Hollande s'attaque aux "promesses" de Sarkozy
Trois jours après le grand rendez-vous de Nicolas Sarkozy à Villepinte, François Hollande a contre-attaqué mercredi soir, lors d'un meeting à Marseille, en opposant sa "constance" et sa "cohérence" aux "promesses" quotidiennes de son adversaire.
"Je suis le candidat de la cohérence, de la constance, de la confiance", a proclamé le candidat socialiste à l'Élysée devant plus de 9 000 personnes, dont 3 000 n'avaient pu trouver place dans la salle du Dôme. "Tout sera dit, et ce qui sera dit sera fait, je ne ferai aucune promesse que je ne serai capable de tenir", a-t-il promis devant une salle comble et enthousiaste. Il a assuré que son projet ne serait "pas une surprise, une virevolte, une improvisation", ironisant sur le président sortant qui, "chaque jour, fait une promesse nouvelle" et "dont le programme est de dire que tout doit changer pour que, finalement, rien ne change".
La "force de la loi"
François Hollande a consacré un long développement à la politique qu'il entend mener dans les quartiers. Il a souhaité notamment que la banque publique d'investissement qu'il veut créer ait "une filiale dédiée aux quartiers pour (y) développer l'entreprise". "Dans ces quartiers où sont concentrés tous les problèmes (...), la République sera de retour après le mois de mai", a promis le député de Corrèze. "Je ferai en sorte que, dans tous les marchés publics dans ces quartiers, il y ait une clause d'insertion qui permette aux entreprises (...) d'embaucher les jeunes" qui y vivent, a-t-il aussi dit. Pour les jeunes, il a préconisé que tous ceux sortis de l'école sans qualification bénéficient de 20 heures de formation par an.
Évoquant l'insécurité, il a pris l'exemple de Marseille pour avertir fermement qu'à "la loi de la force" s'opposera avec lui "la force de la loi". "La République rattrapera tous ceux qui se croient au-dessus de la loi", a-t-il lancé, prônant également "l'exemplarité" des élus à tous les niveaux. Autre thème fort, "la laïcité", qu'il a promis de "défendre contre tous les assauts". François Hollande a rappelé son projet d'inscrire dans la Constitution la loi de 1901 sur la séparation des églises et de l'État.
Personnalités
À moins de quarante jours et alors qu'un nouveau sondage (CSA) le place à égalité (28-28) avec Nicolas Sarkozy, il a de nouveau appelé à la mobilisation dès le premier tour, assurant : "Rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est conquis. Ce ce sera un parcours du combattant." Il a mis en garde contre "plusieurs risques, d'abord celui de la confiance excessive". "Si nous voulons créer une dynamique, c'est au premier tour que nous devons donner au changement la force nécessaire. En face, ils n'espèrent qu'une chose : la dispersion, l'abstention. Moi, je n'ai pas besoin d'aide de secours", a-t-il dit, visant Nicolas Sarkozy et ses vibrants "aidez-moi" de Villepinte.
À plusieurs reprises, François Hollande a été interrompu par les acclamations d'une salle enthousiaste, scandant "François président", "on va gagner". "Il n'y a qu'à Marseille qu'il y a cet esprit qui flotte de la victoire promise qui n'est pas encore là, qu'il faut construire, qu'il faut mener jusqu'à son terme le 6 mai prochain", avait lancé le candidat au début de son discours. Le député de Corrèze a rendu un vibrant hommage au "grand maire" de Marseille Gaston Deferre devant sa veuve, Edmonde Charles-Roux, présidente de l'Académie Goncourt. Réplique à la présence de Gérard Depardieu au meeting de Villepinte, plusieurs personnalités du monde sportif et culturel étaient venues soutenir François Hollande, comme le navigateur Marc Thiercelin, l'ex-président de l'OM Pape Diouf, les acteurs Charles Berling et Christophe Malavoy.