Hollande: "Allez partout, allez chercher les Français!"
A Bourgoin-Jallieu (Isère), le candidat du PS a cherché à mettre la pression sur Nicolas Sarkozy, à deux jours de l'intervention télévisée du chef de l'Etat. Et a mobilisé ses supporteurs à l'heure de la confrontation.
Il est 19 heures. Dans un gymnase chauffé à blanc, le candidat entame son discours par des mots qui en disent long sur son état d'esprit actuel. "Il y a une espérance qui s'est levée".
Au lendemain de la présentation de son programme et de l'émission de télévision "Des paroles et des actes" (gros carton d'audience), François Hollande se sent galvanisé. Sûr.
Très sûr de la dynamique qui se dessine. Les attaques de la droite sur son arrogance? Même pas peur! "Hier, mon contradicteur (Alain Juppé) disait que le favori de janvier n'est pas l'élu de mai, rappelle le député de Corrèze.
Il a le droit de le penser, mais il n'y a pas de malédiction. Il vaut mieux être le favori du mois de janvier, de février, de mars, et d'avril pour être celui de mai."
A deux jours de la prise de parole télévisée du chef de l'Etat, François Hollande a ironisé sur les atermoiements supposés de son rival -dont il ne cite pas le nom, comme à l'accoutumée.
"Vous avez vu ce mystère qui l'a saisi très loin d'ici, en Guyane, sur une pirogue?" Rires dans les gradins bondés. Et de poursuivre : "Il a dit qu'il arrêtait tout s'il n'était pas reconduit. Il aurait fait des erreurs? C'est bien possible! La crise l'aurait changé? Si la vie l'a changé, alors il faut changer... de président." Tonnerre d'applaudissements.
François Hollande déroule deux angles d'attaque contre Nicolas Sarkozy. D'abord, la bataille contre la menace d'une TVA sociale, décrite comme un "marché de dupes".
Puis, il reprend son désormais fameux refrain contre le "monde de la finance", citant même le général de Gaulle. Une thématique qu'il espère idéale pour rassembler au premier tour. "Vous voulez revivre le 21 avril 2002 ?", lance l'orateur devant un public acquis.
Un public sur lequel il compte pour lancer la bataille. Opération mobilisation générale à moins de cent jours de l'échéance. "C'est à vous de faire campagne, allez partout, allez chercher les Français. J'essaierai d'être en tête pour vous donner la victoire (...).
Bon courage, moi j'en ai plein. Rien ne me détournera".