Hollande, le candidat Téflon
Malgré tous les coups qu'il encaisse et les critiques des commentateurs politiques qui n'augurent rien de bon pour sa campagne présidentielle, François Hollande est toujours là. Ses intentions de vote se maintiennent, tandis que Sarkozy reste invariablement scotché à 61% d'opinions défavorables.
Les commentateurs politiques, la plupart des médias parisiens s’accordent à dire que François Hollande a raté son entrée en campagne. Un accord catastrophique en terme d’image avec les Verts, des attaques très rudes de la part d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon, les atermoiements dans la constitution de son équipe de campagne, l’affaire du financement occulte de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, la guerre entre Jack Lang et Arnaud Montebourg… Et ne parlons même pas des vacheries et autres peaux de bananes en provenance de son propre parti, qui semblent faire partie des us et coutumes du PS…
Dans ces conditions, n’importe quel candidat – normal ou non – aurait sombré. Pas lui. Il suscite des doutes chez ses électeurs, c’est une évidence. Certains se disent même démoralisés par ces cafouillages à répétition, mais dans le dernier sondage LH2, François Hollande est à 31,5% d’intention de vote au 1er tour, en progression de 1,5 %. Et à 57 % au 2nd tour. Nicolas Sarkozy baisse de 3 points, Marine Le Pen, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon reculent aussi, mais lui, François Hollande, il monte. Et ce, alors même que François Bayrou, à 13%, effectue une percée significative de + 6 points sur l’électorat centriste.
Dans ces conditions, n’importe quel candidat – normal ou non – aurait sombré. Pas lui. Il suscite des doutes chez ses électeurs, c’est une évidence. Certains se disent même démoralisés par ces cafouillages à répétition, mais dans le dernier sondage LH2, François Hollande est à 31,5% d’intention de vote au 1er tour, en progression de 1,5 %. Et à 57 % au 2nd tour. Nicolas Sarkozy baisse de 3 points, Marine Le Pen, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon reculent aussi, mais lui, François Hollande, il monte. Et ce, alors même que François Bayrou, à 13%, effectue une percée significative de + 6 points sur l’électorat centriste.
DEUX EXPLICATIONS POSSIBLES À CE QUI RESSEMBLE À UN PARADOXE POLITIQUE :
1) François Hollande n’est pas encore entré dans le combat au corps à corps avec le président sortant. Le « programme contre programme », c’est pour la mi-janvier. Le candidat socialiste laissera passer la traditionnelle série des vœux présidentiels aux corps constitués pour prononcer son grand discours programmatique de campagne, sans doute autour du 20 janvier.
2) Surtout, il n’est pas tombé dans le piège qui consistait à descendre dans l’arène pour ferrailler avec les membres de son propre parti ou avec ses futurs alliés de gauche. Il le dit d’ailleurs en privé : « Je ne suis plus seulement le candidat du PS, je suis candidat devant l’ensemble des Français »… Autrement dit, il se place au-dessus des affaires internes du parti, au-dessus des haines et des rancœurs de sa propre famille politique.
2) Surtout, il n’est pas tombé dans le piège qui consistait à descendre dans l’arène pour ferrailler avec les membres de son propre parti ou avec ses futurs alliés de gauche. Il le dit d’ailleurs en privé : « Je ne suis plus seulement le candidat du PS, je suis candidat devant l’ensemble des Français »… Autrement dit, il se place au-dessus des affaires internes du parti, au-dessus des haines et des rancœurs de sa propre famille politique.
IL DONNE DES ARMES À LA DROITE
Evidemment, cette posture présente des inconvénients. D’abord, il donne des armes à la droite qui répète à l’envi qu’il est faible : faible avant-hier avec les Verts, faible hier avec Arnaud Montebourg qui a comparé Angela Merkel à Bismarck, faible aujourd’hui avec les socialistes du Pas-de-Calais. Ensuite, on peine à le croire quand il prétend qu’il ne savait rien de ce qui se passait dans la fédération du Pas-de-Calais, lui qui fut pendant 10 ans le 1er secrétaire du PS. Il n’empêche : pour le moment, ces affaires n’accrochent pas sur le candidat Hollande. Hollande, c’est un peu le candidat Téflon !
Mais le vrai paradoxe de cette séquence politique, c’est que Nicolas Sarkozy ne profite en rien des ennuis de son adversaire socialiste. Malgré la courte embellie qui avait suivi sa prestation télévisée aux cotés de Barack Obama, sa cote de popularité ne varie pas d’un millimètre. Il reste invariablement scotché à 61% d’opinions défavorables dans le dernier baromètre Ipsos-Le Point (en hausse de 2 points).
Le chef de l’Etat a pourtant tout essayé : son pari gagné en Libye, ses œillades à l’électorat de Marine Le Pen, ses efforts méritoires pour se re-présidentialiser, ses efforts aussi pour apparaître en première ligne dans le sauvetage de l’euro… Rien n’y fait ! A six mois du premier tour, le rejet de Nicolas Sarkozy est plus fort que tous les boulets que traîne François Hollande. L’on saura fin janvier si cette tendance est durable ou… biodégradable !
Mais le vrai paradoxe de cette séquence politique, c’est que Nicolas Sarkozy ne profite en rien des ennuis de son adversaire socialiste. Malgré la courte embellie qui avait suivi sa prestation télévisée aux cotés de Barack Obama, sa cote de popularité ne varie pas d’un millimètre. Il reste invariablement scotché à 61% d’opinions défavorables dans le dernier baromètre Ipsos-Le Point (en hausse de 2 points).
Le chef de l’Etat a pourtant tout essayé : son pari gagné en Libye, ses œillades à l’électorat de Marine Le Pen, ses efforts méritoires pour se re-présidentialiser, ses efforts aussi pour apparaître en première ligne dans le sauvetage de l’euro… Rien n’y fait ! A six mois du premier tour, le rejet de Nicolas Sarkozy est plus fort que tous les boulets que traîne François Hollande. L’on saura fin janvier si cette tendance est durable ou… biodégradable !
Publicité
