La droite accentue ses attaques contre Dominique Strauss-Kahn
La droite a redoublé de critiques dimanche contre Dominique Strauss-Kahn, candidat potentiel du Parti socialiste à la présidentielle, déclenchant la colère des partisans du patron du FMI.
Pour le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, l'ancien ministre de l'Economie incarne une "gauche ultra-caviar". Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, a jugé de son côté qu'il représentait "plutôt bien" les bobos, les électeurs "bourgeois-bohème".
"Ce n'est pas l'image de la France, de la France rurale, de la France des terroirs et des territoires", a estimé le député sur Radio J.
"Dire que 'DSK' n'est pas à l'image de la France, c'est sous-entendre qu'il est un étranger, un apatride, membre du 'parti de l'étranger', voire malheureusement bien autre chose", a riposté Jean-Christophe Cambadélis dans un communiqué.
"Ce propos dépasse la simple controverse voire il touche aux principes républicains", estime le député de Paris.
Pour Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, "la droite ne réprime plus sa hargne et laisse son inconscient s'exprimer". "Encore un peu de temps et ils parleront comme Déroulède ou Maurras au temps des Ligues", ajoute-t-il dans un communiqué.
La droite a accentué ses attaques après la publication des confidences de l'épouse de Dominique Strauss-Kahn, la journaliste Anne Sinclair, qui a expliqué dans Le Point ne pas souhaiter qu'il brigue un deuxième mandat à la tête du FMI.
La petite phrase a relancé les spéculations sur le retour en France de l'ancien ministre de Lionel Jospin, consacré comme le présidentiable socialiste préféré des Français par les sondages.
Le PS doit désigner son candidat à la présidentielle par le biais de primaires pour lesquelles les candidatures doivent être déposées avant le 13 juillet. Le scrutin aura lieu en octobre.
PRIMAIRES DE BOBOS OU "PETITE MOULINETTE"?
Sur radio RCJ, Pierre Lellouche a douté de la capacité de Dominique Strauss-Kahn à rassembler la gauche.
"C'est un bon candidat mais en même temps est-ce qu'il rassemble son propre camp ? Parce que c'est quand même la gauche ultra-caviar", a dit le secrétaire d'Etat. "Beaucoup de gens de gauche que je connais considèrent qu'il est de droite et pas de gauche", a-t-il insisté.
Christian Jacob a raillé pour sa part la stratégie de Dominique Strauss-Kahn, contraint par les statuts du FMI au silence sur ses ambitions nationales.
"Je trouve un peu surprenant qu'un homme d'Etat soit aussi incapable de décider et de trancher, de dire si oui ou non il a l'intention d'être candidat", a-t-il estimé sur Radio J.
"Je ne sais pas si c'est un homme d'argent mais si on le juge à l'aune des 35 heures, ce n'est pas l'homme de la réussite sur le plan de la politique", a-t-il renchéri.
L'ancien ministre de l'Agriculture de Jacques Chirac a attaqué des primaires PS "de bobos", synonymes à ses yeux du "mépris" pour le monde rural.
Les socialistes prévoient de mettre en place 10.000 bureaux de vote pour ce scrutin inédit en France, où l'on dénombre 36.000 communes".
"Une fois qu'on aura installé les bureaux de vote à Paris, à Lyon, à Lille, à Marseille, dans toutes les grandes villes, dans les communes rurales, on dira quoi aux gens? 'Prenez le bus et débrouillez vous pour aller voter'?', a dénoncé Christian Jacob.
Sur Canal +, Dominique de Villepin a souhaité que les primaires socialistes "ne soient pas simplement une petite moulinette où les égos et les intérêts personnels passent devant les vrais débats".
L'ancien Premier ministre, membre de l'UMP, a défendu le silence de Dominique Strauss-Kahn. "Il y a un impératif quand on dirige une grande institution internationale, c'est qu'on n'interfère pas dans la politique intérieure. Il n'a pas le choix. Quand il aura pris sa décision il le dira", a-t-il dit.
Laure Bretton