Hollande bouté hors de l'Institut du monde arabe par R.Muselier

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

François Hollande ne prononcera pas de grand discours sur la politique étrangère à l’Institut du monde arabe. Alors que le socialiste avait depuis longtemps réservé l’Auditorium du prestigieux musée pour la mi-mars, le député UMP Renaud Muselier, patron de l'IMA, vient de lui claquer la porte au nez. L’argument opposé, par courrier du 21 février, à l’équipe de François Hollande: en tant que fondation de droit privée co-financée par la France et une vingtaine de pays arabes (sous tutelle du quai d'Orsay), l’IMA aurait un devoir de «neutralité», l'empêchant de louer la moindre salle à un candidat. «C'est pour le moins bizarre», réagit-on dans l'entourage de François Hollande.

 

Interrogé par Mediapart le 19 février dans les coulisses du meeting de Nicolas Sarkozy à Marseille, Renaud Muselier, président du Haut-conseil de l'IMA, niait avoir déjà pris sa décision, mais ne cachait pas son inclination : « L’Institut n’est pas fait pour les meetings. C’est le candidat (PS) qui veut donner une image internationale à sa campagne. Ce serait politiser l’institution. Et puis mon problème, c’est que si je dis oui, et que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen me font la même demande, je fais comment moi ? Pourquoi je refuserais ? Sous quel prétexte ? Celui-là il est républicain et celui-là ne l’est pas ? Si quelqu'un vient dire : "Les Arabes à la mer…", je suis beau moi ! »

 Des réunions organisées par des élus UMP n'ont-elles pas eu lieu, par le passé, dans les murs de l'IMA ? «Par le passé, oui. Mais des réunions, pas des meetings...» Les exemples, en effet, ne manquent pas. En juin 2006, le groupe UMP du Sénat s'était même réuni à l'Institut en présence de Nicolas Sarkozy, alors président du parti et ministre de l'Intérieur. Côté gauche, on peut citer la conférence de presseoragnisée en décembre 2009 par Cécile Duflot pour présenter les candidats d'Europe Ecologie-Les Verts aux élections régionales.

Le député marseillais, successeur de l'UMP Dominique Baudis (lire nos enquêtes sur ses notes de frais indues et sa gestion contestée), expliquait dimanche attendre le prochain conseil d’administration de l'IMA pour faire valider son verdict. « Je ne veux pas me retrouver dans la situation où c’est moi, Muselier, qui dit non à Hollande… »

Aurait-il évoqué ce dilemme avec l’entourage du président de la République ? Reçu une consigne d’Alain Juppé, son ministre de tutelle ?« Je suis un grand garçon », assurait-il dimanche.

Placé à l'IMA en septembre dernier par le chef de l'Etat (qui l'a déjànommé en 2009 président du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée), Renaud Muselier a décroché ce poste sous les critiques de la gauche, qui estimait que Nicolas Sarkozy lui offrait là un formidable tremplin pour préparer sa conquête de la mairie de Marseille.« Les fonctions de la République n'ont pas à être des charges d'ancien régime distribuées par le président de la République à ses affidés, mais des fonctions où l'on doit nommer, en fonction de leurs compétences, des gens qui s'engagent à faire réellement le travail », avait protesté le PS dans un communiqué, proposant que ce type de nominations soient demain contrôlées par le Parlement.

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Publié dans HOLLANDE

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