Financement des syndicats : la droite se dégonfle

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

Revers amer pour le Nouveau Centre chargé du rapport sur le financement des syndicats - contrôle des dépenses des comités d’entreprise notamment. Présidentielle oblige, le dossier est trop délicat et l'UMP préfère le refermer. Retour sur la petite histoire d'un projet mort-né.


(Photos Louison)
(Photos Louison)
En réclamant aux députés la création d’une commission d’enquête sur le financement des syndicats et des organisations professionnelles, les dirigeants du Nouveau Centre pensaient connaître leur heure de gloire. Enfin le parti tordrait le cou aux arrangements présumés sulfureux des grandes centrales, et serait celui qui tirerait au clair l’incroyable affaire de la caisse noire du Medef. 

Las, après avoir fait défiler à la barre Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Laurence Parisot (Medef) et tant d’autres, son rapporteur Nicolas Perruchot s’est fait rouler dans la farine comme un bleu par la patronne du Medef. Celle-ci a osé déclarer qu’elle aussi aimerait savoir comment, par le passé, l’UIMM - l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie -, avait « fluidifié  le dialogue social », selon l’expression culte de son ancien président Didier Gauthier Sauvagnac. 

Quant aux collègues UMP de Nicolas Perruchot, ils l’ont carrément trahi le 30 novembre en s’abstenant, sans prévenir, de voter son rapport assorti de 29 recommandations. Défection qui a permis aux Socialistes d’en bloquer l’adoption et même la publication. « La quasi totalité de ses 29 recommandations du rapporteur ne concernaient que les organisations de salariés. Nous souhaitions un rapport plus équilibré ! »  justifie Alain Vidalies député  PS, en charge d’élaborer le programme social du candidat François Hollande.

PAVÉ DANS LA MARRE
Ainsi entre autres innovations, Nicolas Perruchot député du Loir et Cher préconisait de donner aux employeurs, la possibilité de contrôler les dépenses des comités d’entreprise par le biais de l’Inspection du travail. Ainsi que de soumettre leurs achats à des procédures d’appels d’offres. Téméraire, il entendait également ramener rapidement auprès de leurs employeurs, ces délégués syndicaux qui s’éternisent dans les bureaux de leurs organisations, en limitant la durée de leur détachement. « On imagine l’effet boomerang sur les personnels politiques si on imposait une telle mesure aux syndicalistes ! » s’émeut Jean Mallot député (PS). 

Surtout Nicolas Perruchot lançait un sacré pavé dans la mare. Il proposait de jauger la représentativité des organisations patronales, à commencer par celle du Medef, par des élections. Un scoop et une revendication de longue date des syndicats de salariés ! « A quatre mois de la Présidentielle, ce n’est pas la peine d’adopter un tel rapport », l’a raillé Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône et président…de la commission d’enquête. « Sur le fond cela montre qu’il ne faut jamais parler dans ce pays du travail des syndicats », se rebiffe Nicolas Perruchot.
Publicité

Publié dans Social

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article