L’isolement historique de Nicolas Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par Renaudot

Nicolas Sarkozy, le 16 avril 2012 - © REUTERS / Charles Platiau

Nicolas Sarkozy, le 16 avril 2012 – © REUTERS / Charles Platiau

Même Jean-Marie Le Pen, en 2002, avait bénéficié d’un appel à report de voix en sa faveur au second tour. Cet appel provenait de Bruno Mégret.

Nicolas Sarkozy inaugure donc une situation politique inédite en cette élection présidentielle de 2012.  Sur les neuf autres candidats présents au premier tour, aucun n’appelle à voter pour lui et aucun n’indique voter pour lui à titre personnel alors que son concurrent François Hollande engrange et les uns et les autres.

Que les candidats de gauche se prononcent pour François Hollande au second tour, il n’y a là rien d’exceptionnel. Mais on notera tout de même la rapidité et l’inconditionnalité de certains de ces appels, notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon et d’Eva Joly, la volonté de battre Nicolas Sarkozy ayant balayé toutes les réticences et renvoyé à plus tard les calculs.

A droite, du fait du choix stratégique du président sortant d’éliminer tout concurrent afin de terminer le premier tour en tête de tous les candidats, les possibilités de report et d’appels au vote en sa faveur étaient limités. Seul Nicolas Dupont-Aignan entre dans cette catégorie mais il a fait le choix du « ni ni ».

A l’extrême-droite, Marine Le Pen, malgré les tentatives de rapprochement d’une partie du camp sarkozyste – le lapsus de Gérard Longuet ce matin sur le « nous, au Front national » est oh combien révélateur –, campe sur la position traditionnel du Front en renvoyant dos à dos la gauche et la droite.

Au centre, quoi qu’on en disent certains commentateurs, l’annonce de François Bayrou qu’il votera, à titre personnel, en faveur de François Hollande, est une surprise et constitue une véritable rupture politique. C’est la première fois en effet qu’un candidat centriste se prononce en faveur d’un candidat de gauche contre le candidat de la droite.

A tout cela, il faut ajouter les prises de position d’une grande partie de la « chiraquie », Jacques Chirac et Dominique de Villepin en tête, en faveur du candidat de la gauche ou contre celui de la droite, et de personnalités politiques dont le parcours n’auraient pas dû les conduire au soutien à François Hollande. Citons pêle-mêle Jean-Jacques Aillagon, Corinne Lepage, Antoine Waechter, Azouz Begag, etc.

Nicolas Sarkozy, par ce qu’il est, ce qu’il a fait et dit pendant cinq ans et durant la campagne, est isolé, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle, comme aucun président sortant ne l’a jamais été. Une situation qui est à la fois la conséquence et le symbole de la présidence de Nicolas Sarkozy.

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Publié dans SARKOZY

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