Grosse inquiétude et grandes manoeuvres

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Nicolas Sarkozy s'est donc lancé hier matin dans une grande séance de calinothérapie pour tenter de rassurer les députés sortants qui voient arriver juin avec une sourde angoisse... Les rassurer sur le fond en plaidant le bien-fondé de sa politique.

 

Nicolas Sarkozy a eu beau afficher dimanche soir une grande indifférence aux sondages, il semble que les deux derniers en date soient en train de lui faire changer d'avis. Réalisés après le meeting de Hollande au Bourget, son intervention face à Juppé sur France 2 et après la prestation télévisée présidentielle - qui a pourtant réuni plus de 16 millions de télespectateurs - ces deux enquêtes d'opinion non seulement confirment mais amplifient la tendance observée depuis plusieurs semaines déjà. Ils ne sont toujours pas bons pour l'Elysée. 

Du coup, les choses sont en train de s'accélérer du côté de la majorité où chacun presse de plus en plus Nicolas Sarkozy de se déclarer. Si pour l'heure le président ne semble pas vouloir répondre à cette impatience de ses troupes, il vient à l'évidence de prendre conscience qu'il était plus que temps de les remobiliser. Car ces troupes sont gagnées par le doute après les déclarations ambiguës faites par leur chef récemment en Guyane sur son avenir politique en cas de défaite. Car elles ont d'autant plus de mal à suivre la stratégie de leur champion qu'elles ne sont pas toujours sur la même ligne par rapport aux annonces faites dimanche soir. A commencer par la mise en place de la TVA sociale... 

C'est pour regonfler le moral des parlementaires de l'UMP que Nicolas Sarkozy les avait convoqués hier matin. Il s'est donc lancé hier matin dans une grande séance de calinothérapie pour tenter de rassurer les députés sortants qui voient arriver juin avec une sourde angoisse... Les rassurer sur le fond en plaidant le bien-fondé de sa politique. Et sur sa stratégie en leur lançant: «on me dit suicidaire, je suis le suicidaire le plus en forme de la République». 

Parallèlement à cette séance de thérapie de groupe convoquée dans l'urgence (les parlementaires avaient été invités en début d'après-midi la veille en même temps que les journalistes apprenaient eux que les traditionnels voeux à la presse étaient - c'est une première, en temps de paix... - décalés dans la soirée) Brice Hortefeux était, lui, occupé à une autre manoeuvre. Manoeuvre qui pourrait modifier la donne des futures législatives.

Sans doute n'a-t-on pas en effet assez pris garde dimanche soir à la réponse de Nicolas Sarkozy interrogé sur le risque que Marine Le Pen ne puisse être candidate en avril. En se demandant s'il était «sain que des courants politiques ne soient pas représentés» il n'a certes pas répondu directement à la question. Mais il a par contre ouvert en grand la porte à l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les législatives. 

Une idée pourtant jusqu'alors tabou chez ceux qui se revendiquent de De Gaulle. Mais qui rappellerait la manoeuvre ayant servi à un certain François Mitterrand en un autre temps. Un temps où, comme Nicolas Sarkozy sans doute aujourd'hui, il voyait la situation lui échapper.

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Publié dans SARKOZY

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