J’ai encore rencontré Sarkozy
Les coulisses de Juan (Sarkofrance)
J'avais reçu une invitation, assez surprenante, pour venir à l'Elysée. En regardant le cartion, j'ai vu que c'était pour une remise de médaille. Une de plus.
Je ne savais pas que ce proche avait fait partie de l'un des derniers contingents de hochets républicains sur le quota présidentiel. Et c'était Nicolas Sarkozy lui-même qui allait remettre ladite médaille.
Fichtre... j'allais entrer au coeur du système sarkozyen, l'antre du Palais. Comme souvent, il fallait être en avance. Quand on est invité à l'Elysée, on n'est pas fouillé. On peut entrer avec son flingue, une grenade, une bombe ou du C4.
Sur place, la déception est grande. Après un détour par les vestiaires à gauche de l'entrée et une petite salle intermédiaire, on arrive dans la grande salle. A l'intérieur, la déception est grande, il s'agit d'une remise groupée de médailles. A l'approche du scrutin présidentiel, Sarkozy lâche ses décorations avec urgence.
Ce jour-là, en 35 minutes, Nicolas Sarkozy délivra 10 hommages, puis agrafa 10 médailles sur 10 poitrails. L'assistance attendait, parquée, derrière un cordon. Puis le Monarque fendit la foule. Avant de quitter les lieux, il croisa Jean-Louis Borloo - mais que faisait-il là ? L'ancien candidat centriste glissa quelque chose à l'oreille du Monarque. Borloo confia ensuite: "Au moins, ça, c'est fait."
Pour cette remise collective de médailles, un quart du gouvernement avait été mobilisé. On croit rêver. On croyait que ces gens-là, ministres, conseillers ou sous-secrétaires d'Etat avaient quelques chose à faire en ces temps de grave crise.
Et bien non, ils étaient là, Boughrab, Douillet, Guaino, Mitterrand et consorts ... Ecoutant sagement leur Monarque, attendant un clin d'oeil, un sourire, un regard, une attention. La vie d'un courtisan ne repose que sur cela, d'infimes signes de reconnaissance d'un Infâme.
Il faisait chaud, à l'Elysée. Quand Sarkozy s'est approché du coin où j'étais, on ne voyait rien. Il est effectivement très petit. les Smartphones se sont levés au-dessus des têtes.
J'étais déçu. Trop de monde.
Certains venaient repérer pour plus tard.
Après le 6 mai 2012.


