Fraudes: traque à géométrie variable

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

N'est-il pas délicat de s'ériger en père la Vertu quand on a pour ami et ancien collaborateur au Budget un certain Thierry Gaubert ?

 

Bravo le teasing ! Après des semaines et des semaines d'un spot publicitaire gouvernemental venu nous marteler que «frauder, c'est voler», Nicolas Sarkozy n'a plus eu hier à Bordeaux qu'à enfoncer le clou. Ceci en enfilant le costume qu'il affectionne particulièrement de père Fouettard. Qu'on se le dise donc, l'année 2012 sera l'année du chantier du refinancement de la protection sociale ! Lequel passera en priorité par la lutte sans merci contre la triche sociale ! Car comme le dit la pub et comme l'a répété hier le Président-candidat «frauder la Sécu, c'est voler les Français»!

Et Nicolas Sarkozy de décliner à l'envi cette confiance trahie de la solidarité nationale, ces tricheries qui d'une manière insidieuse minent l'esprit de 1945, cette fraude qui n'est ni plus ni moins qu'un vol, cette façon dont «dans certains milieux» il fut de bon ton de la nier ou même de la justifier comme une forme de «redistribution militante»... Ne serait-il pas nécessaire - surtout en ces temps d'une rigueur qui ne dit pas son nom et alors qu'on demande aux Français de se serrer la ceinture - d'en finir avec ce vol ?

Présenté ainsi et chacun connaissant ici un médecin peu regardant en arrêts de travail ou là un employé brutalement grippé dès lors qu'on annonce une poussée de cèpes ou un vol de palombes, qui pourrait s'indigner qu'on cherche à mettre un hola à des comportements aussi irresponsables que coûteux ?

L'ennui c'est qu'on ne peut s'empêcher de noter que cette chasse à la fraude sociale tombe à pic pour contrer le discours de Marine Le Pen qui en a fait un de ses principaux chevaux de bataille en liant «l'explosion» de la fraude sociale à celle de l'immigration. L'ennui, c'est que c'est sur ce terrain que l'aile droite de l'UMP surfe depuis quelques mois multipliant sous couvert de moralisation les attaques contre les plus fragiles des Français. L'ennui, c'est qu'outre l'instrumentalisation politicienne, on semble plus s'occuper ces temps-ci de ceux qui volent un oeuf que de ceux qui détournent un boeuf. La fraude sociale existe.

Il faut évidemment la combattre. Pour des raisons économiques. Pour des raisons morales. On aimerait pourtant qu'on mette autant de zèle à traquer les fraudeurs fiscaux que les resquilleurs aux allocations familiales ou les détenteurs de fausse carte Vitale. Or, force est de constater que c'est loin d'être le cas. C'est ainsi qu'on a vu le peu de résultats qu'avaient eu les tentatives du gouvernement pour faire revenir au pays les champions de l'évasion fiscale. Et puis n'est-il pas délicat de s'ériger en père la Vertu quand on a pour ami et ancien collaborateur au Budget un certain Thierry Gaubert ?

Lequel, interrogé dans le cadre de l'attentat de Karachi, a fini par avouer qu'il avait acheté une villa de 600.000 dollars payés en liquide depuis un compte des Bahamas, un de ces paradis fiscaux dont lors du dernier G20 Nicolas Sarkozy a juré une fois encore la fin.

 


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Publié dans SARKOZY

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