposants au forage en mer. L'amélioration de la sécurité des forages permettrait de préserver les côtes américaines tout en continuant à forer. Cependant, les conditions d'exploitation des forages sont toujours délicates. Comme l'explique Sylvain Serbutoviez, ingénieur à l'IFP (institut français du pétrole): «Au-delà des 200 mètres, l'exploitation ne se fait plus avec des plateformes fixes mais avec des installations flottantes, et l'intervention humaine n'est plus possible. Par ailleurs, à cette profondeur, les conditions de température et de pression deviennent très sévères et rendent à la fois les conditions d'exploitation (formation d'hydrates) et d'intervention beaucoup plus difficiles (robots).»


Dans un éditorial intitulé «We can't give up» («Nous ne pouvons pas abandonner»), David B. Burnett, le directeur du Global Petroleum Research institute, plaide pour continuer les forages en mer qu'il juge incontournables, en faisant confiance aux ingénieurs pour trouver des solutions afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Il compare les responsables du forage de pétrole à la Nasa après l'explosion de la navetteChallenger. «Comme la Nasa, nous ne pouvons pas dire comment cet événement pourra être évité à l'avenir jusqu'à ce que les équipes qui gèrent le désastre expliquent ce qui est arrivé. Ces équipes vont déterminer la cause de l'accident et vont diffuser des nouvelles pratiques pour qu'un tel événement ne puisse plus se reproduire.»

Des grandes compagnies pétrolières comme Exxon Mobil et Royal Dutch Shell ont annoncé consacrer un milliard de dollars à la mise en place d'un nouveau système permettant de descendre jusqu'à 3.000 mètres de profondeur. La sécurité de ces nouvelles structures sera donc à surveiller de très près.                       

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Publié dans Ecologie

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C
<br /> Oui sans pbs je vous invite à faire de même pour la newsletter<br /> <br /> http://claudelguillaume.over-blog.com/<br /> <br /> http://jeunes-d-avenir-agglo76.over-blog.fr/<br /> <br /> Guillaume CLAUDEL<br /> Coordinateur Régional des JDA Hauts - Normands<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Merci pour ce commentaire, et pour les encouragements. Je vois invite a vous ya abonner et critiquer bien sur<br /> Cordialement<br /> Serge<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Tout mes encouragements pour ce blog !<br /> <br /> <br />
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