Hollande durcit le ton face à Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos

 

 

Le candidat socialiste a changé d'attitude à l'égard du président sortant. Lui qui ne voulait pas prendre part à la mêlée répond désormais en personne à son adversaire.

 

Maintenant, c'est coup pour coup. Alors qu'il y a quelques jours encore, François Hollande s'interdisait de descendre dans l'arène pour « faire sa campagne et non celle de Nicolas Sarkozy », comme le disait son entourage, il a décidé hier, lors d'un déplacement à Laval, puis au Mans, de répondre avec virulence aux propos formulés la veille par le chef de l'Etat.

Dans un meeting à Laval en début d'après-midi devant quelque 800 personnes, il a évoqué les regrets du chef de l'Etat d'être allé fêter sa victoire de mai 2007 au Fouquet's, moquant l'acte de « repentance » de celui qu'il nomme « le candidat sortant ». « On ne peut pas lui reprocher d'être allé dans cet établissement, mais d'y être allé avec les principales personnalités du CAC 40, celles qui ont retraites chapeaux, parachutes dorés, stock-options et rémunérations excessives », a-t-il lancé.

Revenant sur l'annonce par le chef de l'Etat de son intention de supprimer ces retraites surcomplémentaires et de mieux contrôler les rémunérations des dirigeants d'entreprise, il s'est encore moqué : « C'était émouvant de le voir bafouiller, balbutier. » Et de rappeler que, depuis cinq ans, les parlementaires socialistes déposent des propositions de loi visant à abroger ces avantages. « Il s'est juré de ne plus aller au Fouquet's ? Je le rassure : il n'aura pas besoin d'y retourner la prochaine fois ! » a-t-il lancé.

« Mystification »

Un peu plus tôt, François Hollande a reconnu à demi-mot son changement d'attitude à l'égard de Nicolas Sarkozy : « Je réponds sur les arguments. Quand cela me paraît fallacieux, je le dis. » Le député Bruno Le Roux, l'un de ses porte-parole, a été plus explicite : « A partir du moment où Nicolas Sarkozy est devenu candidat, il y a une confrontation. On ne peut pas lui laisser dire n'importe quoi. Du coup, François peut descendre dans l'arène pour dire qu'il y a une tromperie à chaque fois qu'il y a une manipulation. »

Et le candidat socialiste s'en est donné à coeur joie. Il a qualifié de « mystification » le projet de Nicolas Sarkozy de baisser les cotisations salariales. Le « tour de passe-passe, c'est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l'emploi ». Selon François Hollande, le gain sera à peine de 3 euros par mois. Il oppose ses propres mesures en faveur du pouvoir d'achat : hausse de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire, revalorisation du SMIC, maîtrise du prix des loyers et rétablissement de la « TIPP flottante ». Très offensif, il a frisé l'arrogance lorsqu'il s'est écrié : « Non, la TVA n'augmentera pas puisque nous arrivons ! »

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Publié dans HOLLANDE

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