"La droite a sa part de responsabilité dans la communautarisation"

Publié le par DA Estérel 83

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Le député PS de l'Essonne Julien Dray en 2009.

Quel sera l'impact des drames de Montauban et de Toulouse sur cette campagne ?

Ce qui s'est passé n'est pas une simple parenthèse dans la campagne, qui permettrait de la reprendre là où elle s'est arrêtée. Emotionnellement, la société française est choquée. Elle va, inévitablement, se poser beaucoup de questions, qui renvoient malheureusement à des maux profonds.

On ne parle pas d'un noyau terroriste venant de l'extérieur pour semer la mort. C'est un jeune Français, né sur notre territoire et y ayant vécu l'essentiel de sa vie, qui, dans une dérive et une sorte de désintégration personnelle, s'est identifié au combat fondamentaliste contre un Occident fantasmé.

Ce profil n'est-il pas politiquement dommageable pour la gauche, qui peut désormais moins facilement contester certaines thématiques de prédilection de Nicolas Sarkozy ?

Dommageable pour ceux qui voudraient nier une réalité malheureusement installée dans la société française. Cette réalité trouve ses racines dans la crise sociale, dans la relégation des quartiers, dans la désespérance à l'égard d'un modèle républicain qui ne tient pas ses promesses.

La République a sorti à juste titre la pratique de l'islam des caves où elle s'était enfermée dans les années 1990. Mais elle a, en même temps, laissé parfois la pratique religieuse se substituer à l'ordre républicain.

Ce qui serait dommageable, ce serait d'avoir peur et d'esquiver la confrontation avec la droite qui, par ses échecs, a sa part de responsabilité dans la communautarisation et la ghettoïsation de certains territoires.

Le PS et son candidat sont-ils armés pour ce débat ?

Ce serait un a priori et une faute pour la gauche que de croire l'inverse par je ne sais quelle mauvaise conscience. Or nous sommes armés si nous ne nions pas la réalité des problèmes, si nous restons adossés au refus du communautarisme. Nous sommes armés si nous disons oui à toutes les pratiques religieuses, mais dans le respect des règles de la laïcité. Nous sommes armés si nous ne montrons aucune faiblesse dans l'application de ces règles. Et dans le dialogue que nous devons avoir avec ceux qui organisent les pratiques culturelles et cultuelles, nous devons êtres exigeants pour qu'eux aussi fassent vivre et transmettent ces principes de laïcité.

François Hollande a-t-il eu raison d'adopter la posture du "président bis" ?

François Hollande a jugé, à juste titre, que sa responsabilité était de créer les conditions de l'unité nationale et du respect. J'aimerais penser que, dans la situation inverse, l'actuelle majorité se serait comportée de même.

L'enquête a-t-elle été menée de façon satisfaisante ?

Il y a beaucoup de zones d'ombre. J'attends simplement que l'on me donne toutes les explications sur son déroulé. On le doit aux victimes, aux familles et au pays.

Et l'assaut mené par le RAID ?

Le choix qui a été fait en matière d'interpellation aurait pu être différent. On aurait peut-être pu éviter cette mise en spectacle, cette théâtralisation qui a duré plus de trente heures. Dire cela, ce n'est pas remettre en cause le travail des services et, notamment, du RAID. Ceux qui nous accusent d'instrumentaliser le drame sont justement ceux qui instrumentalisent le travail de ces services pour se protéger de ces interrogations. Je refuse ce chantage. On ne nous refera pas le coup de la mise en scène obsessionnelle de la violence dans la campagne présidentielle de 2002.

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Publié dans PS

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