LA HONTE AU FRONT

Publié le par DA Estérel 83

CharenteLibre Jacques GUYON 15/09/2010

Pour Nicolas Sarkozy, les mauvais sondages se suivent et se ressemblent. 62% des Français se disent désormais défavorables à son action.

C’est un triste record sous  la Vème République. Pourtant, si le dernier baromètre Ispos-Le Point de septembre est cruel et montre un président en perte de vitesse constante, y compris au sein des sympathisants de l’UMP, on y découvre par contre une  nouveauté: il  gagne 20 points d’un seul coup chez les sympathisants du Front national.

Pas besoin d’aller chercher bien loin pour comprendre cette remontée: le discours ultra-sécuritaire de Grenoble évidemment. Si on regarde cette percée sous le seul prisme de la tactique électorale en vue de la bataille de 2012, on serait de dire «bravo l’artiste»! Une fois encore Nicolas Sarkozy a su trouver l’angle d’attaque et frapper là où il fallait pour échapper -en partie- à l’antienne lepeniste martelant qu’il vaut mieux «voter pour l’original que pour la copie».

En cravachant sans retenue le cheval de l’insécurité, en amalgamant sans vergogne  délinquance et immigration, en  détournant  sans ambages sur les Roms l’échec d’une politique qui fait plus de bruit qu’elle ne  donne de résultats tangibles, Nicolas Sarkozy aura donc réussi à se mettre dans la poche une partie de l’opinion toute prête à penser que, décidément et une fois pour toutes,  «l’enfer c’est les autres».

Si par contre, on s’abstrait  de cette logique de cuisine électorale -et pour cela il suffit de ne plus se pincer le nez- impossible de ne pas s’alarmer  du  prix à payer pour parvenir à pareille «embellie».

Nous avons déjà dit à quel point il est dangereux de jouer avec le feu dans un pays dont l’histoire nous enseigne qu’il peut avoir des réveils aussi imprévisibles que redoutables. Mais voilà qu’en plus des risques de déchirure du tissu national, la France se retrouve chaque jour un peu plus confrontée aux critiques internationales. Après la presse étrangère, après l’ONU, voilà qu’hier Paris a du essuyer une gifle d’une rare violence administrée par Bruxelles.

Dans une texte lu à la tribune -et dont chaque mot avait donc été pesé...- Viviane Reding, en charge de la Justice et des droit fondamentaux au sein de la Commission européenne a menacé Paris de poursuites judiciaires pour non respect de la législation de l’UE concernant la trop fameuse circulaire ciblant expressément les Roms.  Elle l’a fait en parlant de «honte», en expliquant que sa «patience avait des limites» ou encore en accusant le gouvernement de «duplicité». Une charge à faire monter le rouge aux joues et qui réduit à néant la chansonnette entonnée par des ministres ou des responsables de l’UMP tendant à faire croire que la France est exemplaire par rapport à d’autres pays dans cette affaire.

Aujourd’hui, c’est à Bruxelles qu’on fait le parallèle entre l’expulsion des Roms et la Deuxième Guerre mondiale. Excessif sans doute. Mais terriblement humiliant pour le pays... des droits de l’Homme.

 

 

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Publié dans Politique

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<br /> une femme qui porte bien son prénom.....bravo<br /> <br /> <br />
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