Gérard Collomb : "Si DSK revient, Hollande se retirera sans problème"
Le maire de Lyon est de plus en plus convaincu du retour de Dominique Strauss-Kahn, qu'il soutient, pour la présidentielle.
Le Point.fr : Dominique Strauss-Kahn a passé une semaine en France. Plutôt discret, il a rencontré les dirigeants du PS, et même, selon La Tribune, visité un possible local de campagne... Son retour pour 2012 est-il acquis ?
Gérard Collomb : J'ai l'impression qu'il prépare son retour. Il y a de plus en plus de signaux positifs. Mais il ne fera rien avant le G8 (à Deauville les 26 et 27 mai, ndlr). Il prendra sa décision au mois de juin, puisque son intention est de respecter le calendrier du PS.
Cela laisse le temps à François Hollande de s'installer dans le paysage comme candidat crédible. N'est-ce pas un risque pour DSK ?
Non. DSK et Hollande sont sur la même ligne politique. Beaucoup de gens qui encouragent aujourd'hui Hollande sont en phase avec DSK, et ils diront à Hollande qu'il doit se retirer pour qu'il n'y ait pas de concurrence. D'ailleurs François Hollande lui-même sait bien que c'est un devoir impératif de gagner la présidentielle, et que DSK, par son rôle au FMI, a acquis une stature plus forte que la sienne auprès des Français. Si DSK revient, Hollande se retirera sans problème.
À vous écouter, la primaire ne sert à rien si DSK y participe...
Mon ami Claude Bartolone a dit : on espère plutôt une primaire de confirmation qu'une primaire de confrontation. C'est ça. La primaire doit permettre au PS de réunir autour de lui un grand nombre de Français. C'est un travail de préparation de la présidentielle qui doit se faire.
Le PS s'est doté d'un projet avant le retour de DSK. Est-il compatible avec ce qu'il défend ?
Dans le projet du PS, je distingue le discours de fond, auquel je trouve du souffle, et les propositions précises... Celles-ci dépendront avant tout du candidat. On va se retrouver dans une situation difficile avec l'accumulation des déficits. Il faudra se concentrer sur quelques points, sur l'innovation, la recherche, les transferts de technologies pour remuscler l'appareil économique. Et d'un point de vue social, sur la déghettoïsation spaciale de nos territoires, en particulier en Ile-de-France.
Ce projet est la preuve que Martine Aubry a su donner du PS l'image d'un parti rassemblé. Ne serait-il pas normal qu'elle le défende lors de la présidentielle ?
Je crois que Martine Aubry est aujourd'hui dans un état d'esprit où elle ne s'opposera pas à DSK. Pendant très longtemps, surtout ces derniers mois avec la victoire aux cantonales, j'ai cru que le pacte ne serait pas respecté, mais les choses se mettent en place sans affrontement entre les uns et les autres. Si Martine Aubry permet de faire en sorte que le meilleur d'entre nous puisse surgir, on pourra la remercier.
DSK ne risque-t-il pas de souffrir du déficit de proximité qu'il a accumulé depuis quatre ans ?
Non. Cela aurait pu être le cas dans une autre période, mais les problèmes que se posent les gens sont exactement ceux sur lesquels DSK travaille : problème de l'euro par rapport aux autres monnaies, de la croissance en Europe, des relations avec les chefs d'État européens pour relancer une dynamique européenne, problème des déficits des pays voisins... C'est concret. Lorsque l'on parle de pouvoir d'achat des Français, ce sont ces problèmes qui sont en cause. Et puis nous sommes là, avec un réseau d'élus très bien implanté... Nous, le quotidien des gens, on connaît ; nos habitants, on les connaît par coeur. On peut faire passer des messages dans un sens ou dans un autre.
En effet, vous vous organisez : vous à Lyon, Michel Destot à Grenoble, Patrick Mennucci et Eugène Caselli à Marseille, Pierre Moscovici à Paris... Rien de tout cela n'est coordonné ?
Le but, ce n'est pas de se coordonner, il n'y a même aucune volonté de se coordonner ! Si on le faisait, cela voudrait dire que DSK a donné le signal du top départ. Il faut que l'on attende juin pour cela, mais en Rhône-Alpes, cela fait déjà deux mois que nous préparons la campagne sur le terrain. Nous discutons avec les milieux économiques, sociaux, culturels que l'on pourrait mobiliser, pour que, si DSK revient, un comité de soutien se lance immédiatement.
Qu'est-ce qui pourrait faire qu'il ne se présente pas ?
Imaginez une grave crise internationale en juin... DSK ne laissera pas le FMI si une crise grave se produit en Europe ou dans le monde. Je pense que c'est la seule chose qui serait de nature à remettre en cause sa décision...
S'il n'est pas candidat, comptez-vous toujours l'être ?
Ne pensons pas au plan B, essayons de faire réussir le plan A.
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Une primaire de confirmation dit Mr Collomb, confirmation de quoi ?
Confirmation du pacte de Marrakech ?
Confirmation d'adoubement de DSK ?
Confirmation du retrait obligatoire de tous les autres candidats à la primaire ?
Confirmation que ces primaires sont faussées ?
Confirmation que le vote des sympathisants de gauche sera "canalisé" ?
Celà risque d'être ou de devenir la confirmation de la rupture entre les adhérents de ce parti et les apparatchiks qui veulent imposer la ligne Solferino-DSK
Que les ROYAL, HOLLANDE, MONTEBOURG confirment, eux, qu'ils iront jusqu'au bout de ces primaires et que les COLLOMB de service se taisent plutôt que de semer le trouble dans ce parti.
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