L’Etat de droit et Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1 Guy Sitbon 12/09/2010

Guy Sitbon répond à l’article d’Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit, publié par Marianne2 et intitulé : «L’Etat de droit suffit-il à condamner la politique de Sarkozy ?». Un texte qui a hérissé notre collaborateur : pour lui, le président s’est volontairement placé sur le terrain de l’illégalité.
Madame la professeuse Anne-Marie Le Pourhiet,auteuse de l’article sur l’Etat de droit et Sarkozy, a tout lieu de se réjouir : sa prose a trouvé asile sur le site Marianne2. Ce n’est pas un mince exploit pour son texte.

Sans être professeur de droit, j’ai vagabondé jadis dans les travées des études juridiques et j’ai tout lieu de me réjouir de n’avoir pas eu Madame Le Pourhiet pour veiller à ma formation.

Le Président de notre République et le gouvernement ont, ces derniers mois, de propos délibéré, fait éclater une cascade de scandales. Le premier à Grenoble : les Français « d’origine étrangère » se verront déchoir de leur nationalité s’ils commettent telle ou telle infraction. Le discours n’était pas improvisé, il était écrit et ânonné. Une proclamation officielle. A t-on le droit de créer deux catégories de citoyens : les Français de plein droit et les autres « d’origine étrangères ». Est-il légitime de traiter le Président et son épouse plus trente millions de leurs compatriotes en métèques de seconde zone. Le schtroumpf qui s’en est suivi est dû à l’expression présidentielle « d’origine étrangère ». Si elle avait incriminé les « naturalisés depuis moins de dix ans », la déclaration serait passée inaperçue et l’Elysée n’aurait pas obtenu l’effet recherché. Pour mettre le monde sens dessus dessous, le président se devait de prendre place dans l’illégalité pure et simple. En restant muette sur le discours de Grenoble, Madame de Pourhiet évoque bien des choses, pas la politique de Sarkozy. Du reste, les administrations chargées de recycler le discours en textes juridiques, se sont empressées d’oublier « les gens d’origine étrangère » et deviennent raisonnables. Là, il ne s’agit plus de politique, il s’agit de droit et les juristes de nos ministères ne sont pas plus idiots que d’autres, ils pondent des textes généralement passables.

Autre esclandre : la condamnation à trois ans de prison des « parents de mineurs délinquants » sans autre précision. Boucan planétaire. Si on avait désigné « les parents complices de leurs enfants » personne n’aurait bronché et le coup politique aurait été raté. Là encore, le président a tenu à se situer dans l’illégalité.

Pour les Roms, Sarkozy a flanqué le bordel en mettant dans un même sac les Tsiganes, français depuis cinq siècles et leurs semblables entrés en France depuis trois mois. Il savait parfaitement ce qu’il faisait, il ne cherchait qu’à remuer l’immonde  toujours latent en tout un chacun et à pêcher des voix dans nos fanges. 

Bien sûr, les juges ont le devoir d’appliquer la loi en l’interprétant en leur âme et conscience. Qui donc s’est élevé contre la répression de la mendicité agressive, de l’occupation du bien d’autrui, du séjour illégal sur un territoire ou du vol à main armé ? En démocratie, comme en tout autre régime, nul n’est au-dessus des lois. Pas même le Président de la République. La professeuse Le Pourhiet aurait pu mettre ses lumières au service de nos lecteurs et répondre à cette question : Une chef d’Etat qui incite à la haine doit-il être poursuivi au cours ou au terme de son mandat ?

 

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Publié dans Justice

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