Fillon accuse le PS de fragiliser le “triple A” de la France

Publié le par DA Estérel 83

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Le Premier ministre estime que les options budgétaires du PS fragiliseraient la note de la France. Selon lui, le refus des socialistes de voter la “règle d’or” budgétaire voulue par le gouvernement est révélateur de leurs intentions.


Furieux de constater que la gauche n’avait pas l’intention de voter le projet de révision de la Constitution visant à graver dans le marbre l’objectif d’équilibre des finances publiques, Matignon a sonné la charge contre le Parti socialiste sur la question du déficit public.
À l’issue du séminaire gouvernemental organisé autour du Premier ministre jeudi matin, François Fillon a accusé les socialistes de vouloir“fragiliser” la notation financière de la France. Pour le chef du gouvernement, le refus de voter la “règle d’or” est la preuve que le PS n’a “absolument pas l’intention” de réduire le déficit public. “Une fois que nous serons à la veille de prendre la décision de convoquer le Congrès, les masques tomberont”, a taclé le Premier ministre lors d’une conférence de presse. 
Cet angle d’attaque avait été ainsi rôdé par le ministre du Budget François Baroin la veille : “Soit le PS ne veut pas réduire les déficits, il doit le dire, mais il en assume la responsabilité (...), soit le PS est de bonne foi, accompagne l’initiative du gouvernement, participe à la modification de notre Constitution et ce sera stable pour tout le monde.”

2015 plutôt que 2013
Le Premier ministre est toutefois allé plus loin en accusant les socialistes de mettre en péril la fameuse signature “triple A” de la France. Lors de la présentation de son projet, le PS avait jugé en effet intenable de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2013 comme le prévoit le gouvernement et évoquait plutôt 2015. C’est ce délai là qui fragiliserait la notation de la France, selon François Fillon, qui voit dans le refus de voter la “règle d’or” un nouvel exemple du laxisme congénital du PS en matière budgétaire… L’agence de notation Moody’s a pourtant jugé qu’un rejet du projet de révision de la Constitution ne remettrait pas en question la perspective de la note française. Ce qui revient à dire que la règle imaginée par le gouvernement n’est pas assez contraignante pour peser – en bien ou en mal – sur la crédibilité financière de la France. 
Le PS ne dit pas autre chose en qualifiant le texte d’“opération de communication”, dixit Jean-Marc Ayrault. Voté dans la nuit de mercredi à jeudi par les députés, le projet de loi fera l’objet d’un vote solennel à l’Assemblée le 10 mai avant de partir au Sénat. Ce n’est qu’après que l’Élysée décidera ou non de convoquer les parlementaires en Congrès à Versailles où la révision constitutionnelle devra recueillir une majorité des trois cinquièmes Si Nicolas Sarkozy décidait, au regard du vote des deux chambres, de ne pas réunir le Congrès, les arguments de la majorité contre les options budgétaires du PS sont déjà prêts.

Bruno Botella

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Publié dans Politique

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