François Hollande : l’extrême-danger des législatives

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par Belle-Amie

François Hollande à Bercy peu avant le "rappel" - © Razak

François Hollande à Bercy peu avant le “rappel” – © Razak

Le Président élu est le premier à percevoir le danger qui se cache derrière l’euphorie. C’était d’ailleurs tout l’objet de son « rappel » sur scène à Bercy. N’arrivant pas à quitter la salle immense réunie dimanche 29 avril au Palais Omnisport, sentant l’euphorie de la foule immense, François Hollande était revenu alerter pour le 6 Mai mais aussi les législatives : 
« Tenez bon, ne lâchez rien ! Tenez bon jusqu’au 6 mai, mais tenez bon après ! Moi, à la différence de l’autre, je ne vous demande pas de m’aider, je ne lance pas de SOS, d’appel de détresse. Je vous demande, à vous tous, d’aider votre pays, d’aider la cause que vous servez, d’aider la République. Je vous demande de vous mettre au service de votre grande Nation, la France, de ne pas simplement attendre une victoire mais d’être capables ensuite de me permettre, avec le gouvernement, avec le Parlement, de réussir. Et puis, si je veux sauter les étapes, n’oubliez pas qu’après l’élection présidentielle il y a des élections législatives, et que je n’aurai plus l’occasion de m’exprimer parce que ce sera au premier ministre d’être le chef de la majorité. Mais ensuite, il nous faudra donner une majorité forte, cohérente, solidaire au président que vous choisirez le 6 mai. Vous avez encore beaucoup à faire ! »

Au lendemain du 6 Mai, de la victoire de François Hollande, la droite est déjà dans la perspective de la revanche et du sauve-qui-peut au point de mettre sous le boisseau ses luttes intestines et idéologiques avec pour ligne de mire l’objectif d’obtenir une cohabitation. Elle compte sur cette idée que la France serait de droite. Que comme l’écrit l’analyste Eric Dupin, François Hollande « le nouveau président n’a été choisi que par moins de la moitié des votants, comme cela avait déjà été le cas pour Jacques Chirac en 1995 ». Et il est vrai que le travail de sape idéologique et démagogique de la droite et de l’extrême-droite a fait son œuvre. Le sénateur socialiste Gaétan Gorce l’écrivait hier sur Twitter « Au sens “gramscien” du terme il est clair que la gauche n’est pas hégémonique. La bataille des idées reste à gagner. »

La bataille des législatives essentielle reste aussi à gagner pour que le « changement soit maintenant » vraiment et ne s’arrête pas au bout d’un mois pour cause de cohabitation. D’autant plus que les sondages sortent opportunément pour nous expliquer que, selon Louis Harris, 54% des Français seraient favorables à une cohabitation. Et Manuel Valls de rappeler à Libération que « pour gouverner il faut une majorité nette ». « Vous vous rendez compte ? Une cohabitation en Juin, cela n’aurait aucun sens » a-t-il ajouté. Même tonalité chez Ségolène Royal ce matin sur iTélé qui réfutait cette volonté de la droite de transformer les législatives en 3ème tour. Bien peu démocratique comme façon de s’exprimer à vrai dire.

Et au-delà de la cuisine électorale issue du charcutage des circonscriptions par le secrétaire d’Etat Marleix, au-delà des futures triangulaires avec le FN qui vont handicaper la droite, la difficulté pour François Hollande et les socialistes va être de tenir la ligne politique alors que l’on va les sommer de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou. Ainsi Pascal Perrineau, le directeur du Centre d’études de la vie politique française (Cevipof) dans Libération d’alerter : « Le nouveau président de la République ne doit pas se tromper sur l’interprétation et la signification de sa victoire. François Hollande a été élu grâce à l’apport de voix de la droite et du centre. Si les premiers signes qu’il donne montrent un retour vers la gauche traditionnelle, il perdra ces électeurs aux législatives ».

Pourtant nombreux sont ceux qui ont voté François Hollande par volonté de faire gagner la gauche malgré tout, au nom du vote utile et qui voient les législatives comme l’occasion de s’exprimer enfin selon leurs convictions, librement. C’est d’ailleurs l’une des clés d’explication du score plus faible que prévu de Jean-Luc Mélenchon. De même le vote Front National notamment rural et péri-urbain a aussi une forte résonnance sociale. Et les « premiers signes », les premières attitudes comme les premières décisions de  François Hollande pèseront fortement pour convaincre ces électeurs en quête d’espoir.

Mais plus encore que ces premiers signes, ce qui comptera c’est la capacité de François Hollande de faire monter en première ligne ces personnalités capables de faire la différence, capables de faire le pont entre les électeurs centristes et ceux de la gauche.

 

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Publié dans HOLLANDE

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