L'hyper-décodeur
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Jacques Guyon 16/11/2010
Trois chaînes de télé réquisitionnées afin de faire un maximum de téléspectateurs au 20-heures de ce soir, une intervention élyséenne déjà annoncée pour durer plus d'une heure et demie: à l'évidence, même Nicolas Sarkozy a compris que l'épilogue du feuilleton «remaniement» qu'il avait pourtant soigneusement scénarisé depuis quatre mois méritait un sérieux décryptage au risque de passer pour le plus beau flop de son quinquennat.
Précédant son désormais hyper Premier ministre qui s'exprimera lui à l'Assemblée le 24 novembre, l'hyper Président va donc tenter de persuader ses troupes qu'il ne néglige aucune de ses composantes. Mais surtout convaincre les Français qu'une nouvelle ère s'ouvre désormais et que tout va changer puisque presque rien ne change. Et pour ça, Nicolas Sarkozy n'aura pas trop de 90 minutes...
Il lui faudra convaincre les centristes et les radicaux de ne pas prendre le départ de Jean-Louis Borloo comme un coup de canif radical dans le contrat de mariage UMP. Le cauchemar de l'Elysée pour 2012 est en effet un 21 avril à l'envers, une multiplication des candidatures à droite - Villepin, Morin, Boutin, Borloo - conduisant à l'élimination dès le premier tour de Nicolas Sarkozy. Si l'entrée au gouvernement de deux nouveaux centristes peut certes calmer le jeu, les risques de voir leurs électeurs se rallier à un Villepin ou encore rejoindre Bayrou sont par contre loin d'être à négliger.
Comment ces Français ne seraient-ils pas déboussolés par le coup de barre violent donné cet été vers l'extrême-droite avec le discours de Grenoble sur la sécurité, l'immigration et les Roms ? A l'inverse, Nicolas Sarkozy devra justifier auprès de la frange la plus droitière de son électorat le sabordage du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Un sabordage qui fait déjà les choux gras de Marine Le Pen...
Plus difficile encore à convaincre: les électeurs écologistes. Après avoir vu rogner les promesses du Grenelle, ils ne perdent pas seulement Borloo mais doivent constater avec amertume, comme ce bon M. Hulot l'a fait hier, que l'énergie quitte la sphère de compétence du ministère de l'Environnement mettant ainsi un coup d'arrêt brutal à la grande politique de développement durable. Une politique dont le nouveau locataire de l'Elysée s'était pourtant fait le chantre grandiloquent quand il promettait de faire de la France un modèle pour la planète.
Nicolas Sarkozy aura enfin l'énorme tâche de convaincre les Français de la cohérence de son action, lui qui au fil du temps brûle allégrement les totems qu'il a lui même érigés: la diversité (départ de Rama Yade et Fadela Amara), l'ouverture (Kouchner et Bockel), la rupture (retour en force des chiraquiens).
Nicolas Sarkozy devra être bon, très bon ce soir pour prouver à Roland Cayrol, fondateur de l'institut de sondages CSA, qu'il avait tort quand il disait hier «les Français vont retenir que rien ne change».
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...j'avais cru entendre et comprendre pendant la campagne électorale que nous allions vers la "rupture" !!!
Drôle de rupture que ce retour aux pires heures de la chiraquie pompidolienne et de ce clan qu'était le RPR et qui à nom aujourd'hui UMP ...
Le machin a du mal prier devant la croix de Colombey les deux églises ... ou bien il n'a pas pu se concentrer à cause de la présence de ce fieleux de Fillon
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