FOG explose en plein vol sur France2
Par Arsinoé
Qu’est-il arrive à Franz-Olivier Giesbert, vibrionnant patron du Point, éditorialiste et écrivain de talent ? Que s’est il passé dans sa tête pour sombrer pendant 10 longues minutes dans une loghorrée analytique totalement décousue, au mieux, insultante.. au pire.
Car le passage en revue des candidats qui se sont succédé sur le plateau de DPDA pendant 2 jours méritait autre chose que ce tir au pigeons grotesque, parfois injurieux et digne de l’almanach Vermot ou du cabaret des deux ânes.. En tout cas indige de l’enjeu présidentiel.
Que FOG trouve Philippe Poutou emmerdant, Nathalie Arthaud incompétente, Eva Joly à l’ouest est une chose… Le dire, le répéter, s’écouter parler devant des millions de téléspectateurs en est une autre.
On connaît le goût de FOG pour le show, sa capacité à bouffer l’espace, à capter l’attention par un art oratoire évident et une finesse d’analyse toute aussi acérée. On connaît son amitié contrariée pour les grands de ce monde, ses rapports passionnés, passionnels avec ceux qui font le pouvoir et dont il se prend d’amitié, de fascination et de rejet. Ce fut le cas de Jacques Chirac avec lequel il créa une forme d’amitié avant de rejeter et trahir. De Nicolas sarlozy dont il fut aussi l’un des fous du Roi avant de la transpercer dans un formidable livre aussi cruel et juste. De François Mitterrand dont il brossa l’un des portraits les plus humains et impitoyable à la fois. FOG a toujours été près du pouvoir, dans le pouvoir, spectateur du pouvoir mais procureur du pouvoir. Iconoclaste, brillant, cultivé, il déçoit aujourd’hui.
Car ce show d’hier n’était pas au niveau des enjeux, encore moins à son niveau à lui.
Cultive, amoureux de la démocratie, il l’a desservi hier, en franchissant de manière extrême la frontière tenue qui sépare les éditorialistes de ceux qui exercent le pouvoir, ivre de lui-même, totalement incapable de se dompter, et dans les mots et dans les gestes, il s’est laissé embarquer dans un réquisitoire aussi pitoyable que contre-productif. Clamer que Sarkozy est bon alors que Hollande serait un écureuil mitterandien, Dupont-Aignan un mini de Gaulle, un de Gaulle de poche, ne pas laisser en placer une à Hélène Jouan, totalement débordée par la marée fogiennes, tout comme Pujadas, bouche pincée, qui s’est quasiment excusé du flot incontrôlable, tout ça n’était tout simplement pas à niveau.
Il n’y a pas de drame national car ça n’est pas FOG qui fera ou défera une élection mais il y a tout de même quelques questions sérieuses à se poser sur ce système qui met en tête de gondole une poignée d’éditorialistes qui, du lever du soleil au coucher du soleil, 360 jours par an, squattent tous les plateaux, tous les débats radio, tous les journaux… et nourrissent cette pensée unique, ce microcosme qui fait tant de mal notre démocratie tant il sclérose, obture le regard, lui ferme l’horizon, les oreilles et offre une seule et unique vision distordue du réel.
Ensuite sur la propagande sarkozyste qui sévit à tous les étages et que rien ne semble pouvoir ni vouloir arrêter.
Souhaitons que François Hollande, fidèle à sa promesse, ne transforme pas à son tour l’audiovisuel public en état PS. Car la propagande doit rester militante et en aucun cas crever l’écran… Et les tympans comme FOG hier. Qui a beaucoup plus perdu pour son crédit qu’il n’en a redonné à son candidat.
Un valet du pouvoir reste un valet du pouvoir, même s’il parle bien et porte beau. Et la vieillesse d’un valet est un naufrage.
