Hollande / Mélenchon : un attelage solide
Par Aristote
Ils prennent soin de ne pas s’agresser, évitent de se piquer, de s’écorcher avant le premier tour. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon se ménagent. Hier à Besançon, le candidat socialiste a rappelé que ces deux gauches avaient vocation à se retrouver dès le soir du premier tour… Le leader du front de gauche de son côté, réserve ses flèches à Sarkozy.
Depuis l’ascension fulgurante de Mélenchon dans les sondages et le pays, rien ne semble vouloir ni pouvoir troubler l’entente cordiale entre les deux concurrents.
Et rien de devrait d’ailleurs advenir avant le premier tour car ni l’un ni l’autre ne sont inconscients.
Chacun sait que la moindre division trop apparente, le moindre mot de travers, la moindre divergence ferait le jeu d’une droite qui n’attend que cela pour étriller l’attelage qui va créer une dynamique rare entre les deux tours. Deux leaders responsables qui, de tout temps, n’ont jamais été fan l’un de l’autre quand le premier dirigeait le PS et que le second flirtait avec l’expulsion pour avoir pris la tête de la bataille du non.
Ces deux là ne s’apprécient guère mais ils font de la politique. Avec un sens du réel et un objectif supérieur : sortir la droite des allées du pouvoir qu’elle squatte depuis trop longtemps, enfermant le pays dans une sclérose et une brutalité sociale inconnue jusqu’à présent dans notre pays.
Les mots sont corrects, l’objectif commun, et certaines convergences existent déjà dans les programmes mutuels.
On sait que Mélenchon refuse l’austérité et que le seul reproche qu’il émet à l’encontre de Hollande est celui là. Pas d’austérité car nous avons les moyens de faire autrement. Cet autrement reste à définir pour qu’il soit acceptable et accepté par les électeurs qui vont choisir de porter en masse leur voix sur le Front de Gauche.
Mais la difficulté ne paraît pas insurmontable, tant Hollande a l’habitude de ces synthèses et qu’il en tiendra obligatoirement compte dans sa façon de gouverner si Mélenchon passe la barre symbolique des 15%.
En attendant, la campagne à gauche se tient et c’est bien le drame de la droite. Qui elle ne peut s’adresser qu’à l’électorat de Bayrou et de Le Pen qui ne feront aucun cadeau à Nicolas Sarkozy et ne se reporteront certainement pas aussi mécaniquement que le feront les électeurs de Mélenchon.
À ce titre, encore une erreur stratégique de Sarkozy.
