HOLLANDE, SARKOZY, BFM, ET L'AFFAIRE "SALE MEC"

Publié le par DA Estérel 83

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Citation approximative, twitter, info continue : à quoi pourrait ressembler la campagne

 

 

Alerte "sale mec" ! Pendant toute la matinée de mercredi 4 janvier, le journalisme politique français a consacré une bonne partie de son énergie à recenser les réactions indignées des responsables de l'UMP contre François Hollande, qui aurait déclaré selon Le Parisien que Sarkozy est un "sale mec" au cours d'un déjeuner off avec des journalistes. Sauf que selon d'autres participants à ce déjeuner, notamment Thomas Legrand (France Inter), Sylvie Pierre-Brossolette (Le Point) et Sylvie Maligorne (AFP) Hollande n'a pas traité Sarkozy de sale mec, il le parodiait. Une nuance qu'apportait dès 11h50 l'AFP. Cas d'école du traitement de l'info en continu, à travers l'exemple de la chaîne BFM TV.

Mercredi matin (comme tous les jours), c'est priorité au direct sur la chaîne d'info BFM TV. Et il y a du lourd dans l'actu : François Hollande aurait traité Sarkozy de "sale mec".

Ca commence par une phrase dans un bandeau diffusé sur l'écran, puis par un coup de fil à une députée UMP, scandalisée et exigeant des excuses publiques. Viennent les réactions en images : comme c'est la rentrée du conseil des ministres, BFM cueille une Nadine Morano en pleine forme dans la cour de l'Elysée. C'est tout ? Non, par chance, ce matin, se déroulent aussi les vœux de Jean-François Copé au siège de l'UMP. L'occasion pour BFM de mettre en boîte d'autres réactions de responsables de la majorité. Et pour terminer cette magnifique matinée, Estrosi réagit en personne sur le plateau de BFM (interview également rediffusée à 14h50)

BFM TV, priorité au matraquage picto

Et à chaque fois, si vous n'étiez pas forcément devant vos écrans au moment de ses déclarations, BFM vous donne les phrases clés :

Alerte au sale mec !

Un "sale mec" bien caché dans Le Parisien

Mais comment est partie la polémique ? La citation provient d'un article du Parisien intitulé "Le nouvel appétit de Hollande". Le candidat socialiste aurait prononcé cette phrase lors d'un déjeuner avec des journalistes, dont celui du Parisien, Matthieu Croissandeau, auteur de l'article. "Pour Hollande, il n'y a pas de mystère : c'est bien le chef de l'Etat, «un président en échec», «un sale mec», qui se cache derrière les formules de l'UMP, écrit Le Parisien« Sarkozy va être dans l'évitement jusqu'au premier tour, pronostique-t-il. Mais il envoie ses sbires pour délégitimer ma candidature. »Un procès vieux comme la Ve République selon lui. « Pour la droite, la gauche sera toujours illégitime », relativise-t-il".

picto Un "sale mec" bien caché dans l'article du Parisien


La citation est noyée dans l'article mais un grand reporter du Parisien souligne tôt ce matin sur twitter que Hollande a traité Sarkozy de "sale mec" :

Un "sale mec" aussi sur twitter

Ce qui n'était qu'une citation parmi d'autres dans l'article va devenir l'élément central de la polémique.

Mais en fin de matinée, d'autres journalistes ayant participé à ce déjeuner démentent les propos rapportés dans l'article du Parisien. Sylvie Maligorne, journaliste à l'AFP publie une dépêche à 11h51 dans laquelle elle explique que Hollande "parodiait" Sarkozy quand il a prononcé ces propos : "Le député de Corrèze s'est mis à la place du président venant devant les Français pour expliquer qu'il se représentait: "je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage...". "Il va se présenter comme le capitaine courage recherchant l'impopularité", a ajouté M. Hollande, en faisant référence notamment à la TVA sociale". Un peu plus tard, sur twitter, la journaliste de l'AFP est plus encore plus directe :

Pas vraiment un "sale mec"

Sur France Inter, Thomas Legrand (rappelé en urgence par sa rédaction après sa chronique matinale pour intervenir dans le journal de 13 heures) a lui-même démenti les propos rapportés par Le Parisien. Certes, Hollande a prononcé l'expression "sale mec", mais ce n'était pas une injure directe.

Dans le même temps, sur iTélé (et un peu plus tard sur BFM), une autre participante au déjeuner, Sylvie Pierre-Brossolette est sur la même ligne que ses collègues : "Moi en tout cas, je n'ai pas entendu François Hollande être dans l'insulte vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, je ne l'ai pas entendu le traiter comme ça de sale mec" .

Suite à cette pluie de démentis, le journaliste du Parisien publie une mise au point sur le site web du quotidien en donnant la citation dans sa longueur, et dans son contexte : "La conversation est libre, comme souvent lorsque les politiques se mettent à table mais les reporters présents ont sorti leurs carnets et prennent des notes. Dans la discussion, le candidat socialiste développe longuement ses propositions, détaille sa campagne et imagine la future tactique de Nicolas Sarkozy. Pour appuyer sa démonstration, il n’hésite pas à se glisser dans la peau de son rival : «Il va se présenter devant les Français et leur dire : Je suis un président en échec depuis cinq ans, je suis un sale mec, mais réélisez-moi parce que, dans cette période difficile, je suis le seul capable.»". Et le journaliste d'ajouter, pour ne pas trop se dédire sur le fond : "Le candidat socialiste n’a donc pas officiellement traité le chef de l’Etat de «sale mec». Mais le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l’estime qu’il porte à son adversaire. Raison pour laquelle nous avons décidé, ce matin, de le publier".

Hollande n'a donc pas directement traité Sarkozy de sale mec. Mais qui a monté cette polémique en mayonnaise ? Difficile de savoir. A BFM, on nous explique que c'est tout simplement en lisant Le Parisienqu'on a décidé de traiter l'information. "Au conditionnel et avec la source Le Parisien", nous explique-t-on. Et ce n'est qu'à 13h, après l'interview de la porte-parole de Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, dénonçant une manipulation, que le bandeau spécial "sale mec" reste bloqué pendant une heure...

sur la version "manipulation picto


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Fin de la polémique ? Pas tout à fait. Car en regardant BFM TV dans l'après-midi, on comprend qu'il en restera quelque chose malgré les démentis des participants au déjeuner.

Si le traitement de l'information est plus équilibré sur la chaîne d'info dès le début de l'après-midi (avec la rediffusion des extraits des réactions d'Estrosi, de Vallaud-Belkcacem, Pierre-Brossolette), l'éditorialiste Olivier Mazerolle, disposant pourtant de toutes les versions, évoque tout de même "une parodie malvenue", intervenant dans un début de campagne"qui patine". Et le journaliste de relancer Mazerolle en lui demandant si Hollande n'est pas allé trop loin...

picto Sur BFM, à 15h, la polémique continue

Et à 16h, en relançant le magnéto Mazerolle, le journaliste de poser la question qui tue : "Ce dérapage marque-t-il un tournant dans la campagne ?". Non, c'est trop tôt dans la campagne. Ouf !

Alerte "Sale mec" (mise à jour 17h20). François Hollande a improvisé une conférence de presse au cours de laquelle il est revenu sur la crise économique et la proposition d'une TVA sociale faite par le gouvernement.

Ce n'est qu'à la fin, en suggérant aux journalistes de poser une question ("la" question tant attendue du "sale mec") que François Hollande a critiqué l'ambiance de ce début de campagne, renvoyant les journalistes qui souhaiteraient des précisions sur les circonstances de ce déjeuner vers les autres participants, ces derniers démentant toute ambiguïté dans ses propos.

"Ca suffit", lance Hollande

picto

 

 

 

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Pour ceux qui avaient un doute sur l'objectivité du groupe BFMTV / RMC en voici la preuve éclatante... sans parler du Parisien.

Signature Serge

 

 

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Publié dans Medias

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