L'austéritéà pas comptés

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Comme son conseiller spécial Henri Guaino, le Chef de l'Etat n'aime pas le mot «rigueur». Un gros mot qu'il ne prononce jamais... en ce qui concerne l'économie française. Car aux yeux de l'Elysée, comme l'explique le premier, la rigueur «renvoie à des expériences politiques qui n'ont pas été des succès remarquables».

Le sale boulot, comme il se doit, sera donc laissé au Premier ministre, François Fillon qui entre son discours de Morzine, samedi, et la conférence de presse prévue ce midi à Matignon va décliner un nouveau train de mesures d'économies sous le refrain Churchillien «du sang, de la sueur et des larmes». Dans le registre dramatisation, Fillon n'hésite jamais. En 2007, alors au grand dam de Sarkozy, il s'était déclaré «à la tête d'un pays en faillite».

En Haute-Savoie, il a annoncé pour 2012 «l'un des budgets les plus rigoureux depuis 1945», alors qu'à l'Elysée les débats font rage pour déterminer où gratter huit malheureux milliards d'euros dont chacun sait qu'ils ne feront pas le compte. «Nous sommes dans une configuration dangereuse où se combinent des prévisions de croissance en baisse et des taux de chômage jamais atteints.

Un cercle vicieux s'est installé, fait de croissance réduite, de rééquilibrage budgétaire qui freine la reprise et d'indécision politique». Ainsi parle Christine Lagarde, bien moins langue de bois à la tête du FMI que quand elle était ministre de l'économie. L'ancienne patronne de Bercy sait que le maigre 1 % de croissance retenu finalement pour 2012 risque fort d'être devoir rapidement revu à la baisse.

Contrairement à ses homologues irlandais, grec, espagnol et portugais, Nicolas Sarkozy se refuse à tout plan de rigueur ambitieux, préférant la technique du saupoudrage le moins douloureux socialement et électoralement, en apparence tout du moins. Ayant saisi la crise et l'expérience de sa gestion comme principal argument pour sa réélection, il croit encore pouvoir conjurer un échec en 2012 en jouant sur les claviers d'une rigueur dont le nom est politiquement incorrect. Depuis des mois la partition sarkozyenne sur l'austérité tient du funambulisme et du calcul à court terme où toute augmentation ciblée de recettes publiques est parallèlement chiffrée en nombre d'électeurs potentiellement perdus. La méthode se veut pragmatique qui entend masquer le plus longtemps possible les ravages enregistrés et à attendre de cette crise à l'amplitude bien plus grande que celle induite par la faillite de Lehman Brothers.

Son talon d'Achille est une forme d'improvisation, une réactivité à chaud, marque de fabrique du sarkozysme qui ne constitue plus forcément un argument de vente faisant recette...

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Publié dans Politique

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