Japon: l'erreur «inacceptable» de la Tepco et son PDG malade
L’annonce erronée par l’exploitant Tepco d’un niveau de radioactivité «10 millions de fois plus élevé» que la normale dans de l’eau échappée de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est), est «inacceptable», a jugé lundi le porte-parole du gouvernement du Japon, par ailleurs soumis à une nouvelle réplique
«Même si la fatigue des personnes qui travaillent sur le site peut concourir à expliquer (cette erreur), sachant que la surveillance de la radioactivité est une condition majeure pour assurer la sécurité, ce type d’erreur est absolument inacceptable», a déclaré Yukio Edano, porte-parole du gouvernement. «Le gouvernement a ordonné à Tepco de ne pas recommencer», a-t-il ajouté.
Tokyo Electric Power (Tepco) a convoqué d’urgence dimanche soir une conférence de presse après que le nombre de «10 millions» eut été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier, alimentant encore davantage la psychose concernant le site accidenté.
Le vice-président de Tepco, Sakae Muto, a expliqué que des éléments radioactifs avaient été confondus au cours d’analyses sur les échantillons prélevés dans la nappe échappée du réacteur 2.
Par ailleurs, le PDG de la compagnie exploitant la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Tepco, a été malade et alité pendant une partie de la crise, ont rapporté lundi les médias.
Masataka Shimizu, 66 ans, est tombé malade le 16 mars, soit cinq jours après le séisme, et a pris une semaine d’arrêt de travail, quittant ainsi le groupe de crise mis en place par le gouvernement et la compagnie électrique, a rapporté un des grands journaux japonais, le Mainichi Shimbun, citant des responsables de Tokyo Electric Power (Tepco).
«Il n’était pas présent au sein du groupe de crise mais continuait à recevoir des informations au siège (à Tokyo) et à donner des instructions», a indiqué un porte-parole de Tepco, cité par le journal.
Selon un autre responsable de la société, M. Shimizu était cependant si malade qu’il était resté «le plus souvent alité», dans une pièce séparée, dans l’immeuble où le groupe de crise se réunit. Le PDG a depuis lors récupéré et a repris le travail, a précisé l’agence Kyodo.
Critiqué par les médias pour son absence depuis de la début de la crise, M. Shimizu est apparu pour la dernière fois en public le 13 mars.
En son absence, c’est le vice-président de la compagnie électrique, Sakae Muto, qui a occupé la scène publique depuis le début de la crise.
Les autorités japonaises ont prévenu dimanche que le danger d’une catastrophe nucléaire était loin d’être écarté à la centrale de Fukushima Daiichi (numéro 1), où des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées.
Le séisme et le tsunami du 11 mars ont interrompu l’alimentation électrique des six réacteurs de la centrale, noyé les générateurs diesels de secours et stoppé le système de refroidissement, entraînant une série de graves dysfonctionnements et des fuites radioactives.