L'alchimiste
Novembre 2008. Le PS est à l'agonie, après un congrès de Reims rongé par les divisions. Le dernier acte de François Hollande à la tête du premier parti de gauche est un fiasco. Lui, l'énarque et ancien d'HEC, petit-fils prometteur de la Mitterrandie dans les années 1980, fils spirituel de Jacques Delors au début des années 1990, et compagnon de route de Lionel Jospin sous la gauche plurielle, ramasse toutes les critiques. Il est plus moqué que jamais, du «Schtroumpf hilare» de Jean-Luc Mélenchon, au «M. Petites blagues» et «fraise des bois» pour Laurent Fabius, en passant par le «flamby» des Guignols.
Il se retrouve seul, dans un bureau, avec son fidèle parmi les fidèles, Stéphane Le Foll, inusable directeur de cabinet au siège de Solférino. «On se retrouve en tête à tête. Après onze ans passés à la tête du parti, ça fait drôle... Là, je lui demande: tu veux faire quoi maintenant?», raconte Le Foll.
Trois ans plus tard, l'alchimiste Hollande est désigné candidat du PS à la présidentielle, battant au second tour Martine Aubry dans le cadre d'une primaire citoyenne réussie et inédite, par 56% des voix contre 44%. Il est parvenu, sans que l'on ne sache encore vraiment comment, à transformer le plomb de son passif à la tête du PS, en résurrection dorée aux portes de l'Elysée. Jusqu'ici, son image était semblable à celle d'un de ses modèles corréziens, le député radical-socialiste de Corrèze Henri Queuille, un symbole d'opportunisme sous la IVe République. Mais aussi un homme d'Etat, trois fois président du conseil.
Dans les ruines du parti
A la tête du PS onze ans durant, Hollande n'a connu que des succès aux élections locales, succès partagés avec des barons cumulards sur lesquels il a assis son autorité, sur fond de triches et de bourrages d'urnes récurrents. Sous son règne, le parti n'a réuni que des conventions prétextes, sans aucun travail collectif préalable. Il a voté à l'inverse de la majorité du peuple de gauche au référendum européen de 2005. Quant aux manifestations, le PS n'y participe plus, n'ayant ni le goût de la radicalité ni celui d'être mal accueilli dans les cortèges. Enfin, à force de grandes synthèses vagues de congrès, il a sacrifié toute une génération politique, noyée dans l'unanimisme consensuel accompagnant le néolibéralisme triomphant.
En novembre 2009, Hollande faisait alors le bilan de son mandat de premier secrétaire, et confiait sur ce sujet à Mediapart:
«Dès lors que les rénovateurs se lançaient pour un combat en faveur d'une VIe République parlementaire, contre les institutions européennes et critiques de la politique économique que nous avions suivie, la synthèse n'était pas possible entre des intérêts inconciliables. Je ne contestais pas leur souhait de rénovation et je trouvais regrettable que cette génération ne puisse donner sa pleine mesure. Je me suis donc retrouvé, sans que j'aie à le souhaiter ou à le regretter, avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, et beaucoup d'autres, moins parce que je les avais sollicités que parce qu'ils étaient à ce moment là sur la même ligne que moi».
Cette ligne politique, au-delà des grands écarts idéologiques des synthèses qu'il réalise, demeure la même depuis ses débuts au Parti socialiste. La même depuis les années 1980, quand il crée «les Transcourants» au sein du PS, après avoir publié en décembre 1984 dans Le Monde une tribune fondatrice: «Pour être de gauche, soyons démocrate». Ce point de vue, co-signé par Jean-Pierre Jouyet, Jean-Pierre Mignard, Ségolène Royal ou Jean-Yves Le Drian, vise à recentrer la social-démocratie, sur le modèle du parti démocrate américain.
«Affirmer, au-delà du clivage gauche-droite, les principes sur lesquels notre société doit impérativement reposer»,écrivaient-ils. Vingt-cinq ans plus tard, Hollande entend toujours «reconquérir l'espace social-démocrate, sans complexe par rapport à François Bayrou et sans mauvaise conscience par rapport à l'ultra-gauche, avec qui il faut discuter mais qui nous combat», nous expliquait Michel Sapin en 2009.
Selon le Canard enchaîné de cette semaine, l'ami de 20 ans Julien Dray aurait déjà pris langue avec la dirigeante du MoDem Marielle de Sarnez, afin de préparer un éventuel accord de gouvernement, ce que dément François Bayrou. Si Hollande a toujours privilégié pour le PS des alliances prioritaires avec les écologistes et le PCF, il assume désormais bien plus clairement sa logique de centre-gauche«responsable» et «crédible», soucieux de ne surtout pas«donner de fausses illusions».
Gagner là où il a renoncé
Quand il passe son tour lors de la primaire socialiste de 2006, personne ne pouvait imaginer qu'il serait le candidat de 2012. A l'époque, alors qu'il vient de réaliser une synthèse générale au congrès du Mans, réunissant autour de lui nonistes et ouistes (à l'exception d'Arnaud Montebourg) et évitant que la fracture du référendum ne se transforme en rupture irréversible, il aurait pu bousculer son destin, en imposant sa candidature.
«Il n'avait plus qu'à se déclarer. On était tous obligés de s'incliner. Au lieu de ça, il a fait des blagues...», racontait, amer, un Henri Emmanuelli alors prêt à le soutenir. Questionné par nos soins, Hollande répondait en novembre 2009: «Le vrai regret que je peux avoir sur ce moment, c'est de ne pas avoir accéléré le calendrier de désignation. En choisissant novembre 2006 au lieu de mars, je laissais la possibilité à quelqu'un, en l'occurrence Ségolène Royal, de perturber le jeu».
A l'époque, raconte Serge Raffy dans sa récente biographie de François Hollande (Itinéraire secret, Fayard), le Corrézien d'adoption sent que son moment n'est pas venu. Il se sait empêché par la montée en puissance de sa propre compagne, dont il est en train de se séparer. Il a la tête ailleurs. En revanche, il s'accroche au parti et, après la défaite présidentielle, il refuse de donner les clés de Solférino à son ex-femme. Le congrès est repoussé à novembre 2008.
Dirigeant sortant, au lieu de jouer la neutralité, il soutient Bertrand Delanoë et l'adoube comme successeur. C'est un geste contre-productif, faisant du maire de Paris le candidat continuateur du «passif Hollande»: lourdement sanctionné dans les urnes militantes, il fait seulement 25% des voix, derrière le texte de Royal et à égalité avec celui d'Aubry. Delanoë se retire. Hollande est sur la touche et se contente dès lors d'arbitrer une dernière fois les inélégances socialistes. C'est même lui qui va accepter, via son complice Daniel Vaillant, la victoire contestée de Martine Aubry par 102 voix d'avance. Le vieux parti est sauvé des griffes de Ségolène Royal, et le député et nouveau président du conseil général de Corrèze peut entamer sa rénovation à l'abri des grands médias.
Une traversée du désert pour se reconstruire
François Hollande va alors agir comme Jacques Chirac en 1993/94 et organise une tournée en régions pour reprendre langue avec le pays. Se faire oublier de la vie nationale, pour mieux entamer sa reconquête. «Il est dégagé de ses responsabilités et n'a plus à faire sacrifice de sa personne au nom de l'intérêt du parti, nous racontait alors Faouzi Lamdaoui, l'un de ses fidèles aujourd'hui chargé de ses relations presse. Aujourd'hui, il n'a plus à gérer un ensemble de paroles, il a plus de liberté pour dépasser le strict cadre de 200.000 adhérents et peut développer sa propre vision.»
D'abord opposé au principe de primaires ouvertes, il est contraint de s'y ranger. Alors il s'organise et sillonne la France. L'opération reconquête commence à Lorient, où il réunit son club Changer à gauche et dévoile ses idées pour la France.
Le chouchou des sondages
Un an plus tard, son travail commence à payer, ainsi que nous le disait Michel Sapin en novembre 2010: «Il y a six mois, quand on parlait de l'hypothèse François Hollande, c'était accompagné d'un sourire au mieux sympathique, toujours un peu compatissant et de toute façon dubitatif. Il était sorti de la liste des questions posées dans les sondages». Il y est maintenant de retour, classé derrière Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry. Sapin, encore: «Il y a une montée progressive, qui correspond bien à la personnalité de François. On monte les marches, lentement, mais on les monte, une à une.»
En marge du parti, où Martine Aubry ne rate pas une occasion de moquer l'état dans lequel elle a trouvé le PS, Hollande ne se prive pas de savonner la planche à celle qui sera son ultime rivale. Ses proches compliqueront certaines investitures européennes, avant qu'une tentative de putsch soit même imaginée, au lendemain de la déroute des européennes. Cet axe entre proches de Hollande et de Royal n'ira guère loin, en raison du refus de Jean-Marc Ayrault de participer à la manœuvre. Hollande et les siens renâclent régulièrement aux conventions socialistes, sans jamais pour autant présenter de textes alternatifs. Il attend son heure, et construit dans son coin son «rêve français».
A force de ne pas se décourager, la candidature Hollande s'enracine, et il commence même à créer le buzz dans l'interminable attente du dénouement du pacte de Marrakech. Au début de l'année 2011, il développe alors le concept du«président normal», puis du «président neuf». Certes pas le perdreau de l'année, mais un candidat «qui a changé».
De fait, il est parvenu à ne plus être l'homme du parti, refilant le mistigri de l'appareil éléphantesque à Martine Aubry. Et Hollande, propulsé par les sondages après l'affaire DSK, recueille les fruits de sa relation si privilégiée avec la presse, entamée dès les années 1980, quand il assistait Max Gallo au porte-parolat de l'Elysée, puis quand il tint chronique économique au Matin de Paris, au mitan des années 1980, et définitivement consolidée lorsque, à la tête du PS de 1997 à 2008, il invite nombre de journalistes lors de déjeuners où il séduit même les plus réticents.
Progressivement, le député de Corrèze devient le candidat de la presse et des éditorialistes, sous le choc de l'empêchement de Strauss-Kahn. Il occupe le vide et prend un envol fulgurant dans les enquêtes d'opinion. Jean-Luc Mélenchon ne cesse de s'interroger sur cet élan soudain. Il écrit ainsi, sur son blog:
«Comment se faisait-il que dès la disparition de DSK, en cinq jours, alors que Martine Aubry était le numéro deux des sondages, François Hollande soit passé en tête? Quel acte avait-il posé pendant ces cinq jours qui l'avait signalé au grand public en le propulsant si haut, si vite, si fort ? Aucun acte, aucun discours en particulier. Rien. Donc c'était un pur miracle (...) C'est un sondage TNS-SOFRES. Pile poil efficace pour créer la prophétie auto réalisatrice et le panurgisme médiatique habituel après un moment de sidération et en profitant du vide. Ce qui s'est produit. Cela s'appelle du conditionnement».
Hollande va aussi profiter du buzz médiatique provoqué par le soutien de Jacques Chirac, en marge d'une rencontre sur leur terre corrézienne. Un geste qui irrite au plus haut point Nicolas Sarkozy et qui propulse Hollande dans la cour des grands. Celle des prétendants sérieux, capables de convaincre à gauche qu'il peut jouer la gagne, comme de s'inscrire dans le «cercle de la raison» et devenir celui qui peut séduire le centre.
Pourquoi lui?
Son avantage indéniable, tout au long de sa résistible ascension, aura été d'apparaître comme un faiseur de consensus. Il n'y a rien qu'il semble moins aimer que d'apparaître comme rassembleur. Celui qui entend les avis divers et fait la synthèse, toujours la synthèse. Il a finalement davantage essuyé de moqueries et de méchancetés sur son compte, que d'inimitiés véritables.
«Avec lui, on peut toujours négocier...», a-t-on entendu récemment chez une partie des proches de Montebourg, tandis qu'un autre estimait «qu'à chaque fois qu'il promet quelque chose, le plus sûr est qu'on ne l'aura pas».
Dans son livre d'entretien paru en 2007, En quête de gauche (éditions Balland), Jean-Luc Mélenchon dresse un portrait idéologique de son meilleur ennemi depuis 20 ans, où il estime qu'«il ne faut pas faire l'erreur de le mépriser». Son désormais adversaire au premier tour de la présidentielle dit ainsi de Hollande:
«Nous sommes chacun les héritiers d'une tradition, d'une histoire et de nos propres actes. Chez lui, la forme rejoint le fond. Le coeur de la ligne "Démocrate" réside dans l'effacement des contradictions qui traversent la société, l'effacement de la notion même d'affrontement. François Hollande incarne ce projet. Je pense notamment à sa manière d'être, le balancement perpétuel de ses arguments qui lui permet de faire toujours passer sa propre position politique pour une évidence entre deux extrêmes absurdes. Il ne faut pas attendre de lui de rudes polémiques théoriques car ce serait le contraire de son projet. C'est le champion d'une figure centrale de l'enseignement de l'ENA que l'on appelle le "balancement circonspect". C'est un sophiste raffiné.»
Sa bonhommie habituelle a perduré malgré son régime si bénéfique en bruit médiatique, et il ne provoque jamais de réelles rancœurs. Beaucoup de ses opposants l'ayant depuis rallié avance le même argument: «On était mieux traité en minoritaire chez Hollande qu'en majoritaire chez Aubry».Sa capacité à obtenir des postes pour tout le monde dans l'appareil socialiste lui a permis de ne jamais réellement fâcher grand monde. Et il connaît son parti par cœur, toujours très apprécié des militants socialistes. «Les fêtes de la Rose, les banquets républicains, il les a tous faits au moins deux fois. Ça a été un voyageur au long cours dans les fédés, et en plus il aimait ça. Il a un réseau, il a un contact aussi», nous expliquait son bras droit Stéphane Le Foll, fin 2010.
Désormais il a rallié autour de lui ses pires contempteurs. Pierre Moscovici, qui ne tarissait pas de reproches sur lui avant que Strauss-Kahn ne soit «empêché», Vincent Peillon, qu'Hollande appelait «le scorpion» en raison de ses méchancetés à son égard, et récemment Arnaud Montebourg, qui pourtant le surnommait «le ventilateur à merde». Même son ex-compagne, Ségolène Royal, qui a dit durant la campagne qu'il n'avait «jamais rien fait en trente ans de politique» s'est rangé derrière lui sans barguigner dans l'entre-deux tours.
Ces critiques ne semblent guère affecter François Hollande, car elles s'adressaient au chef de parti, alors qu'il est un«homme neuf». Durant cette primaire, il aura systématiquement joué au-dessus de la mêlée, et voit sa stratégie, définie longtemps à l'avance, fonctionner à merveille...
Car au-delà de son parcours, et des facteurs externes qui lui ont souri, Hollande a déroulé un plan bâti il y a plus d'un an. A l'époque, sa petite poignée de fidèles -loin des figures les plus connues de la galaxie socialiste, dont seul Michel Sapin a été ministre- nous décrivait le plan de bataille: asséner«trois ou quatre» grands axes -c'était déjà la réforme fiscale, la priorité donnée à la jeunesse, le contrat de génération- et plaider pour une «gauche crédible».
Dans son quasi-programme intitulé Parlons de la France et publié en septembre 2010 (lire ici), Hollande fustigeait la«rigidité conceptuelle» de la gauche, prisonnière, selon lui, des schémas de l'après-guerre et de l'Etat-Providence, et avançait un «réalisme» nécessaire, empreint de discipline budgétaire, pour une «gauche de responsabilité». «Aujourd'hui, être de gauche, c'est être crédible», nous expliquait alors François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon.
Dès cette époque, Hollande assumait le rapport personnel à l'opinion qu'est une élection présidentielle sous la Ve République -«la rencontre d'un homme» avec les électeurs- et s'était persuadé qu'il lui fallait articuler autour de ces axes forts un discours d'espoir. D'où la référence, depuis systématique, au «rêve français», «celui qui débute avec la Révolution française, qui se prolonge avec la République, le Front populaire, la Résistance et mai 1981», selon ses termes, et qui permet à la génération suivante de mieux vivre que la précédente. Une adaptation assumée du «Yes we can»de Barack Obama et une leçon tirée de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007.
Une stratégie définie de longue date
Depuis sa déclaration de candidature fin mars, Hollande n'a fait que dérouler son plan. A la Rochelle, lors des débats télévisés de la primaire, il a consciencieusement cherché à se placer au-delà des tambouilles socialistes, intimement convaincu, encore une fois, que la présidentielle se joue dans un ailleurs du parti. Car ses proches disent aussi de lui depuis de longs mois qu'il est «inspiré» par le rôle, transporté dans une campagne où il ne renâcle à aucun déplacement, et (cette fois) «travaille comme un fou».
A l'inverse des partisans de Montebourg, Royal ou Aubry, qui ratissent le pays à coups de distributions de tracts, de porte-à-porte et de petites réunions publiques pour convaincre, les militants pro-Hollande font à peine campagne. Dans les débats télévisés de la primaire, le député de Corrèze aligne les discours (parfois lénifiants) sans affiner les propositions concrètes. Qu'importe: il est convaincu que l'élection ne se jouera pas sur ce terrain, dans un climat de rejet profond du sarkozysme.
Avec la crise de l'euro, Hollande s'entoure d'économistes (lire notre enquête) à la sensibilité social-libérale marquée,et reçoit le soutien actif de son ami Jean-Pierre Jouyet, rallié au sarkozysme en 2007 (il fût un temps au gouvernement avant de prendre la tête de l'Autorité des marchés financiers). Le député de Corrèze irrite aussi nombre d'écologistes, lui qui a longtemps fait figure de pro-nucléaire et qui refuse toujours de prôner une sortie de l'atome. Il boude la Fête de l'Huma en septembre et considère qu'il «n'y avait pas sa place». Il est rattrapé par la gestion de la fédération de l'Hérault, et intègre dans son équipe de campagne Robert Navarro, exclu du PS et visé par une plainte de Solférino.
Qu'importe: Hollande réalise certes au premier tour de la primaire un score inférieur à celui que lui avait promis les sondages, mais il devance de neuf points sa concurrente directe, Martine Aubry, qui peine souvent à convaincre de son ancrage supposé plus à gauche. Longtemps elle a sous-estimé l'adversaire. Incapable d'imaginer que celui qui a été tant brocardé pour ne pas travailler assez, et avoir asséché la vision politique du PS, puisse la surclasser.
Hollande, lui, a réussi l'exploit d'apparaître dégagé de son bilan aux yeux des électeurs, et de faire croire à sa«nouveauté». L'homme de la synthèse est devenu le candidat«qui apaise». La nuance est subtile. Mais la prestidigitation a fonctionné. Hollande, l'alchimiste, est candidat à la présidentielle et favori, à ce jour, pour remplacer Nicolas Sarkozy à l'Elysée.